Un officier du ministère ukrainien de l'Intérieur tente de convaincre Ioulia Timochenko de rester calme, alors que le juge rend son verdict. Gleb Garanic/
L'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko a été condamnée mardi par un tribunal de Kiev à sept ans de prison ferme. "Le tribunal a décidé de reconnaître coupable Ioulia Volodymirovna Timochenko (...)", a déclaré le juge Rodion Kireev dans son jugement, qui interdit aussi à l'opposante d'exercer des fonctions officielles pendant trois ans.
Ioulia Timochenko a abusé de son autorité "à des fins criminelles" quand elle était Premier ministre, a déclaré le juge Kireev, à l'issue d'un procès controversé et très critiqué en Occident.
Mme Timochenko a également été condamnée à rembourser quelque 1,516 milliard de hryvnias (190 millions de dollars) à l'entreprise publique des hydrocarbures ukrainienne Naftogaz, un manque à gagner pour l'Etat après les contrats gaziers "désavantageux" qu'elle avait négociés avec la Russie.
En détention provisoire depuis le 5 août, Mme Timochenko, qui a dénoncé une procédure politique tout au long du procès entamé le 24 juin, a aussitôt annoncé son intention de contester le jugement devant la justice européenne et appelé à lutter contre l'"autoritarisme" en Ukraine. "Nous allons nous battre pour défendre notre réputation devant les instances européennes. L'année 1937 (des répressions staliniennes) est de retour. Il faut être forts. Il faut protéger l'Ukraine de l'absence de liberté", a-t-elle encore lancé.
Ioulia Timochenko a été l'égérie de la Révolution orange de 2004, qui avait conduit à l'annulation de la victoire à la présidentielle du pro-russe Viktor Ianoukovitch, successeur désigné du président d'alors, Leonid Koutchma.
Devenue Premier ministre, elle s'est cependant rapidement brouillée avec son allié, Viktor Iouchtchenko, élu à la présidence après le soulèvement pacifique pro-occidental. En février 2010, elle a perdu la présidentielle face à M. Ianoukovitch. Peu après, des poursuites ont été engagées contre elle et plusieurs de ses ministres.
Des centaines de militants de l'opposition se sont rassemblés mardi près du tribunal pour soutenir l'opposante, selon une correspondante de l'AFP sur place. "Liberté pour Ioulia" ou "A bas les bandits" au pouvoir, criaient ces manifestants, encadrés par des centaines de policiers casqués et équipés de boucliers appartenant aux unités anti-émeutes des forces de l'ordre ukrainiennes.
Les relations bilatérales UE-Ukraine sur la sellette
Peu après l'annonce du jugement, l'Union européenne a menacé l'Ukraine d'importantes "conséquences" si Ioulia Timochenko ne bénéficie pas d'une procédure d'appel équitable après sa condamnation. L'UE est "profondément déçue" après un procès "qui n'a pas respecté les normes internationales en matière de procédures équitables, transparentes et indépendantes", a souligné la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.
L'UE "appelle les autorités ukrainiennes compétentes à assurer un impartial dans toute procédure d'appel dans le cas de Mme Timochenko et dans les autres procédures relatives à des membres de l'ancien gouvernement", a-t-elle précisé. "La façon dont les autorités ukrainiennes vont respecter d'une manière générale les valeurs universelles et l'Etat de droit, et spécifiquement la façon dont elles vont gérer ces cas risque d'avoir d'importantes conséquences pour les relations bilatérales UE-Ukraine, y compris la conclusion de l'accord d'association, notre dialogue politique et notre coopération de manière plus large", indique la déclaration de l'UE.
Les négociations en vue d'un accord d'association UE-Ukraine, comprenant un important volet commercial, sont entrées dans leur phase finale et pourraient déboucher théoriquement sur une signature en décembre. Lundi, les ministres européens des Affaires étrangères avaient décidé de poursuivre quoi qu'il arrive les négociations d'un point de vue technique, indépendamment de la question plus politique de les conclure officiellement par une signature.
Selon certains analystes locaux, le régime ukrainien tient à obtenir la condamnation publique de Mme Timochenko, mais pourrait accepter par la suite de dépénaliser l'article sur la base duquel elle a été jugée et la remettre en liberté une fois le jugement prononcé, afin de ménager l'UE.
Ioulia Timochenko a abusé de son autorité "à des fins criminelles" quand elle était Premier ministre, a déclaré le juge Kireev, à l'issue d'un procès controversé et très critiqué en Occident.
Mme Timochenko a également été condamnée à rembourser quelque 1,516 milliard de hryvnias (190 millions de dollars) à l'entreprise publique des hydrocarbures ukrainienne Naftogaz, un manque à gagner pour l'Etat après les contrats gaziers "désavantageux" qu'elle avait négociés avec...


Et, voilà les abus et répressions de Staline et Béria de nouveau. On ne peut pas oublier les pratiques bolcheviques encore. Avouez qu'elle est une belle dame... Anastase Tsiris
14 h 01, le 11 octobre 2011