Le procureur général du TSL, Daniel Bellemare. Photo archives /
Le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé d'enquêter sur l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, reste le sujet à polémique par excellence sur la scène politique libanaise. Entre les partisans de la contribution libanaise au financement du TSL et ceux qui y sont hostiles, la crise risque de se diriger vers l'impasse.
Le pays semble engagé dans une course contre la montre puisque les autorités libanaises ont, selon des informations rapportées vendredi par le quotidien an-Nahar, reçu une notice officielle de la part des Nations unies et du TSL exigeant du Liban qu'il s'acquitte de son dû. Le quotidien ajoute que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a adressé le mois dernier une lettre au Premier ministre Najib Mikati appelant le gouvernement à payer la part du Liban dans le financement du TSL dans un délai de deux à trois mois.
Parallèlement, le porte-parole officiel du Tribunal spécial pour le Liban, Marten Youssef, a rappelé, jeudi, dans une interview parue aujourd’hui dans Sada el-Balad, que la contribution financière du Liban pour l’année 2011 est toujours "en suspens", précisant qu’après accord au sein du secrétariat général des Nations unies sur le budget 2012 du TSL, Ban Ki-moon informera Beyrouth de sa quote-part obligatoire pour l’année prochaine.
Marten Youssef précise également que le greffier du tribunal, Herman von Hebel, continue, par le biais des canaux diplomatiques, de rappeler au Liban ses engagements internationaux.
Entre majorité et opposition, des tiraillements et une surenchère
Malgré les efforts fournis par le chef du gouvernement pour retirer ce dossier des débats publics et médiatiques en le tenant à l'écart des tiraillements politiques et de la surenchère entre majorité et opposition, tout le monde continue de parler du financement du TSL.
Des ministres proches du chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, ont qualifié la situation de "dangereuse" après des concertations avec ce dernier, notamment suite au refus catégorique du Hezbollah d'une contribution libanaise au financement du TSL. Sans révéler les détails des discussions, une source a révélé au quotidien 'al-Liwa' que le chef du PSP a renforcé les mesures de sécurité autour de sa résidence à Clémenceau, à Beyrouth.
D'un autre côté, le député Kataëb Samer Saadé a estimé que le Hezbollah est capable de faire chuter le gouvernement s'il le décide. Dans une interview à Radio Liban Libre (RLL), M. Saadé a assuré que le parti chiite est "le seul acteur dans les coulisses du cabinet". "Quand il trouvera son intérêt dans la chute du gouvernement, il le fera chuter", a-t-il assuré.
La question du financement du TSL n'a pas figuré à l’ordre du jour du Conseil des ministres de mercredi, et n'a même pas été évoqué en dehors de l’ordre du jour convenu. Et pour cause : c'est à ce dossier épineux que tient la survie du gouvernement Mikati. Ce dossier fait actuellement l’objet de négociations en coulisses visant à trouver une issue qui permettrait au Liban de s’acquitter de sa dette à l’égard de l’instance judiciaire et au Premier ministre de tenir ses engagements envers la communauté internationale.
Les sources ministérielles qui suivent de près ce dossier ont refusé de dévoiler les formules envisagées, après que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, eut catégoriquement refusé de discuter de toute tentative d’amendement du protocole ou accord signé entre le Liban et l’organisation internationale instituant le TSL, comme le rapportent des sources de l’opposition.
Le choix de M. Mikati semble d'ailleurs être fait. Jeudi, il est revenu à la charge au sujet de la contribution libanaise au financement du TSL, soulignant qu’en s’acquittant de ce dû, le Liban s’épargnerait des préjudices, car "nombreux sont ceux qui guettent le Liban et la résistance pour leur faire du mal". En conséquence, a poursuivi le Premier ministre, "il n’est absolument pas permis que le Liban s’oppose à la communauté internationale dans ces circonstances précises".
Cette position n'empêche pas le chef du gouvernement d'intensifier ses contacts, loin des feux de la rampe, afin de parvenir à une formule acceptable par tous, de manière à ne pas embarrasser le Hezbollah et les pôles de la majorité. Notamment le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, ses ministres et députés qui ont exprimé leur objection au financement.
Une objection réitérée aujourd'hui par le député aouniste Sélim Salhab à Radio Liban Libre (RLL). "Notre décision (de s'opposer au financement du TSL) est basée sur nos convictions et ne vise nullement à entraver le travail du gouvernement ou à plaire à un parti", a-t-il ajouté.
Moins catégorique, le ministre du Toursime, Fadi Abboud, qui représente le CPL au sein du cabinet, a souligné l'importance de "discuter la question du financement du TSL dans les cadres constitutionnels". "Si le gouvernement décide de soulever cette question au Parlement, nous devons respecter cette décision", a-t-il déclaré à la Voix du Liban (100.5).
Mercredi, Michel Aoun était pourtant allé plus loin en affirmant que si le Premier ministre entérinait le versement de la contribution libanaise, "n’importe quel citoyen pourrait porter plainte contre lui pour dilapidation de fonds publics".
De son côté, le président de la République, Michel Sleiman, a apporté, mardi dernier, sa petite note "centriste" au débat. Dans une interview parue dans le quotidien al-Charq, M. Sleiman a tenté de rapprocher les points de vue : "La question du financement du tribunal est actuellement traitée à feu doux. Il faudrait que la contribution libanaise passe, car le Liban a des engagements à cet égard. Mais cette contribution n’annule pas les remarques existantes au sujet du TSL", a-t-il souligné.
Le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé d'enquêter sur l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, reste le sujet à polémique par excellence sur la scène politique libanaise. Entre les partisans de la contribution libanaise au financement du TSL et ceux qui y sont hostiles, la crise risque de se diriger vers l'impasse.
Le pays semble engagé dans une course contre la montre puisque les autorités libanaises ont, selon des informations rapportées vendredi par le quotidien an-Nahar, reçu une notice officielle de la part des Nations unies et du TSL exigeant du Liban qu'il s'acquitte de son dû. Le quotidien ajoute que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a adressé le mois dernier une lettre au Premier ministre Najib Mikati appelant le gouvernement à payer la part du Liban...


C'est pas une prêche mon ami Anastase, c'est juste une analyse que je trouve réaliste ... ça permet à ceux qui sont chauds au sujet du financement du TSL-V (tout sauf la vérité), une des facettes de l'ennemi Sio+US Foreign policy, de tempérer leur ardeur à ce sujet. Quant à l'assassin que tu décris, eh bien, il fait malheureusement partie parfois de la famille voire de la maison mais je te rassure il n'est que "le bras", qu'il faut tordre, certes... Du reste, tu as raison que le cerveau est lui de l'autre coté de la frontière et du monde. Bien à toi
18 h 45, le 08 octobre 2011