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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Ceci est un statement

On jongle. Entre le français et l’arabe. Entre l’arabe et l’anglais. On a toujours été un pays de bilinguisme. Avec une signalisation tour à tour dans la langue de Baudelaire ou celle de Shakespeare. Des fautes d’orthographe ou de sens, parsemées ici et là. Des libanismes qui ponctuent notre discours. Aujourd’hui, on a beau être un(e) frenchie coucou en puissance, un(e) Libanais(e) nourri(e) à la Marseillaise, abreuvé(e) de Rimbaud et de Canal +, habité(e) par le Bled ou le Robert, à cheval sur les accords du participe passé et les adverbes invariables, force est de constater qu’on n’arrive pas/plus à formuler une phrase sans y placer un mot de british. Pas parce qu’on s’la pète, ou parce qu’on se prend pour Serena ou Blair. Mais parce qu’à force de parler/travailler/voir des films non sous-titrés/lire/surfer, on a fini par l’avaler et la digérer la langue d’Elvis Presley. Parce que la pop culture est dans la rue et qu’on en fait partie à part entière. À tel point qu’on alterne des expressions parfois overrated ou totalement average.
Mauvaises fréquentations? Peut-être, mais aussi et surtout, comme n’importe quelle langue, l’anglais nous offre tellement de possibilités qu’on en arrive à oublier l’arabe et ses sensations, le français et sa littérature. On troque donc notre vocabulaire sans états d’âme pour plonger dans un urban dictionnary plus approprié à nos moods. Parce que si, depuis longtemps, on est au top parce qu’on est cool, sexy et habillé fashion, là, c’est un peu différent. On a besoin de mots (tiens, sensation de déjà-vu), d’expressions, de formules, whatever, d’un lexique plus riche et plus accurate pour s’exprimer. Ça fait un peu bureau où toutes les cultures se rencontrent dans un open space. Et finalement comment voulez-vous que ça se passe si vous travaillez avec des gens qui ont un autre parcours scolaire/universitaire que le vôtre. Vous êtes bien obligé de faire des efforts d’adaptation. Surtout que les francophones parlent mieux l’anglais que l’inverse (sorry). Une fois la journée finie, sans s’en rendre compte, on rentre à la maison avec une quantité assez huge de nouvelles expressions qu’on a apprises et qui nous ressemblent tant. On a beau se dire qu’on devrait être fidèle à sa langue « maternelle », on ne peut pas y échapper. Il suffit de se mettre devant un girl’s movie, bien corny et totalement has-been, pour se (re)laisser aller au procédé du mix des mots. Bullshit vous me direz? Du tout. Même vous, vous le faites. Et ce n’est pas qu’un trip. C’est vrai qu’on se sent un peu overwhelmed par ce flux de mots. Mais on n’y peut rien, vraiment rien. Même les chanteurs, slash (/) artistes français s’y sont mis. Et ça marche. Phoenix cartonne aux States, Herman Düne fait tourner le très hot Jon Hamm dans son clip. C’est edgy de chanter ou de faire un gig en anglais et puis c’est moins turn-off qu’un morceau pourri repris par ces loosers de 2be3. Je n’essaye pas de faire un name dropping de toutes les expressions qu’on utilise sans s’en rendre compte. C’est juste qu’il faut être aware de notre époque et de ses changements. Qu’on va finir par tout mingle et que c’est ça l’évolution d’une langue. C’est limite borderline et on pourrait devenir totalement schizophrène et ne plus trouver les bons mots mais, why not ?
Allez, détendez-vous, c’est un peu hard au début, mais on est dans l’ère de l’Internet et il suffit d’aller sur le Web pour apprendre et/ou comprendre de nouveaux mots. Google it. Et vous succomberez vous aussi. Comme une femme peut craquer devant le sex appeal d’un toyboy devenu son meilleur Fuck Buddy, après le premier date. C’est cheesy ? C’est facile, faut avouer, comme comparaison et comme jeu de mots, mais bon, eat me. Et puis c’est funky de parler comme ça et même si ça peut paraître awkward, c’est vrai que ça fait plus rappeur du Neuf Trois que songwritter à la Biolay. Je ne suis ni tipsy, ni fucked up je vous assure, juste addict au chocolat sur lequel je me rue récemment. Compulsive eating, je crois. J’admets que ça peut choquer et paraître space de trucider ainsi la langue de Molière, sue me, mais on a tous une âme de killer en nous. Et comment, autre que dans la langue de Big Apple, vous diriez, vous, de cette pétasse que c’est une social climber et que c’est une sacrée gold digger ? It’s your call pour en trouver d’autres expressions et/ou quote me sur votre wall. J’aurais bien besoin de votre feedback, parce que j’espère que ce texte ne me fait pas passer pour une fille so last season. J’avoue, I had a blast en l’écrivant, et puis tant pis, si ça ne plaît pas, talk to the hand... et try me.
On jongle. Entre le français et l’arabe. Entre l’arabe et l’anglais. On a toujours été un pays de bilinguisme. Avec une signalisation tour à tour dans la langue de Baudelaire ou celle de Shakespeare. Des fautes d’orthographe ou de sens, parsemées ici et là. Des libanismes qui ponctuent notre discours. Aujourd’hui, on a beau être un(e) frenchie coucou en puissance, un(e) Libanais(e) nourri(e) à la Marseillaise, abreuvé(e) de Rimbaud et de Canal +, habité(e) par le Bled ou le Robert, à cheval sur les accords du participe passé et les adverbes invariables, force est de constater qu’on n’arrive pas/plus à formuler une phrase sans y placer un mot de british. Pas parce qu’on s’la pète, ou parce qu’on se prend pour Serena ou Blair. Mais parce qu’à force de parler/travailler/voir des films non...
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