Rechercher
Rechercher

À La Une - Dans La Presse

Emeutes antilibanaises à Abidjan : que s'est-il passé?

Une enquête a été ouverte. La responsabilité d'un commerçant libanais mise en cause par les proches d'une des victimes.

En 2009, déjà, des émeutes visaient la communauté libanaise à Abidjan.

La situation était "très tendue" et "les Libanais se sont enfermés chez eux".

Que s’est-il passé à Abidjan dimanche dernier ? Ce jour-là, de violentes manifestations ont lieu dans la capitale économique ivoirienne. Dans le quartier huppé de Marcory, de jeunes Ivoiriens en colère s’attaquent aux intérêts des Libanais. Des immeubles d’habitation et des commerces sont caillassés, avant que les forces de l’ordre ne parviennent à sécuriser la zone dans l’après-midi.

Pourquoi un tel déchaînement de violence ? Selon le site Abidjan.net, tout a commencé la veille.

Il est 20h40, samedi, quand des coups de feu retentissent dans le quartier résidentiel de Marcory, dans le sud d’Abidjan. Un jeune homme, présenté par les médias sous le nom de Diomendé Losseni ou Doumbia Losseni, et un autre individu viennent d’être abattus par la police. La nouvelle se répand et, avec elle, la rumeur selon laquelle un commerçant libanais aurait orchestré ces assassinats. Il n’en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres.

Selon Aboubacar, le frère de Diomendé Losseni, ce dernier avait appris trois jours avant ce funeste samedi son licenciement de la société Amama-Karim. Diomendé Losseni travaillait, selon son frère cité par des médias ivoiriens, depuis 13 ans pour cette entreprise spécialisée dans la vente de pièces détachées de véhicule. Non content des conditions de son renvoi, Diomendé Losseni se rendait au domicile de son ex-employeur, Sami Chaloub selon la presse ivoirienne, pour réclamer des arriérés de salaire. Les versions divergent sur la suite des événements.

Pour la police, l’affaire relève du simple braquage. Les riverains, eux, pointent du doigt la responsabilité du commerçant libanais.

Le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, a aussitôt exigé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de ces événements.

 

Ce même samedi, plus tôt dans la journée, une première manifestation antilibanaise avait eu lieu à Abidjan, sur le site de l’ancien Parc d’attraction. Des revendeurs de voitures s’y étaient installés après avoir été chassés du boulevard Valérie Giscard d’Estaing par la police. Des opérateurs économiques libanais avaient alors revendiqué la propriété du terrain, ce qui avait entraîné, entre les deux parties, des échauffourées vite maîtrisées par les forces de l’ordre.

 

La communauté libanaise, estimée à plus de 80.000 personnes en Côte d’Ivoire, se trouve régulièrement au centre de tensions, accusée de ne pas respecter la société ivoirienne.

En témoignent les réactions d’internautes suite aux violences à Marcory. "Il faut que tout cela cesse. Le pouvoir a changé, si certains refusent de comprendre, ils doivent subir un châtiment exemplaire. L’époque où les Libanais se permettaient tout doit finir, s’ils ne veulent pas changer, on n'aura pas d’autres choix que de les chasser", s’emporte un internaute portant de nom d’Eponon Victor Koffi, sur le site Abidjan.net.

Des accusations reprises par de nombreux internautes. D’autres, toutefois, appellent à ne pas généraliser, comme Carlos Menes toujours sur le site Abidjan.net : "Arrêtez de faire des amalgames…Les Libanais sont riches, c’est leur chance, et personne ne leur en veut pour ça, parlez des faits". L’important poids économique de la communauté libanaise suscite en effet un certain ressentiment de la part de la jeunesse ivoirienne la moins favorisée.

De fait, la réalité de la présence libanaise en Côte d'Ivoire est complexe, et la communauté dans le pays n’est pas un ensemble homogène qui vit au dessus des lois de la société ivoirienne.

Tel est aussi le message délivré par l’ambassadeur du Liban en Côte d’Ivoire, Ali Ajami, dans une interview à Abidjan.net : "Les Ivoiriens et nous, la grande communauté libanaise, sommes des frères… Si un Libanais pose un mauvais acte, il doit en répondre devant la justice".

 

La situation était "très tendue" et "les Libanais se sont enfermés chez eux".
Que s’est-il passé à Abidjan dimanche dernier ? Ce jour-là, de violentes manifestations ont lieu dans la capitale économique ivoirienne. Dans le quartier huppé de Marcory, de jeunes Ivoiriens en colère s’attaquent aux intérêts des Libanais. Des immeubles d’habitation et des commerces sont caillassés, avant que les forces de l’ordre ne parviennent à sécuriser la zone dans l’après-midi.
Pourquoi un tel déchaînement de violence ? Selon le site Abidjan.net, tout a commencé la veille.
Il est 20h40, samedi, quand des coups de feu retentissent dans le quartier résidentiel de Marcory, dans le sud d’Abidjan. Un jeune homme, présenté par les médias sous le nom de Diomendé Losseni ou Doumbia Losseni, et un autre individu viennent...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut