Plus de six mois après le début de la contestation, les anti-Assad innovent. A Homs, des plongeurs manifestent sous l'eau.
Le président Bachar el-Assad a décrété ce mercredi la création d’un Conseil supérieur pour les élections, rapporte l’agence de presse syrienne officielle, SANA. Ce décret s’inscrit dans la lignée des décrets pris par le président contesté, depuis le début de la révolte dans son pays. Début août, Bachar el-Assad avait autorisé le multipartisme. Quatre mois plus tôt, en avril, il avait officiellement levé l’état d’urgence, aboli la Cour de sûreté de l'Etat (un tribunal d’exception dont les jugements étaient sans appel) et promulgué un décret réglementant le droit à manifester.
Autant de décrets qui n'ont toutefois pas changé la situation sur le terrain.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), trois soldats déserteurs ont été tués et un officier, Ahmad al Khalaf, a succombé mercredi à ses blessures reçues la veille lors de combats à Rastane (près de Homs) entre l'armée syrienne et des soldats insoumis. Le mitraillage de la ville continuait et des tirs ont été entendus lorsque des agents de la sécurité ont pris d'assaut le quartier d'al-Nazihine à Homs.
Mardi, la répression perpétrée par les forces de sécurité syrienne a encore fait neuf morts parmi les civils, dont six à Homs (centre), troisième ville de Syrie située à 160 km au nord de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Deux autres civils ont été abattus à Idleb (Nord-Ouest), près de la frontière turque et un autre dans la province de Deraa (Sud) où est né le mouvement de contestation.
Mercredi matin, un ingénieur nucléaire, Aous Abdel Karim Khalil, a été abattu à Homs "par des inconnus", a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'agence officielle Sana a indiqué que cet ingénieur "qui donnait des cours à l'Université al-Baas a été tué d'une balle dans la tête par un groupe terroriste, alors que sa femme le conduisait à son travail".
Dans la même ville, l'adjoint du doyen de la faculté d'architecture de l'Université al-Baas, Mohammad Ali Aqil, et le directeur de l'école militaire de pétrochimie, Naël Dakhil, avaient été assassinés lundi par des inconnus. Les militants sur le terrain ont accusé les autorités syriennes. Dimanche, un chirurgien de l'hôpital général de Homs, Hassan Eid, avait été tué de plusieurs balles alors qu'il montait dans sa voiture. "Nous condamnons fermement l'assassinat de ces quatre personnalités proches du régime", a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon des militants des droits de l'Homme sur place, Aous Khalil et Hussein Eid sont alaouites, la confession au pouvoir en Syrie, Mohammad Aqil est chiite et Naël Dakhil est chrétien.
L'instance générale de la révolution syrienne s'est, par ailleurs, prononcée mardi soir en faveur de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les civils dans le pays. Créée en août pour unifier l'opposition à Bachar el-Assad et représentant des dizaines de groupes d'opposants au régime, l'organisation, qui a tenu une conférence de presse à Washington, s'est également prononcée pour un embargo sur les armes à destination du pays et pour un gel des avoirs des dirigeants syriens dans une déclaration qu'elle devait remettre au chef de l'ONU Ban Ki-moon ainsi qu'au Conseil de sécurité de l'ONU et au président américain Barack Obama. Elle précise en revanche qu'elle "n'appelle pas à une intervention militaire étrangère" sur le sol syrien, mais est favorable à "une intervention étrangère sous la forme d'une mission de maintien de la paix" face à un régime qui, selon elle, utilise les forces armées "pour mettre en oeuvre un système de répression et d'extermination de masse".
Sur le plan diplomatique, les pays européens ont remis mardi au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution qui prévoit des menaces de sanctions contre le gouvernement syrien plutôt que des sanctions immédiates, ont indiqué des diplomates. Rédigé par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal, ce projet de résolution vise à surmonter la menace d'un veto de la Russie et de la Chine. Selon une copie du projet de résolution obtenue par l'AFP, le Conseil de sécurité exige la "fin immédiate de toute violence" du gouvernement syrien contre la contestation. Le Conseil "exprime sa détermination, dans le cas où la Syrie ne se conforme pas à cette résolution, à adopter des mesures ciblées, y compris des sanctions", ajoute le texte.
L'ambassadeur russe à l'ONU a, quant à lui, clairement laissé entendre mercredi que son pays était opposé à un nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité. "Notre position est que le projet de résolution sur la Syrie est la continuation de la politique concernant la Libye prévoyant un changement de régime", a expliqué devant la presse Vitali Tchourkine.
Face aux sanctions, le gouvernement a annoncé la semaine dernière la suspension temporaire des importations de produits soumis à des taxes douanières supérieures à 5%, tout en excluant de la liste certains articles essentiels qui ne sont pas fabriqués par l'industrie locale. Le gouverneur de la Banque Centrale, Adib Mayaleh, a déclaré mardi à l'AFP que cette réduction des importations permettra à la Syrie d'économiser six milliards de dollars par an. Il affirme que "c'est le résultat des sanctions contre la Syrie et cela prouve exactement ce que j'avais déjà dit : ces mesures de rétorsion touchent directement le peuple syrien car c'est lui qui va être privé de certaines marchandises".
Le président Bachar el-Assad a décrété ce mercredi la création d’un Conseil supérieur pour les élections, rapporte l’agence de presse syrienne officielle, SANA. Ce décret s’inscrit dans la lignée des décrets pris par le président contesté, depuis le début de la révolte dans son pays. Début août, Bachar el-Assad avait autorisé le multipartisme. Quatre mois plus tôt, en avril, il avait officiellement levé l’état d’urgence, aboli la Cour de sûreté de l'Etat (un tribunal d’exception dont les jugements étaient sans appel) et promulgué un décret réglementant le droit à manifester.
Autant de décrets qui n'ont toutefois pas changé la situation sur le terrain.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), trois soldats déserteurs ont été tués et un officier, Ahmad al Khalaf, a succombé...

