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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Répression

La Chine exprime son impatience à l’égard du régime syrien

Bachar el-Assad devrait décider d’une nouvelle Constitution dans les prochains jours.
La Syrie doit agir plus rapidement afin d’honorer ses promesses de réformes, a estimé hier Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, après que le président syrien Bachar el-Assad eut affirmé dimanche que son régime préparait de nouvelles mesures politiques. « Parallèlement, toutes les parties concernées en Syrie devraient prendre une part active dans le processus de règlement politique », a ajouté le porte-parole, disant ne « plus vouloir voir de bain de sang, de conflit et de victimes ».
C’est la première fois que Pékin s’écarte de sa doctrine de non-ingérence concernant la Syrie où, selon l’ONU, les violences ont fait plus de 2 900 morts depuis le début de la révolte populaire, à la mi-mars. Jusqu’à présent, Pékin s’était contenté d’appeler « toutes les parties en Syrie à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter les violences ». Cette nouvelle position, qui marque une importante inflexion, est de surcroît exprimée alors que le Premier ministre russe Vladimir Poutine vient d’arriver en Chine. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré lundi que la Russie est prête à proposer au Conseil de sécurité de l’ONU, avec la Chine, un projet de résolution plus « équilibré » que celui contre lequel Moscou et Pékin ont opposé leur veto la semaine dernière. « Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées », a-t-il ajouté. Rappelons que la Chine et la Russie sont des fournisseurs de premier plan de la Syrie dans les secteurs énergétique et militaire.
Toujours en Russie, l’opposition « modérée » syrienne a d’ailleurs salué hier le veto mis par la Russie et la Chine au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, y voyant une protection contre l’« intervention étrangère », tout en insistant sur un dialogue entre toutes les parties concernées. La délégation, accusée par d’autres opposants syriens d’être inféodée au régime du président Bachar el-Assad, a rencontré le représentant du Kremlin pour les crises dans le monde arabe, Mikhaïl Marguelov, et un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.
Plus encore, le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, a mis en garde hier les autorités de Damas contre les conséquences de leur recours continu à la force dans la répression du mouvement de protestation en Syrie. Tout en soulignant son « rejet absolu de toute forme d’intervention étrangère en Syrie », un pays membre de l’OCI, M. Ihsanoglu a indiqué que le règlement de la crise syrienne passait par « le dialogue sérieux avec les forces nationales afin de réaliser les aspirations du peuple syrien à des réformes démocratiques ». Le secrétaire général de l’OCI a aussi appelé « à la protection des civils et au respect des droits de l’homme » en Syrie, et fait part de la disposition de son organisation à apporter sa contribution à un règlement de la crise d’« une manière qui puisse satisfaire toutes les parties ».
Dans ce même contexte, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé de tenir une réunion sur la situation en Syrie mais sa date n’a pas encore été fixée, a annoncé hier le chef de la diplomatie koweïtienne.

La mise en garde de Kilo
Pour sa part, l’opposant syrien de l’intérieur Michel Kilo a mis en garde le régime de Bachar el-Assad contre le risque d’une intervention militaire étrangère s’il poursuit sa répression du soulèvement populaire en Syrie, au cours d’une conférence de presse hier à Paris. Contre l’option d’une intervention militaire qui « pourrait amener à la destruction de la Syrie », il s’est prononcé pour la « protection juridique » de la population, notamment par l’envoi d’observateurs internationaux, sur la base de la Convention internationale des droits de l’homme. Il a aussi dénoncé « le déploiement de l’armée vers les frontières avec les pays voisins », l’Irak et la Turquie notamment, lourdes de menaces, selon lui. Le Conseil national syrien (CNS), l’instance politique constituée fin août à Istanbul (Turquie) qui réunit la majorité des courants politiques opposés au régime, demande à la communauté internationale un plan de protection des civils syriens, tout en rejetant « une intervention à la libyenne ». Michel Kilo a également estimé que la création du CNS, qui regroupe des libéraux, des nationalistes et des islamistes, « est un pas en avant vers l’unification de l’opposition syrienne ».
Au niveau du pouvoir syrien, un haut responsable du parti Baas, Mohammad Saïd Bkheitane, a affirmé hier que M. Assad déciderait « dans deux jours la création d’un comité pour élaborer une nouvelle Constitution pour le pays ». Le comité ad hoc doit finaliser sa mission avant la fin de l’année et la future Constitution, qui devra être adoptée par les deux tiers du Parlement, fera l’objet d’un référendum, a précisé M. Bkheitane, cité par le quotidien proche du pouvoir el-Watan.
Sur le terrain, au moins sept personnes ont été tuées hier, dont cinq à Homs, selon des militants et certains médias. En outre, un jeune homme du quartier de Deir Baalaba, grièvement blessé lundi, a succombé hier à l’Hôpital militaire de Homs, selon la même source. Selon l’OSDH, qui cite un militant à Homs, « les forces de sécurité ont refusé de livrer sa dépouille mortelle à sa famille avant qu’elle ne s’engage par écrit à (dire que) des bandes armées l’avaient tué ». De plus, près de 115 personnes ont été arrêtées, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
(Sources : agences et rédaction)
La Syrie doit agir plus rapidement afin d’honorer ses promesses de réformes, a estimé hier Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, après que le président syrien Bachar el-Assad eut affirmé dimanche que son régime préparait de nouvelles mesures politiques. « Parallèlement, toutes les parties concernées en Syrie devraient prendre une part active dans le processus de règlement politique », a ajouté le porte-parole, disant ne « plus vouloir voir de bain de sang, de conflit et de victimes ».C’est la première fois que Pékin s’écarte de sa doctrine de non-ingérence concernant la Syrie où, selon l’ONU, les violences ont fait plus de 2 900 morts depuis le début de la révolte populaire, à la mi-mars. Jusqu’à présent, Pékin s’était contenté d’appeler « toutes les...