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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Telle mère, tel fils

On passe sa vie à tout faire pour ne pas ressembler à ses parents. Ils sont conservateurs, nous serons libertaires. Ils étaient hippies, nous serons bourgeois. Papa est médecin, je serai chanteuse, maman est avocate, je serai coiffeur. Ils nous empêchaient de manger du chocolat, on en fera des orgies. On n’avait pas le droit de regarder la télé, on sera addict. Na. Et on ne répétera pas leurs erreurs. Surtout quand on aura des enfants. Nous serons plus permissifs et nos enfants seront dans une école laïque, ils ne suivront pas d’enseignement religieux, ne seront pas obligés de faire du tennis et s’ils ont envie de suivre des études artistiques, eh bien soit. On ne les obligera jamais à finir leurs assiettes, ni à manger des choux de Bruxelles, ni à aimer la bémié, ni à faire des choses qu’ils n’ont pas envie de faire...
Puis, un matin, on se réveille et, sans crier gare, le reflet dans le miroir nous renvoie à la figure le portrait sans retouche de môman et/ou de pôpa. La claque. La grande claque. Quelques rides au coin des paupières, comme elle, la même expression au milieu des sourcils et cette lueur étrange au fond des yeux. Certes, tout ça est visible. Et on nous l’a souvent répété qu’on ressemblait à notre génitrice. Quelque part, c’est tout à fait normal. Sauf que ce qu’on n’avait pas prévu, c’est que la prise de l’âge nous rapproche encore plus d’elle. Même coupe de cheveux à la lionne qu’elle à 35 ans, même couleur aussi. Même style de fringues, même déhanché, même rouge à lèvres. On n’a pas tout hérité. On aurait aimé pourtant. Avoir les mêmes jambes, ses yeux miel. Mais on ne ressemble pas qu’à sa mère. Il y a le père aussi. On a pris de lui son caractère, son goût de l’écriture, sa grande gueule. On lui ressemble grave, tellement, que ça en devient effrayant. Surtout chez une femme. Et puis il y a les oncles maternels pour les hommes et les tantes paternelles pour les femmes. Khedo l’banet men znoud el-3amet. Le même nez, le même cul, le même humour, la même dévotion. Et puis, là où le bât blesse, ce n’est pas dans les qualités, qu’elles soient physiques ou d’ordre moral. Là où le bât blesse, c’est quand on constate avec effroi qu’on reproduit un comportement qu’on n’aimait pas du tout, mais alors pas du tout. Et cette phrase qui sort de notre bouche avant même d’avoir tourné sa langue : « Finis ton assiette. » Tu ne te lèveras pas de table avant d’avoir terminé ta purée, mange, descends, khalass, mais siii, tu aimes le me7ché malfouf, non tu n’arrêteras pas le taekwondo, je sais mieux que toi ce qui est bien pour toi.
Sortez de ce corps ! Je ne veux pas dire ça. Je ne veux pas obliger mon fils à faire quoi que ce soit, je ne veux pas être comme vous avec moi. Je n’ai pas envie de faire les mêmes conneries. Je serai plus stricte ou plus cool, je serai plus indulgente ou plus compréhensive, mais je serai différente. Enfin j’essaierai, parce que ça me reviendra à la gueule et à grands pas, sans que je ne m’en rende compte. Je calquerai ce que j’ai toujours voulu éviter. Je serai un mini-you. Enfin, plus très mini, vu l’âge, mais une version un peu plus light du combo de vous deux. Avec ce constat aigre-doux que vous aviez souvent raison. Quasiment toujours. Non seulement il faut manger des légumes, des fruits, faire du sport (on le réalise un peu tard), être poli, dire s’il vous plaît, merci, se réveiller tôt, ne pas faire la bringue trop jeune, ne pas mélanger les alcools, ne pas dire oui dès le premier soir, ne pas faire confiance à la première venue, ne pas manger des bonbons après s’être brossé les dents... Mais surtout, surtout, qu’est-ce qu’on a eu tort de ne pas écouter vos « autres » recommandations : ce n’est pas un homme pour toi, cette femme te fera souffrir, manna sett beit, ne l’épouse pas, tu vas être malheureuse avec lui, il n’a pas d’ambition, ne fais pas médecine, ne reste pas au Liban, reviens à la maison, continue tes études, le piano, la peinture, poursuis tes rêves, quitte le/la, tu t’en fous du qu’en dira-t-on, tu es belle, c’est un coureur, tu finiras infirmière... On devrait toujours écouter les conseils de ses parents. Même quand ils ont tort. Un, maman a tort, deux, c’est beau l’amour.
On passe sa vie à tout faire pour ne pas ressembler à ses parents. Ils sont conservateurs, nous serons libertaires. Ils étaient hippies, nous serons bourgeois. Papa est médecin, je serai chanteuse, maman est avocate, je serai coiffeur. Ils nous empêchaient de manger du chocolat, on en fera des orgies. On n’avait pas le droit de regarder la télé, on sera addict. Na. Et on ne répétera pas leurs erreurs. Surtout quand on aura des enfants. Nous serons plus permissifs et nos enfants seront dans une école laïque, ils ne suivront pas d’enseignement religieux, ne seront pas obligés de faire du tennis et s’ils ont envie de suivre des études artistiques, eh bien soit. On ne les obligera jamais à finir leurs assiettes, ni à manger des choux de Bruxelles, ni à aimer la bémié, ni à faire des choses qu’ils n’ont pas envie...
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