Interrogé par la radio Sawt el-Mada, M. Safadi a affirmé que le gouvernement disposait d’informations selon lesquelles « une cinquième colonne se préparait à exploiter la grève générale qui avait été prévue par la CGTL le 12 octobre pour se livrer à des actes subversifs ».
« Nous craignions qu’il n’y ait une exploitation de ce genre alors que le Liban et la région traversent une période délicate. Voilà pourquoi nous avons considéré qu’il était préférable d’éviter ce problème », a-t-il dit.
La solution adoptée est venue « tronquée ». « Personne n’en est satisfait, ni la CGTL, ni le patronat, ni nous-mêmes. Cependant, je considère que c’est un début de solution, pas une fin, car en l’absence de mesures d’accompagnement, ce serait une solution provisoire dont l’effet serait annulé par l’inflation », a-t-il ajouté.
« Le gouvernement a commis une erreur en intervenant au-delà de la fixation du salaire minimum. Notre système est libéral. En tant qu’État, nous n’avons pas le droit d’aller au-delà du salaire minimum. Pour ce qui est du secteur privé, cela est du ressort des partenaires sociaux », a-t-il dit, avant de justifier cependant l’action gouvernementale : « Nous sommes intervenus à la demande de la CGTL et du patronat. »
Selon lui, la hausse décidée des salaires, jusqu’à concurrence de 1,8 million de livres, va coûter dans l’ensemble près de 700 millions de dollars par an. Le financement de ce coût est aujourd’hui « la grande question » qui se pose.
« Nous allons examiner cela dès la première séance du Conseil des ministres consacrée au budget, car il s’agit d’une nouvelle dépense énorme dans un contexte financier mondial exceptionnel et un recul de la croissance », a-t-il relevé.
Moins dubitatif, le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, autre proche du Premier ministre Nagib Mikati, a affirmé, au contraire, que c’est à l’État qu’il « revient de fixer les seuils salariaux à la suite de concertations entre patrons et travailleurs ».
Pour M. Nahas, les mesures décidées la semaine dernière forment « un premier jet ». « Il y en aura d’autres dans le cadre d’une stratégie économique globale du gouvernement », a-t-il dit à la Voix du Liban.
S’exprimant dans le cadre de la même émission, le député Nabil de Freige a indiqué ne pas être contre la majoration des salaires, « à condition que cela se fasse sur la base d’un indice des prix bien étudié et qu’il y ait des mesures de facilitation pour les entreprises ».
M. de Freige a prévu des difficultés en matière économique pour le gouvernement « avec la présence en son sein de deux visions contraires », celle du Premier ministre et du ministre de l’Économie, d’une part, et celle du ministre du Travail, Charbel Nahas, de l’autre.


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