Au début de l’exposé de sa position hebdomadaire, Joumblatt s’est placé au-dessus des analyses et des interprétations qui se poursuivent au Liban et qui, selon lui, « s’arrêtent à la surface des événements », pour examiner « les grands défis du développement économique, humain et social », d’autant que les indices sont en net recul dans tous les pays arabes, en dépit des ressources pétrolières et financières considérables de ces pays.
Joumblatt est ainsi revenu à un rapport sur le développement humain dans les pays arabes réalisé en 2002 et dont les chiffres n’ont pas changé en bientôt dix ans, à cause de l’absence de politique de développement économique. Selon Joumblatt, les causes de cette stagnation sont à chercher du côté de l’occupation israélienne et de l’absence de démocratie dans la plupart des pays arabes.
Le leader druze explique ainsi que l’occupation israélienne constitue un obstacle face au développement et elle est en plus utilisée comme un prétexte pour empêcher une évolution démocratique dans les régimes arabes.
Joumblatt relève aussi le fait qu’un citoyen arabe sur cinq vit en dessous du seuil de la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, alors que l’environnement est de plus en plus détruit et les couvertures sociales et médicales sont pratiquement inexistantes.
Le rapport de 2002, précise encore Joumblatt, estime que les pays arabes ont pourtant le potentiel nécessaire pour se développer et il lui suffira d’une génération pour le faire. Il faut donc espérer, dit-il, qu’avec le printemps arabe et les mesures préventives décidées par les régimes, on puisse aboutir à un changement véritable.
Reprenant encore le contenu du rapport, Joumblatt pose le problème de l’eau dans la région, ainsi que celui de l’éducation et de l’enseignement dans le monde arabe, qui restent d’importants facteurs de développement.
Il conclut enfin son éditorial en reprenant la chute figurant dans le rapport de 2002 : « La liberté au lieu de l’autocratie, la créativité au lieu du suivisme, la compétence à la place du clientélisme et les institutions à la place de l’individualisme. » Il ajoute ensuite : « Les révolutions arabes se sont basées sur ces slogans et le changement arabe se poursuivra, même s’il prendra du temps et en dépit des obstacles et des entraves. »


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le disque de Monsieur Joumblatt joue à maints diapasons. Anastase Tsiris
14 h 23, le 04 octobre 2011