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Moyen Orient et Monde - Le Point

Sauver le soldat Gilad Shalit

Benjamin Netanyahu « libérateur » de Palestiniens... Le Premier ministre israélien doit commencer à détester son job. Pensez donc, forcé, il avait dû en 1997 relâcher cheikh Ahmad Yassine, le roi Hussein de Jordanie ayant posé cette condition pour renvoyer chez eux les deux agents du Mossad qui avaient tenté d’assassiner Khaled Mechaal. Quatorze ans plus tard presque jour pour jour, le même chef de gouvernement se résigne à accepter un bien inégal mais « inévitable » échange : 1 027 Palestiniens contre le soldat Gilad Shalit, militaire franco-israélien enlevé lors d’une opération montée par un groupe d’activistes et qui avait fait, en outre, deux tués dans les rangs ennemis.
« Un prix excessif », « Des risques trop grands », « Un précédent déplaisant » : dans la presse de Jérusalem, les jugements pleuvent, comme pour anticiper les critiques qui, dans le camp de la droite surtout, vont commencer à pleuvoir dans les prochaines semaines. On ne manquera pas de relever à ce propos que lors du vote du cabinet, lundi soir, si 26 ministres se sont prononcés en faveur de l’accord, trois autres s’y sont opposés, dont les deux représentants d’Israel Beiteinou, Avigdor Lieberman, et Uzi Landau ainsi que Moshé Yaalon (Likoud).
Le dénouement annoncé il y a quarante-huit heures à l’issue d’interminables négociations ayant englobé, outre des représentants du Hamas et de Tel-Aviv, des émissaires français, allemands, égyptiens et même turcs avait paru imminent à deux reprises : en mars 2009 puis en décembre de la même année. À chaque fois, il avait achoppé sur des points de détail, principalement, pour l’État hébreu, le nombre de « terroristes » à déporter dans la bande de Gaza plutôt que sur la rive occidentale du Jourdain; pour le Mouvement de la résistance islamique, l’identité de certaines figures de proue expulsées, dont, pense-t-on, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine Ahmad Saadate et surtout l’homme fort du Fateh, Marwan Barghouthi. En définitive, ces deux grands noms du combat palestinien resteront en prison, à tout le moins pour quelque temps encore.
Dans l’atmosphère de liesse qui prévalait hier en Israël, le ton adopté par les rabat-joie détonait. Une reddition pour les uns, un appui non déclaré au Hamas et un coup, mortel peut-être, porté à Mahmoud Abbas et Salam Fayyad pour les autres. En outre, nombreux sont ceux qui pensent que les extrémistes dans le monde arabe et en Palestine vont en sortir renforcés et que, désormais, le risque est plus grand que par le passé de voir se produire d’autres enlèvements de soldats et d’autres attentats. Plus important, comment expliquer le « cadeau » fait à une organisation dont on se promettait il y a peu d’exterminer les membres après avoir tout mis en œuvre pour les déloger de leur place forte de Gaza ? Comment, en outre, ne pas se rappeler que sa large victoire lors des élections législatives du 25 juin 2006 (74 des 132 sièges, contre 45 seulement aux héritiers de Yasser Arafat), cette formation la doit en grande partie à son « meilleur ennemi » ? *
De là à conclure qu’en politique encore plus qu’en d’autres domaines, « les extrêmes se touchent » et que, pour la réalisation d’un objectif servant des causes étrangement similaires, tous les moyens sont bons, il n’y a qu’un pas que beaucoup d’observateurs n’hésitent plus à franchir.
Il y a fort à parier que, dans les territoires occupés, les actions de Mechaal, Haniyeh et de leurs compagnons ne vont pas tarder à grimper à des sommets jamais atteints et qu’en regard, la cote de popularité du président de l’Autorité palestinienne va piquer du nez, les maigres bénéfices engrangés à la faveur de sa prestation aux Nations unies ne revêtant plus qu’une valeur toute symbolique. À l’échelle régionale, les fondamentalistes ont de beaux jours devant eux, stimulés par l’exemple de ce Hamas, issu – ne pas l’oublier – des rangs des Frères musulmans d’Égypte, ceux-là mêmes qui, un peu partout, ont le vent désormais en poupe.
« Plus jamais de Ron Arad ! » Depuis que ce pilote a été porté disparu en 1986, les Israéliens s’étaient juré que le précédent ne se répétera pas. C’est pourquoi, en dépit de quelques voix discordantes – « Le prix à payer pour un seul de nos soldats n’a jamais été aussi élevé », disait-on hier à Tel-Aviv –, nul ne songera à critiquer « Bibi » pour l’issue qui vient d’intervenir, résultat du prix attaché par Israël à la vie de ses citoyens.
Est-il seulement permis de voir cet exemple inspirer ceux qui – oh ! pas bien loin de nous – font peu de cas de cette valeur irremplaçable qu’est l’homme ?

*Lire à ce propos « Le Grand Aveuglement » de Charles Enderlin – Albin Michel, octobre 2009, qui éclaire de manière édifiante cette (pas si) étrange collusion.
Benjamin Netanyahu « libérateur » de Palestiniens... Le Premier ministre israélien doit commencer à détester son job. Pensez donc, forcé, il avait dû en 1997 relâcher cheikh Ahmad Yassine, le roi Hussein de Jordanie ayant posé cette condition pour renvoyer chez eux les deux agents du Mossad qui avaient tenté d’assassiner Khaled Mechaal. Quatorze ans plus tard presque jour pour jour, le même chef de gouvernement se résigne à accepter un bien inégal mais « inévitable » échange : 1 027 Palestiniens contre le soldat Gilad Shalit, militaire franco-israélien enlevé lors d’une opération montée par un groupe d’activistes et qui avait fait, en outre, deux tués dans les rangs ennemis.« Un prix excessif », « Des risques trop grands », « Un précédent déplaisant » : dans la presse de Jérusalem, les...
commentaires (11)

M. Saleh, on est trop hors sujet! Je vous promets une bonne confrontation sur les amis, les ennemis et Wilayet-el fakih à la première occassion! Bien à vous

Ali Farhat

16 h 45, le 14 octobre 2011

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Commentaires (11)

  • M. Saleh, on est trop hors sujet! Je vous promets une bonne confrontation sur les amis, les ennemis et Wilayet-el fakih à la première occassion! Bien à vous

    Ali Farhat

    16 h 45, le 14 octobre 2011

  • Mr Farhat. L'ennemi sioniste ne me fait pas peur car je sais depuis soixante ans, comme vous, que c'est mon ennemi, et qu'il est en face de moi. Mais ce qui me fait peur, c'est l'autre ennemi. Celui qui se dit mon frère ou mon ami et me met le couteau dans le dos. Celui qui plonge le pays dans la guerre et la destruction sans me demander mon avis alors qu'il me promettait en conseil des ministres qu'il ne ferait pas le fou. Celui qui me fait peur aussi, c'est celui qui, désarmé devant les armes de la conviction, m'assassine à chaque coin de rue en accusant les sionistes, parce que c'est tellement plus facile pour masquer ses crimes, et c'est un alibi aussi vieux que tous ces régimes dictatoriaux qui nous entourent et restent prêts à tout pour durer, même à se retourner contre le Hezbollah lorsqu'ils considèreront qu'il ne sert plus leurs agendas. Celui qui me fait peur aussi c'est celui qui hurle son allégeance au wilayat El Fakih et son admiration aux bourreaux de Damas. Comment vais-je bâtir une démocratie avec celui là ?

    Saleh Issal

    05 h 37, le 14 octobre 2011

  • Mr Farhat. Cela me fait très plaisir de voir que nous sommes quand même d'accord sur certaines questions d'humanité.

    Saleh Issal

    04 h 12, le 14 octobre 2011

  • M. Saleh, vous un véritable fleuve en crue... c'est impressionnant! Bon, Chaque fois que l'on parle des ennemis SIO, suivant le titre à commenter, y a toujours quelqu'un, apparemment de chez nous, monté comme un ressort, qui nous sort... Et la Syrie alors?? et le Hezbollah, et machin chouette... sortant complètement du sujet en les mettant au même diapason que l'ennemi! Je refuse de devoir chaque sortir de l'argument pour entrer dans des polémiques quasi personnelles... c'est franchement enfantin! Ceci dit, sans vouloir mélanger les sujets, je partage votre avis qu'il faille tout faire et au plus vite pour libérer/retrouver nos concitoyens disparus lors de la tutelle syrienne sur le Liban, qui a certainement commis beaucoup d'erreurs chez nous, autant que nos dirigeants tout bord confondu, mais je refuse catégoriquement de la considérer comme un ennemi car nous en avons seulement un!

    Ali Farhat

    12 h 41, le 13 octobre 2011

  • Si on emploie sa tête, Saleh Issal, on voit qu'ils font le jeu d'Israël, les uns à dessein, les autres sans le réaliser. Est-ce qu'ils emploient leurs têtes d'en-haut ou celles d'en bas ? Là réside la réponse... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    09 h 15, le 13 octobre 2011

  • Les israéliens ont besoin du Hezbollah autant que du Hamas autant que des ayatollahs iraniens. Les extrêmes se rejoignent et se nourrissent de nos chairs. Si ces trois centres de la RESISTANCE n'existaient pas , Israel les auraient créés. Le meilleur allié de Natanyahu est Bachar. Et chaque fois que le Ahmadinejad dit : on veut rayer Israel de la carte, elle reçoit l'argent de la diaspora juive par containers et des américains et le soutien des Allemands qui ne savent pas quoi faire pour se faire pardonner. Et toute l'Europe verse des larmes sur la menace pesant sur le peuple juif. Alors laissez travailler les autres. Les vociférations des Nasser qui s'est fait piéger comme un enfant en fermant Akaba et en demandant à l'ONU de s'en aller, puis les vociférations de Saddam qui a été piégé au Koweit par les beaux yeux de l'ambassadrice des USA à Baghdad, puis celles de Bachar qui écrase son peuple pour mieux combattre Israel, puis celles de notre barbu qui assassine nos dirigeants et veut arriver à Tel Aviv sur les corps du quatorze mars, puis celles de Teheran qui veut rafler la mise arabe, ça n'impressionne plus personne.

    Saleh Issal

    08 h 40, le 13 octobre 2011

  • Nous avons une partie de notre système sécuritaire complètement inféodée au Hezbollah et qui , au lieu de chercher à libérer les libanais pourrissant dans les prisons syriennes, leur facilite l'entrée au Liban pour faire encore plus de prisonniers. Alors, c'est quand même énervant de voir les supporters de ce système vanter les mérites des palestiniens et en même temps vanter ceux de Damas qui martyrise nos prisonniers et assassine nos dirigeants. Réveillez vous bon dieu, la mauvaise foi a une limite . Les Palestiniens sont des héros mais les libanais ne sont tout de même pas de la mer....

    Saleh Issal

    07 h 56, le 13 octobre 2011

  • Bon, je suis votre raisonnement, Mr Farhat : L'enlèvement de soldats ennemis paye toujours et c'est la meilleure méthode. Ok, alors pourquoi n'attaque-t'-on pas Damas tout de suite, avant la tombée de la nuit, puisque nous y avons plusieurs milliers de prisonniers libanais à qui on fait bouffer des cafards. L'ennemi est à toutes les frontières, non ! Allez-y, prenez votre klachin et traversez la frontière et ramenez-nous nos libanais et vous serez notre héros. Ne perdez pas de temps à me répondre. Partez tout de suite et si dans dix ans on n'a pas retrouvé votre corps et celui de vos amis, nous enverrons une délégation les réclamer , si les Bachars sont encore là, ce dont je doute fort.

    Saleh Issal

    07 h 33, le 13 octobre 2011

  • Comme toujours, brillant article de la part de M. Merville qui touche avec objectivité tous les aspect de la question! Il faut cependant retenir les remarques suivantes: 1- L'enlèvement de soldats ennemis israéliens fini toujours par payer quelque soit le prix et le temps qui passe et reste le SEUL moyen pour y parvenir. 2- C'est une défaite politique cuisante à l'armée et la justice (grand rire) de l'ennemi et un coup dur pour son moral. 3 - La qualité des détenus libérés (très anciens détenus avec perpétuité, classés terroristes hyper dangereux + cadres opérationnels et politique de la résistance + toutes les femmes), n'a rien à avoir avec les nouveau détenus des manifestations qui ont des condamnations différentes. 4 - l'impossibilité de la plus grande armée et service secrets (qui le sont moins en moins) de la région et du monde avec le soutien des US et de certains arabes à récupérer un soldat dans une petite Bande même encerclée depuis des lurettes. 4 - l'ennemi n'est qu'un ballon gonflé qui est obligé d'utiliser le crime, la terreur et la violence aveugle pour assurer sa survie car il est simplement refusé et détesté à jamais par ses voisins à cause de la manière qu'il a utiliser (sionisme + déportation + vol des terres etc...) pour s'incruster sur la terre des " terroristes" Palestiniens!

    Ali Farhat

    04 h 16, le 13 octobre 2011

  • Vous montrez brillamment, quoique indirectement, le machiavélisme du gouvernement Netanyahu, jamais égalé par un gouvernement au monde. Le timing même du "deal" avec le Hamas vise à démoraliser et abattre le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec tout ce qu'il a conquis aux Nations-Unies et au monde sur la reconnaissance de l'Etat palestinien. Extrêmement bien à propos est votre conseil aux lecteurs de lire "Le grand aveuglement" de Charles Enderlin, pour comprendre "la (pas si) étrange collusion" entre le Hamas et le gouvernement de Tel-Aviv. Si le Hamas s'effondrait, le machiavélisme des gouvernements israéliens ferait tout pour le ressusciter et le recréer. Comment Isreal peut-il se passer de ce qu'il considère comme une "nécessité" pour ses ambitions et son cynisme ?

    Halim Abou Chacra

    02 h 21, le 13 octobre 2011

  • Monsieur Christian Merville, très bon article. Je pense 1 ) Un coup porté à Abbas pour son audace à demander la reconnaissance de l'Etat Palestinien aux Nations Unies. 2 ) On renforce Hamas pour renforcer la division des deux camps palestiniens. 3 ) On lâche 1027 Palestiniens et, comme d'habitude, à la premoère incursion, on les ramasse de nouveau. En fait, on aurait rien lâché. Et les Palestiniens le savent. 4 ) Quelle victoire du Hamas ? pour n'avoir pas accepté de lâcher le Chalit au début il a attiré la dévastation militaire et plus de 2000 morts à son peuple. Chalit, valait-il : Guerre, dévastations , deux mille morts, pour le libérer aujourd'hui contre 1027 prisonniers qui seront ramassés très bientôt et retournés à leurs cellules respectives ? Comme je le répète, très souvent dans mes commentaires, dans notre Moyen Orient " on LA fait avec sa tête et on pense et agit avec son derrière... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    02 h 12, le 13 octobre 2011

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