Une caricature représentant Poutine en Brejnev circule sur le Web. Alexander Nemenov/AFP
L’homme fort du pays se défend, dans un texte publié mardi par le journal Izvestia, de vouloir récréer « l’Union soviétique sous une autre forme » 20 ans après sa disparition, mais sa proposition semble bien le contredire. Dans cette même tribune Vladimir Poutine appelle les anciennes républiques à rejoindre l’union douanière Russie-Kazakhstan-Biélorussie pour former une nouvelle alliance avec une « intégration étroite sur de nouvelles valeurs, politiques et économiques », une « Union eurasiatique ».
Le camp de l’homme fort de la Russie semble bien assumer un certain héritage soviétique. Jusqu’à déclarer qu’il n’y a aucune honte pour M. Poutine à être comparé, après sa décision de revenir au Kremlin en 2012, à Leonid Brejnev, resté au pouvoir pendant 18 ans, jusqu’à sa mort et malgré sa sénilité. Ayant accompli deux mandats consécutifs, M. Poutine est désormais libre de rester à la tête de la Russie pour deux nouveaux mandats de six ans, après avoir laissé le Kremlin à Dmitri Medvedev. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, n’y voit pas de mal. « Vous savez, Brejnev, ce n’est pas une période négative dans l’histoire de notre pays. C’est un grand plus. Il a posé les fondements de notre économie », a souligné M. Peskov.
Un espion chinois arrêté à Moscou
Entre-temps, les services spéciaux russes (FSB) ont annoncé hier l’arrestation d’un espion chinois qui tentait d’obtenir des informations sur les missiles perfectionnés S-300, à quelques jours d’une visite en Chine du Premier ministre Vladimir Poutine, destinée à renforcer les liens économiques entre les deux puissances. Cette affaire est surprenante à double titre. D’une part, le FSB a annoncé presque un an après les faits que l’espion présumé « a été arrêté le 28 octobre 2010 à Moscou ». D’autre part, et toujours selon le FSB, les documents en question devaient permettre aux Chinois d’assurer l’entretien des systèmes S-300, missiles que Pékin a achetés à Moscou en 2010.
Sarkozy en tournée au Caucase
Parallèlement, le président français Nicolas Sarkozy met aujourd’hui le cap à l’est, au Caucase, pour une tournée en deux jours et trois étapes en Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie, pour y célébrer les vingt ans de l’indépendance de trois ex-républiques soviétiques. Il a d’ailleurs exhorté hier l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qu’oppose toujours le conflit du Haut-Karabakh, à « prendre le risque de la paix ». Rappelons que la France copréside avec la Russie et les États-Unis le groupe de Minsk, qui s’efforce de jouer les médiateurs entre ces deux anciennes républiques soviétiques. Le Haut-Karabakh est un territoire de 4 500 km2 enclavé dans l’Azerbaïdjan mais majoritairement peuplé d’Arméniens, qui ont déclaré unilatéralement leur indépendance en 1991. La guerre qui a suivi entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a fait au moins 25 000 victimes et plus d’un million de réfugiés, en majorité azéris. Un cessez-le-feu a été conclu en 1994, mais le conflit n’est toujours pas réglé et les tensions demeurent.
À six mois de la présidentielle française, difficile toutefois de détacher cette visite du président français du calendrier électoral, notamment avec son escale demain vendredi en Géorgie, où il s’est posé en « sauveur ». En effet, au cœur de l’été 2008, alors président de l’Union européenne (UE), Nicolas Sarkozy avait mis un terme à la guerre qui déchirait la Russie et la Géorgie en arrachant un cessez-le-feu aux deux pays. Aujourd’hui, cet épisode apparaît en bonne place dans le bilan de son mandat. Mais trois ans plus tard, son intervention reste contrastée. Les troupes russes occupent toujours les deux régions géorgiennes contestées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud et les négociations imposées aux deux belligérants à Genève sont au point mort.
La fête en Tchétchénie
Un peu plus au nord-est, la Tchétchénie accueillait des centaines d’invités dans la capitale Grozny, décorée de fleurs et de drapeaux du monde entier, pour célébrer en grande pompe le 35e anniversaire du dirigeant controversé et redouté de cette petite république russe du Caucase, Ramzan Kadyrov. Officiellement, l’événement de la journée est l’inauguration de « Grozny-city », un complexe de 4,5 hectares. Mais officieusement, le 5 octobre a été décrété jour de fête à Grozny en raison de l’anniversaire de M. Kadyrov, dont les puissantes milices ont été accusées d’enlèvements et de meurtres par les défenseurs des droits de l’homme.
(Sources : AFP)

