Le président Gemayel a commenté les perspectives du printemps arabe à la lumière de sa visite au Caire. Photo Hassan Assal
« Le peuple réclame le changement du régime, mais nous devons coopérer afin que l’alternative soit meilleure », a déclaré M. Gemayel lors d’une conférence de presse au siège central des Kataëb, à Saïfi.
« Notre rôle au Liban face à ces révolutions n’est pas de leur exporter des armes ni de dépêcher des hommes armés, mais de définir une charte pour les encadrer. Cette charte devrait être la principale contribution libanaise au changement. C’est notre capacité intellectuelle qui est en mesure d’influer sur le cours des événements et le rapport de force et non pas notre alignement militaire ou religieux ou sectaire sur telle ou telle partie », a-t-il ajouté.
Évoquant sa récente visite en Égypte à la suite des incidents de Maspero entre l’armée et les coptes, le chef des Kataëb a dit : « Je suis allé dire au pape Chenouda et aux coptes que nous sommes avec eux et que nous admirons leur résistance, leur amour pour l’Égypte et leur volonté de consolider leur présence et leur rôle en Égypte aux côtés des autres Égyptiens et à l’ombre de l’État de droit. »
« Nous refusons que les chrétiens paient en Égypte et partout ailleurs dans le monde arabe le prix du conflit entre l’Orient et l’Occident, entre les régimes et les révolutions et entre la modération et l’extrémisme. Les chrétiens du Liban et d’Orient ne sauraient être un défouloir pour quiconque et il est temps que leur présence soit protégée par une législation moderne et civile établissant l’égalité entre eux et tous les autres citoyens », a-t-il dit.
En un mot, a-t-il lancé, « nous refusons, nous chrétiens d’Orient, d’être les victimes du changement, car nous sommes partenaires dans ce changement ».
Selon lui, le mouvement de contestation arabe « passe par une période dangereuse, non pas uniquement à cause de la répression, mais aussi en raison du flou qui enveloppe le processus révolutionnaire ».
Et de poursuivre : « La plupart des révolutions n’ont pas unifié leurs rangs et leurs instances représentatives et les autorités de transition dans les divers pays qui ont connu des incidents depuis le début de l’année n’ont pas encore défini leur couleur nationale et politique, ni traduit dans les faits les slogans de liberté, de démocratie et de sécurité. »
« C’est parce que nous sommes attachés à ce mouvement de changement que nous voulons que ce processus soit clair et transparent, d’autant plus que les régimes dictatoriaux exploitent ce flou pour se retourner contre la révolution, jouer sur les contradictions de ses acteurs et susciter des craintes à son égard chez de nombreuses parties arabes et internationales », a-t-il expliqué.
« Que nous soyons, chez les Kataëb, contre la dictature est l’évidence même. Mais nous sommes avec l’alternative civile, car il est honteux que les peuples puissent produire en ce siècle des régimes religieux ou autoritaires », a encore dit M. Gemayel, soulignant qu’il revient à la Ligue arabe de jouer un rôle nouveau sur le plan de l’élaboration de la « charte » des révolutions.
« Il est vrai que chaque État arabe a sa spécificité, mais il est vrai aussi qu’il existe des principes généraux et des valeurs communes que toutes les révolutions devraient s’engager à respecter », a-t-il ajouté, citant la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État civil et le pluralisme.
M. Gemayel a indiqué avoir proposé au secrétaire général de la Ligue arabe d’initier un séminaire qui se tiendrait à huis clos et qui réunirait des personnalités académiques du monde arabe pour discuter de ces idées.
« Notre objectif au parti Kataëb est de coopérer et d’aider à une transition d’un régime honni vers un régime meilleur, sans verser dans l’anarchie », a-t-il souligné.
Interrogé sur la participation des chrétiens à la contestation en Syrie, il a dit : « La révolution des villes syriennes est totale et nationale. Toutes les catégories de la société syrienne y participent, sans discrimination. Les chrétiens sont des pionniers de la réforme. Il est donc naturel qu’ils participent à tout ce qui va dans le sens des aspirations du peuple syrien. »
Toutefois, a-t-il précisé, « nous ne voulons pas entrer dans la spécificité syrienne en l’absence d’une équipe unique représentant l’opposition syrienne. Il existe plusieurs protagonistes à l’intérieur et à l’extérieur. Attendons que la parole de l’opposition et de la révolution soit unifiée et que les efforts de la Ligue arabe se concrétisent et nous en reparlerons ».


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Si c'est pour les encadrer comme il l'a fait au Liban, vaut mieux pas....
04 h 16, le 21 octobre 2011