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Liban

Le troisième Rover, « Curiosity », sur Mars fin novembre

Le Dr Charles Elachi parlant des Rovers.

Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour, à New York, le Dr Charles Elachi explique les raisons et les circonstances pour lesquelles il a été décoré chevalier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France à Washington, François Delattre, lors d’une cérémonie à CalTech, le 6 septembre. «J’ai fait mes études en France et j’ai collaboré avec des chercheurs français depuis une trentaine d’années», a-t-il dit. «Lorsque j’ai été nommé directeur du JPL, en 2011, nous avons réalisé un certain nombre de projets avec le Centre national d’études spatiales (CNES), l’équivalent de la NASA en France. Nous avons fait des projets communs d’études en utilisant des satellites pour détecter les changements dans les océans et les effets de serre», a-t-il ajouté. «Nous sommes en train de développer ensemble le projet d’un nouveau Rover sur Mars dont une partie des instruments a été développée en France. Cette décoration est une manière d’encourager la participation à des projets communs entre les États-Unis et la France pour les études spatiales.»

Des instruments franco-américains
Parlant du nouveau projet Rover «Curiosity», qui doit être lancé fin novembre sur Mars, Charles Elachi indique que «le Rover a la taille d’une voiture. Il est complètement autonome et il est contrôlé à partir du JPL, à Pasadena. Ce nouveau Rover est équipé d’une série d’instruments chimiques qui permettent d’étudier la composition du sol sur Mars». «Nous sommes particulièrement intéressés de voir s’il existe des matières organiques sur la surface, dans le sol et sur les roches de Mars afin de déterminer s’il y a eu une vie sur cette planète rouge, et s’il existe un environnement propice pour que la vie puisse s’y développer», explique-t-il. «Avec les deux “Rovers“ qu’on a sur Mars, qui portent le nom de “Spirit et Opportunity”, nous sommes maintenant convaincus qu’il y avait des océans sur cette planète depuis plusieurs millions d’années. Si l’on a trouvé des matières organiques et des océans, on se situe devant le même schéma que celui de notre planète Terre. Car l’origine de la vie, c’est la combinaison de matières organiques, d’océans et d’énergie», précise-t-il.
D’où vient donc le choix original de ces noms moins scientifiques? «Ces noms sont sélectionnés lors d’une compétition nationale lancée dans des écoles de classes complémentaires, où les étudiants choisissent un nom et expliquent les raisons de leur choix. Les gagnants sont invités au lancement et leurs noms figurent sur chaque Rover. C’est aussi une manière d’engager les étudiants dans notre exploration spatiale», explique-t-il.

«L’éducation gage du futur des nations»
Le directeur du JPL ne cache pas l’intérêt qu’il porte à l’éducation. «Dans un monde de technologies, l’éducation est essentielle. Elle est le gage du futur», assure-t-il. «Car nous vivons dans un monde de technologies avancées, telles que les téléphones portables, le GPS. L’éducation des jeunes est essentielle pour le bien-être socio- économique des nations. Celles qui ont une population éduquée sont économiquement les meilleures, constate-t-il. Il est essentiel que nous investissions dans l’éducation des jeunes. Il est nécessaire qu’ils aient les connaissances scientifiques pour survivre économiquement.»
Charles Elachi met en exergue «l’importance historique accordée à l’éducation aux États-Unis où le gouvernement a beaucoup investi dans la recherche scientifique. Il en va de même pour la France, l’Allemagne et l’Angleterre qui ont un système d’éducation très avancé», dit-il. Quant au Liban, les écoles et les universités libanaises offrent à ses yeux une éducation de première qualité. «Mais nous exportons nos ingénieurs vers le monde arabe, l’Europe et les États-Unis. Il faut que nos politiciens et nos gouvernements investissent non seulement dans la science et la technologie, mais aussi en coordination avec le secteur des affaires pour offrir des opportunités à la jeune génération.»

Des dizaines de Libanais d’origine au JPL et à la NASA
Y a-t-il des Libanais dans son équipe? « Pour travailler au JPL et à la NASA, il faut être titulaire d’une “Green Card“ ou avoir la nationalité américaine», confie Charles Elachi. «Plusieurs dizaines d’Américains d’origine libanaise y travaillent, tels que Georges Hélou, qui est à la tête du laboratoire d’astronomie, et Moustapha Chahine, décédé il y a quelques mois, qui en était le chef scientifique», affirme-t-il.
«De nombreux Libanais se sont distingués dans le domaine de l’éducation scientifique. Ils sont considérés comme des leaders aux États-Unis», reconnaît Charles Elachi. Il cite notamment Joseph Aoun, président de Northeastern University, qui était l’invité d’honneur de JAUS en 2010, Philip S. Khoury, professeur d’histoire au MIT, Gabriel Rebeiz, professeur à l’Université de Californie de San Diego (UCSD), et Edgar Choueri, chef scientifique et directeur du Laboratoire de propulsion et des dynamiques des plasmas à Princeton University. «Ce dernier travaille en collaboration avec le JPL.»
Décrivant son parcours, Charles Elachi rappelle avec fierté ses origines modestes. «Je suis né à Rayak, de parents de condition moyenne qui n’avaient pas fait d’études poussées, mais qui ont accordé une très grande importance à l’éducation», raconte-t-il. «Mon frère et moi avons été formés dans les meilleures écoles. Très jeune, j’ai été admis à l’école des filles des sœurs maronites de Rayak. J’étais le seul garçon de ma classe», se souvient-il.
Il entre au Collège des Apôtres à Jounieh puis il termine ses études à l’École orientale à Zahlé. Brillant élève, classé premier en mathématiques élémentaires, il obtient une bourse du gouvernement libanais pour poursuivre ses études universitaires en France, «en 1964, à l’époque où le président Charles Hélou venait d’être élu à la tête du pays», se remémore-t-il. Il passe quatre ans à l’École polytechnique de Grenoble, en 1968, puis entre à CalTech où il obtient un PHD en «physique appliquée».
«Investissez dans l’éducation de vos enfants.» Tel est le message que Charles Elachi a adressé aux parents et à la jeune génération. «Il existe de nombreuses chances et opportunités. Si vous êtes éduqués, si vous avez de l’ambition et si vous travaillez dur, vous pourrez atteindre vos objectifs.»

S.Z.
Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour, à New York, le Dr Charles Elachi explique les raisons et les circonstances pour lesquelles il a été décoré chevalier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France à Washington, François Delattre, lors d’une cérémonie à CalTech, le 6 septembre. «J’ai fait mes études en France et j’ai collaboré avec des chercheurs français depuis une trentaine d’années», a-t-il dit. «Lorsque j’ai été nommé directeur du JPL, en 2011, nous avons réalisé un certain nombre de projets avec le Centre national d’études spatiales (CNES), l’équivalent de la NASA en France. Nous avons fait des projets communs d’études en utilisant des satellites pour détecter les changements dans les océans et les effets de serre», a-t-il ajouté. «Nous sommes en train de...
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