Scène de panique dans la capitale somalienne après l’attentat revendiqué par les chebab. Omar Faruk/
"Je suis extrêmement choqué et attristé par cet acte cruel et inhumain de violence (perpétré) contre les plus vulnérables de notre société", a ajouté le président somalien, qui a adressé "ses plus profondes condoléances aux familles des victimes et au peuple de Somalie".
L’attentat perpétré à proximité du palais présidentiel à un carrefour fréquenté, situé près du ministère de l'Education, est le plus meurtrier des dernières années dans la capitale somalienne et il est le premier revendiqué par les islamistes chebab depuis qu’ils ont été contraints début août de quitter la ville face à une offensive des troupes pro-gouvernementales soutenues par une force de l'Union africaine (Amisom).
Les chebab ont revendiqué très rapidement l'attentat. "Un de nos moudjahidine (combattants) s'est sacrifié pour tuer des responsables du gouvernement fédéral de transition, des soldats de l'Union africaine et des informateurs qui se trouvaient dans l'enceinte" du bâtiment visé, a déclaré au téléphone à l'AFP un responsable chebab, qui n'a pas dévoilé son identité.
L'attaque a visé un bâtiment qui abrite au moins quatre ministères, à un embranchement connu sous le nom de "K4" ("Kilomètre 4"), un des principaux carrefours de la ville qui mène à l'aéroport où est installé une force de l’Amisom. Le complexe ministériel a été gravement endommagé, et plusieurs voitures stationnées à proximité ont pris feu.
"L'attaque a été menée avec un camion rempli d'explosifs", a raconté un témoin, Ahmed Mohamed, fonctionnaire au ministère de la Santé, un des ministères hébergés dans le bâtiment. "Un véhicule chargé d'explosifs est entré dans l'enceinte" du bâtiment et a explosé, a confirmé à l'AFP Mohamud Abdullahi, un chauffeur de taxi.
"Cela ressemble à une scène de la Deuxième Guerre mondiale. C'était totalement dévasté", a commenté à l'AFP Abdullahi Aptidon, un habitant du quartier. De nombreux cadavres, sur lesquels avaient été jetés des draps blancs, jonchaient les lieux après l'explosion, a constaté un photographe de l'AFP.
"J'ai d'abord pensé à une mine, mais la puissance de l'explosion m'a fait comprendre que c'était autre chose. C'est la pire tragédie depuis le début de la guerre civile en 1991", a commenté Mursal Mohamed, un chauffeur routier.
Les précédents attentats meurtriers à Mogadiscio avaient fait 21 morts au siège de l'Amisom en septembre 2009, et 33 morts en août 2010.
Parmi les victimes de l'attentat, de nombreux étudiants et leurs parents qui attendaient les résultats d'examens, a indiqué le gouvernement somalien. Ces examens visaient à octroyer aux lauréats des bourses d'études en Turquie.
"L'attaque montre que le danger constitué par les terroristes n'est pas encore éliminé, et qu'il reste des gens qui veulent faire dérailler les avancées faites par le peuple somalien vers la paix", a réagi le gouvernement somalien.
Contraints ces derniers mois de se retirer de Mogadiscio et de plusieurs localités du sud de la Somalie, les insurgés somaliens ont lancé quelques contre attaques ces derniers jours, prenant très brièvement le contrôle des villes de Dhobley (sud, à la frontière avec le Kenya) et de Dhusamareb (centre).
Les chebab combattent depuis plus de quatre ans un gouvernement de transition, dirigé par le président Sharif Cheikh Ahmed, qui n'arrive à imposer ni son autorité ni sa légitimité en dépit du soutien massif de la communauté internationale.
"Je suis extrêmement choqué et attristé par cet acte cruel et inhumain de violence (perpétré) contre les plus vulnérables de notre société", a ajouté le président somalien, qui a adressé "ses plus profondes condoléances aux familles des victimes et au peuple de Somalie".
L’attentat perpétré à proximité du palais présidentiel à un carrefour fréquenté, situé près du ministère de l'Education, est le plus meurtrier des dernières années dans la capitale...

