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Culture - Hommage

Reprise de l’Orchestre philharmonique libanais à l’ombre de Walid Gholmieh...

C’est à l’église Saint-Joseph (USJ), illuminée et remplie jusqu’aux derniers bancs, comme d’habitude, et avec un programme que sans nul doute aurait aimé feu Walid Gholmieh, que l’Orchestre philharmonique libanais, placé sous la direction de Wojcieh Czepiel, a ouvert la saison musicale. Pour une reprise de toute évidence en souvenir du chef d’orchestre, administrateur et compositeur disparu...

Reprise des concerts à l’église Saint-Joseph de l’USJ sous la houlette de Wojcieh Czepiel. Photo Ibrahim Tawil

Malgré l’humeur maussade du temps et les premières gouttes de pluie de cette fin de septembre chagrine, les mélomanes étaient à nouveau au rendez-vous. Sous le pupitre du maestro, les spots et les ventilateurs qui ronronnent, une grande gerbe de fleurs blanches pour un menu soigneusement choisi et concocté.
Un bouquet de partitions avec, en ouverture, la longue et vibrante Symphonie n° 4 Ash-Shaheed (Le martyr) de Gholmieh, ainsi que des pages de Jean Sibelius, Johannes Brahms, Aaron Copland et Peter Tchaïkovsky.
Premières mesures d’une symphonie ruisselante d’une «orientalité» aux accents véhéments, sombres et tragiques. Quatre mouvements (Wahj, Taaammol wa safa, hurriyah et Ash-Shahid) pour une somptueuse fresque sonore aux images retentissantes. Une fresque reflétant le chaos et le désarroi d’un Orient livré à tous les vents et brasiers. Des images revendiquant avec force, âpreté et une certaine sensualité le combat pour la liberté.
Des premières étincelles et flamboiements à l’élévation au rang de martyr, en passant par la contemplation et l’acharnement pour la libération, Walid Gholmieh, avec emphase et puissance, dessine des images contrastées, tissées de gravité, de sacrifice et d’abnégation, pour atteindre l’essence d’une quête spirituelle et physique.
Des images incendiées ou douces où la musique est surtout suggestion à travers des sonorités éruptives, des cadences marquées, des murmures brûlants, des marches entre défaites et victoires. Une sorte de poésie du désespoir qui se marie parfaitement avec cet Orient chaotique, lumineux, vainqueur et vaincu, embrasé depuis plus d’un demi-siècle et dont on n’a, jusqu’à aujourd’hui, aucun signe de paix, d’harmonie... Que ce soit le déferlement des cordes, le chant d’un basson, les violoncelles sous cravaches des archets tendus ou l’inquiétante résonance de la grande caisse, cette musique, dans son délire et où incohésion délibérée qu’elle irrite, enthousiasme ou passionne, jette toujours le trouble dans l’âme et l’esprit. Car elle parle d’une réalité arabe et orientale qu’on ne saurait plus ignorer ou négliger : le prix de tant de vies ne devrait plus être jeté avec tant de cynisme aux orties. Oui, une musique peut dire tout cela. Et Walid Gholmieh, en plus des tâches titanesques qu’il avait accompli et par-delà le don qu’il avait d’assembler les notes et les gens, avait aussi ce grand talent d’agitateur de conscience. Et sa musique le dit aujourd’hui en toute beauté et clarté.
Pour prendre le relais à cette symphonie d’une cinquantaine de minutes, place aux grands paysages nordiques de la Finlandia op 26 en la bémol majeur de Sibelius. Poème enflammé, empreint de brumes, de glaces, de froid, d’espace, de majesté et de puissance que cette œuvre d’un farouche nationalisme.
Plus gaie et presque folklorique, traversée par un esprit tzigane léger est la célébrissime  Danse hongroise n° 1 de Brahms, initialement conçue pour piano à quatre mains. Enjouée, bondissante, colorée, cette œuvre éclatante de vie et d’une sève de musique traditionnelle, reste toujours, avec sa mélodie suave et ses rythmes endiablés, un savoureux moment de joie et d’euphorie pour tous les auditeurs.
Toujours dans le sens du rythme et de la danse avec le pétillant et malicieux Hoe Down (tiré d’un ballet moderne intitulé Rodéo) de l’Américain Aaron Copland, ami de Bernstein et Nadia Boulanger. Hautbois et clarinette animent ce folk tune fourmillant de cadences prestement enlevées comme une agitation de cow-boy dans un tournoi rodéo...
Pour conclure, La Valse des fleurs de Peter Tchaïkovski. Changement de cap et de décor. Atmosphère de délicatesse et de féerie avec les vaporeux premiers accords de la harpe avant d’avoir le balancement des mesures à trois temps et que naisse la magie de l’enfance et de Noël (cet opus est tiré de Casse-Noisette) où, comme du caramel et du chocolat, cette valse a toujours un effet tonique et revigorant...
Une pluie d’applaudissements avant que la vraie pluie, en trombes folles, ne surprenne toute l’assemblée dans son sommeil encore imbibé de ce premier concert de la saison, à la fin de la nuit...
Malgré l’humeur maussade du temps et les premières gouttes de pluie de cette fin de septembre chagrine, les mélomanes étaient à nouveau au rendez-vous. Sous le pupitre du maestro, les spots et les ventilateurs qui ronronnent, une grande gerbe de fleurs blanches pour un menu soigneusement choisi et concocté. Un bouquet de partitions avec, en ouverture, la longue et vibrante Symphonie n° 4 Ash-Shaheed (Le martyr) de Gholmieh, ainsi que des pages de Jean Sibelius, Johannes Brahms, Aaron Copland et Peter Tchaïkovsky. Premières mesures d’une symphonie ruisselante d’une «orientalité» aux accents véhéments, sombres et tragiques. Quatre mouvements (Wahj, Taaammol wa safa, hurriyah et Ash-Shahid) pour une somptueuse fresque sonore aux images retentissantes. Une fresque reflétant le chaos et le désarroi d’un Orient livré...
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