Une photo d’archives datant d’octobre 2009 montre Gilad Shalit, en captivité, tenant une copie du journal "Palestine".
Les médias israéliens et palestiniens ont publié mercredi une série d'analyses et d'opinions évoquant les conséquences de l’échange de plus d’un millier de détenus palestiniens contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit, libéré mardi après plus de cinq ans de captivité par le Hamas.
Dans un article publié dans le quotidien Haaretz, l’éditorialiste Avi Issacharoff indique que cet échange marque "le premier accomplissement du Hamas depuis sa prise de contrôle de la bande de Gaza en janvier 2006". "La plupart des Israéliens qui ont été émus par la libération de Shalit (…) ne sont pas conscients du prix qu’Israël aura à payer", écrit-il. "Mardi, une foule de gens applaudissait le Hamas dans les rues de Cisjordanie, jurant d’enlever d’autres Israéliens et de poursuivre le jihad jusqu’à la disparition (de l’Etat hébreu), poursuit l'auteur. ‘Le peuple veut un nouveau Shalit’, criait la foule jubilatoire." "Des experts de la sécurité diront que la volonté des Palestiniens d’enlever plus d’Israéliens existe depuis longtemps. Ils ont raison, souligne M. Issacharoff. Le problème est que ce sentiment n’a jamais été aussi fort. Maintenant Israël devra non seulement craindre de nouveaux enlèvements de la part du Hamas, mais aussi d’autres organisations palestiniennes." Selon lui, la conclusion que les Palestiniens – qu’ils soient de Cisjordanie ou de la bande de Gaza - ont tiré de cette affaire est que "le Hamas a réussi à vaincre Israël, alors que l’Autorité palestinienne a, comme d’habitude, échoué à produire des résultats tangibles." "Israël, malheureusement, a ainsi renforcé le camp de la guerre et affaibli celui de la paix", conclut l’auteur.
Dans un ton beaucoup plus émotionnel, Miki Goldwasser, dont le fils a été tué lors de la guerre israélienne contre le Hezbollah, en juillet 2006, affirme dans le Yediot Ahronot que mardi était un jour de victoire pour l’Etat hébreu. "Les jeunes soldats pourront désormais servir leur patrie sans crainte, écrit-elle. Les mères sont à présent pleines d’assurance que leurs enfants sont pris en charge par un commandement digne de confiance."
Côté palestinien, la plupart des journaux, qu’ils soient proches du Hamas ou du Fateh, ont salué une victoire pour "toute la Palestine".
Le quotidien Samidoon, basé à Gaza, note que la libération des prisonniers palestiniens "sera une occasion pour tourner la page de la division et ouvrir celle du dialogue national et de la réconciliation". "Dire que la journée de mardi était celle du Hamas et non pas celle de Palestine toute entière, c’est regarder l’affaire d’un angle très étroit et partisan", note le journal. "Après avoir célébré cette victoire, il est temps de réfléchir à la mise en place d’une nouvelle stratégie pour la libération de tous les autres détenus palestiniens qui se trouvent encore dans les prisons israéliennes, ajoute Samidoon. Ce dossier doit être en tête des priorités de nos responsables".
Même constat pour le journal al-Quds, basé à Jérusalem, qui rappelle la promesse du président Mahmoud Abbas de libérer tous les prisonniers palestiniens. "Par la grâce de Dieu, nous verrons tous les prisonniers, hommes et femmes, rentrer dans leur patrie", a assuré M. Abbas lors d’un discours prononcé mardi à Ramallah.
"Les prisonniers ont été relâchés grâce aux sacrifices du peuple palestinien et sa résistance face à l’occupation (israélienne), écrit al-Quds. Selon le quotidien, le Hamas et le Fateh sont tous deux issus de la même patrie et, en dépit de leurs différences, (les deux partis) "ont toujours placé la cause palestinienne au premier rang de leurs priorités."
Dans un article publié dans le quotidien Haaretz, l’éditorialiste Avi Issacharoff indique que cet échange marque "le premier accomplissement du Hamas depuis sa prise de contrôle de la bande de Gaza en janvier 2006". "La plupart des Israéliens qui ont été émus par la libération de Shalit (…) ne sont pas conscients du prix qu’Israël aura à payer", écrit-il. "Mardi, une foule de gens applaudissait le Hamas dans les rues de Cisjordanie, jurant d’enlever d’autres Israéliens et de poursuivre le jihad jusqu’à la...


