« Cinq civils et six militaires et agents de sécurité ont été tués dans le village de Kafar Zita », dans le gouvernorat de Hama, dans des affrontements qui ont opposé soldats et agents de sécurité d’un côté, et militaires dissidents de l’autre, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’agence de presse SANA a pour sa part annoncé que trois civils avaient été tués par « les tirs de groupes terroristes armés » à Hama, alors que la répression de la révolte populaire, qui réclame depuis la mi-mars la chute du régime du président Bachar el-Assad, a fait plus de 2 700 morts selon l’ONU. En outre, « les forces armées accompagnées de plus de 250 chars et blindés ont pris d’assaut la ville de Rastane », située entre Hama et Homs, a précisé l’OSDH, basé au Royaume-Uni. Parallèlement, des officiers dissidents ont annoncé dans un communiqué leur « retrait de Rastane ». « En raison des renforts importants et des armes utilisées à Rastane par les gangs d’Assad (...), nous avons décidé de nous en retirer afin de mieux poursuivre la lutte pour la liberté », ont-ils expliqué. Dans la province voisine de Homs, un peu plus au sud, huit civils ont été tués hier par les balles des forces de sécurité ou au cours de perquisitions dans plusieurs quartiers de la ville et des localités alentours, a annoncé l’OSDH. L’un d’eux a été tué par les forces de sécurité qui tentaient de disperser des défilés hostiles au régime du président Assad, ont rapporté des militants.
Les Yéménites manifestent en soutien aux protestataires
Les militants prodémocratie avaient appelé sur leur page Facebook à manifester sous le slogan : « La victoire pour notre Syrie et notre Yémen. Les peuples sont plus forts que tous les despotes. » Au même moment à Sanaa, des dizaines de milliers de Yéménites hostiles au régime du président Ali Abdallah Saleh ont scandé de nombreux slogans en solidarité avec le mouvement de contestation en Syrie. En Syrie, les protestataires ont appelé à la chute du régime et clamé leur solidarité avec Rastane, selon l’OSDH. Dans la ville de Maaret al-Noumane à Idleb, assiégée par les forces de sécurité, 3 000 personnes ont manifesté à la sortie des mosquées, selon la même source. À Homs et Hama, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur d’importantes manifestations. Plus de 10 000 manifestants ont défilé dans les rues de Palmyre et des protestataires ont défilé dans la ville côtière de Jablé, ainsi qu’à Zabadani. Dans la journée, la militante Marwa Ghamiane a été arrêtée à l’aéroport de Damas alors qu’elle s’apprêtait à quitter la Syrie, selon un militant des droits de l’homme.
Au niveau international, le Conseil de sécurité de l’ONU était toujours divisé au sujet de menaces de sanctions contre la Syrie, selon des diplomates. Les pays occidentaux ont renoncé au mot « sanctions », optant pour le terme de « mesures ciblées » dans l’espoir de surmonter l’opposition de la Russie, qui a fait circuler son propre projet de résolution qui ne contient pas de menace de mesures quelconques. Les pays occidentaux espèrent ainsi pouvoir faire adopter une résolution par les quinze pays du Conseil contre le régime du président Assad, ont indiqué les diplomates. La Russie et la Chine ont menacé d’opposer leur veto à toute résolution appelant à des mesures punitives. Les pays occidentaux font pression sur le reste du Conseil de sécurité pour un vote au début de la semaine prochaine après des semaines d’impasse. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, n’a pas commenté la modification apportée dans la proposition de résolution occidentale, mais a précisé que les deux parties s’efforçaient de combiner les deux textes.
Parallèlement, la Suisse a une fois de plus haussé le ton face à Damas en annonçant l’interdiction de tout nouvel investissement dans le secteur pétrolier syrien et de la livraison de pièces et de billets neufs à la Banque centrale de Syrie, des sanctions déjà adoptées par l’Union européenne. En outre, la commission d’enquête internationale sur les violations commises en Syrie a déclaré « espérer » pouvoir mener à bien ses investigations dans le pays, tout en reconnaissant ne pas avoir encore le feu vert des autorités syriennes. Enfin, l’ambassadeur de Syrie aux États-Unis « a reçu un savon » à Washington jeudi soir après l’attaque subie par l’ambassadeur américain Robert Ford à Damas, a rapporté hier le département d’État.
(Source : agences et rédaction)

