Ahmed Néjib Chebbi, fondateur du Parti démocrate progressiste (PDP) et Maya Jribi, secrétaire générale du parti et tête de liste dans la région de la capitale. Fethi BELAID/
Malgré un statut privilégié, unique dans le monde arabo-musulman, et une parité imposée par la loi, très peu de femmes tunisiennes ont été désignées en tête de liste pour l'élection de l'Assemblée constituante, qui aura lieu ce dimanche. Pour ce scrutin historique, neuf mois après la chute de Zine El-Abidine Ben Ali chassé en janvier par un soulèvement populaire après 23 ans d'un règne sans partage, les Tunisiennes brillent par leur absence.
"Elles étaient pourtant nombreuses, les personnalités politiques à se réjouir de cette décision au lendemain du 11 avril 2011*, lorsque le gouvernement tunisien de transition votait une loi révolutionnaire instituant la parité totale et l’alternance obligatoire dans le processus électoral", fustige le blog "Observatoire politique tunisien" dans un article intitulé "Où sont les femmes?"
Aujourd'hui, à quelques jours du scrutin, l'affaire est scellée. Les femmes candidates ne représentent que 5% des têtes de listes. Un chiffre timide qui réduit énormément leurs chances d'être élues. Un bilan déploré par l'Association tunisienne des femmes démocrates qui y voit, sur sa page Facebook, une justification supplémentaire pour constitutionnaliser les droits des femmes.

Tableau publié par l'Observatoire politique tunisien sur la parité dans les têtes de listes
Selon le blog, seul le Pôle Démocrate Moderniste (PDM), qui regroupe des partis politiques (le mouvement Ettajdid ; le Parti Socialiste de Gauche ; le Parti Républicain et La Voie du Centre) et des initiatives citoyennes (Appel pour un pôle démocratique culturel ; Assez de divisions, Allons de l’avant ; l’Initiative Citoyenne ; le Collectif National des Indépendants du PDM et la Ligue des indépendants progressistes) a présenté des listes paritaires sur l’ensemble du territoire comme en témoigne le tableau ci-dessus. "Ce positionnement affirmé et l’écart symbolique qui les sépare des autres partis, les placent résolument en tête des partis progressistes", assure l'Observatoire politique tunisien.
De nombreux partis ont argué que la parité était malgré tout respectée, hors tête de liste.
Maya Jribi, secrétaire générale du Parti démocrate progressiste (PDP), elle, admet la faille.
"Il y a encore beaucoup de chemin à faire", reconnaît Mme Jribi, seule femme dirigeant un parti politique en Tunisie. "Mais nous avons été confrontés à l'hésitation des femmes elles-mêmes. Elles participent mais ne se mettent pas en avant", explique-t-elle sur sa page Facebook.
Un argument repris par Sinda Masoudi Derbali, candidate du PCOT en tête de liste à Nabeul (à 70 km de Tunis) : "Les responsabilités familiales, la mentalité de certains époux entravent la participation de la femme à la vie publique", notamment dans les régions intérieures où le taux d'analphabétisme n'atteint parfois que 50% chez les femmes. "Il n'y a pas d'encouragement ou de formation pour nous inciter à participer à la vie politique", déplore-t-elle.
Le PDP, quant à lui, ne présente que trois femmes têtes de liste sur 33 circonscriptions. "Notre but est de gagner les élections. Il ne s'agissait pas de placer des femmes pour la galerie", explique Maya Jribi.
La parité n'est pas juste un slogan de campagne, rétorque l'Observatoire. "Dans la mesure où les régions auront, au mieux, dix sièges à attribuer et qu’il y a un nombre très important de listes, seules les têtes de listes à quelques exceptions près auront une chance d’être élues. Si les têtes de listes sont toutes des hommes, comment les partis peuvent ils parler de parité ou de volonté paritaire…"
*Au terme d'intenses débats entre les différents partis, l'amendement à l'article 16 du décret-loi relatif à l'élection de la Constituante a été adopté à une majorité écrasante, sous les applaudissements des membres de la commission, y compris les représentants du mouvement islamiste Ennahda. Selon le principe retenu, la présentation des candidatures doit tenir compte de la parité entre hommes et femmes, avant un classement des candidats dans les listes sur la base du principe de l'alternance. Les listes ne respectant pas cette règle doivent être annulées.
Pour aller plus loin : Tunisie Femmes têtes de listes : Qui sont-elles… que veulent-elles ?
"Elles étaient pourtant nombreuses, les personnalités politiques à se réjouir de cette décision au lendemain du 11 avril 2011*, lorsque le gouvernement tunisien de transition votait une loi révolutionnaire instituant la parité totale et l’alternance obligatoire dans le processus électoral", fustige le blog "Observatoire politique tunisien" dans un article intitulé "Où...


- - Je ne sais pas ce que ce V de la victoire brandit par Maya Jribi secrétaire générale du parti progressiste Tunisien veut dire ! Ce que je sais , c'est que du temps de Ben Ali , la femme Tunisienne était interdite de se voiler dans les endroits publics et dans l'administration , les hôtels étaient archis pleins , les investisseurs étrangers se précipitaient au portillon du pays et de la Capitale , le tourisme battait son plein , etc etc etc . Or qu'est- ce qu'ils ont aujourd'hui après la ( libération ) ?? Je vous laisse deviner pour ne pas être accusé d'anti démocratie ou printemps arabe !!!
13 h 46, le 20 octobre 2011