Rechercher
Rechercher

Culture - Exposition

L’art aux «Barrières évasives» de Tamara al-Samerraei

Tamara al-Samerraei introduit dans ses peintures des images cadrées, séquencées et évolutives empruntées à la vidéo. Puisées aussi dans des souvenirs indicibles, oscillant entre mémoire collective et albums de famille...

« 1983 », techniques mixtes sur toile (180 x 190 cm).

Il y a deux ans, Tamara al-Samerraei présentait, à la galerie Agial*, une série de peintures regroupées sous le titre «Something White». Elle y développait un univers pictural d’où filtrait, sous l’apesanteur d’un blanc feutré omniprésent, une atmosphère sourdement équivoque. Une ambiguïté souterraine figurée par un personnage de fillette, aux yeux et cheveux charbonneux et aux lèvres rouge sang, qui occupait la quasi-totalité des toiles
accrochées.
Dans la présente exposition, intitulée «Fleeting Fences» (qui peut se traduire par «Barrières évasives»), qui se tient jusqu’au 15 octobre, toujours chez Agial, il s’avère que cette jeune demoiselle, qui jouait avec les loups, les taureaux et autres animaux agressifs, ait cédé la place à ce qui ressemble à des photos familiales ainsi qu’à un personnage adulte de femme, également brune, aux grands yeux noirs. Cependant, pour ceux qui auront vu le précédent accrochage, elle semblera bizarrement omniprésente. Bizarrement car, en réalité, cette figure de petite fille n’occupe plus que les recoins de quelques rares toiles de Samerraei. Et qu’elle n’y apparaît que ligotée, emmaillotée, miniaturée...
Comment expliquer cela, sinon par cette même atmosphère ouatée, irréelle comme issue d’un imaginaire enfantin, qui revient encore et toujours dans ses nouvelles peintures. Des toiles, de grand format, composées en matières mixtes et incorporant l’élément nouveau du «phototransfert» traité en images répétitives et évolutives... Des toiles qui restent fidèles à la prédilection de l’artiste pour la palette blanche dramatisante. Et sur lesquelles Tamara al-Samerraei inscrit ce qui ressemble à des photos de famille qu’elle recouvre ensuite de couches transparentes et qu’elle accompagne souvent de dessins «énigmatiques» évoquant des états diffus d’exil, de peur, de mélancolie: avion, piste d’atterrissage, montagne en pic de volcan cernée de barrières, bosquet, linceul, silhouettes fantomatiques de personnages en ballerines... Ou encore mettant en scène des monstres inquiétants, comme cet aigle blanc surdimensionné tenant en son bec une petite fille ligotée à culotte rouge (référence à L’Aigle noir de Barbara?) et planant au-dessus de ce qui ressemble à la Corniche de Beyrouth, ou ce King Kong apparaissant en fond de toiles formant un triptyque, comme une ombre obscure, derrière une famille de promeneurs toujours en bord de mer!
Un travail artistique aux barrières évasives autant dans la forme et le mélange des techniques utilisées que dans le fond des sujets – lourds de secrets suggérés – traités par cette artiste koweïtienne, née en 1977, diplômée en Fine Arts de la LAU, installée à Beyrouth depuis plus d’une décennie. Et dont l’œuvre intéressante a été présentée au cours d’un grand nombre d’expositions collectives en Europe (Angleterre, Allemagne, Danemark) ainsi qu’au Koweït et dans le cadre de
Exposure au BAC.

* 63, rue Abdel Aziz, Hamra. Tél. 01/345213.
Il y a deux ans, Tamara al-Samerraei présentait, à la galerie Agial*, une série de peintures regroupées sous le titre «Something White». Elle y développait un univers pictural d’où filtrait, sous l’apesanteur d’un blanc feutré omniprésent, une atmosphère sourdement équivoque. Une ambiguïté souterraine figurée par un personnage de fillette, aux yeux et cheveux charbonneux et aux lèvres rouge sang, qui occupait la quasi-totalité des toiles accrochées. Dans la présente exposition, intitulée «Fleeting Fences» (qui peut se traduire par «Barrières évasives»), qui se tient jusqu’au 15 octobre, toujours chez Agial, il s’avère que cette jeune demoiselle, qui jouait avec les loups, les taureaux et autres animaux agressifs, ait cédé la place à ce qui ressemble à des photos familiales ainsi qu’à un...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut