Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a accusé lundi l'Occident de vouloir semer le "chaos total" en vue de "démanteler" la Syrie. Mike Segar/
L’Union européenne et les États-Unis font pression en faveur de sanctions de l'ONU contre la Syrie. Ils ont déjà imposé des sanctions au régime du président Bachar el-Assad en raison de la répression sanglante des manifestations qui a fait plus de 2 700 morts.
Sur le terrain, "trois civils ont été tués et sept autres ont été blessés durant un assaut donné par l'armée et des agents de la sécurité contre le quartier Bayyada à Homs" (centre), troisième ville de Syrie située à 160 km au nord de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'attaque aurait eu lieu après que des soldats insoumis ont incendié un char dans ce quartier. Par ailleurs, deux civils ont été tués à Jabal al-Zaouiya, dans la province d'Idleb (nord-ouest), près de la frontière turque, et un troisième dans la province de Deraa (sud), à la suite de tirs des forces de sécurité syriennes, selon la même source. Les forces de sécurité sont à la recherche de militants et de militaires insoumis, ont indiqué des militants sur place.
"Un civil a été tué à l'aube et cinq autres blessés par les tirs des forces de sécurité" qui menaient également des perquisitions dans la localité de Tafas, dans la province de Deraa où est né le mouvement de contestation. Dans la même région, "neuf personnes ont été arrêtées dans la localité de Tsil lors d'une campagne de perquisitions", selon la même source. Dans le gouvernorat de Homs, 20 personnes ont été blessées par l'armée qui à l'aube a mitraillé Rastane, une ville située à 180 km au nord de Damas, et de fortes explosions ont été entendues dans la ville.
Malgré la répression violente des manifestants, qui va en grandissant, des dizaines de lycéens ont manifesté dans les villes côtières de Jablé et Lattaquié, et à Deir Ezzor (est), pour la chute du régime, selon des témoins et des habitants.
Parallèlement, Al-Ghad, une alliance des militants sur le terrain, formée le 18 septembre, a accusé le pouvoir d'avoir "tué des personnalités scientifiques à Homs, en tentant de répéter le scénario des assassinats" qui avaient été perpétrés en Syrie dans les années 80. Al-Ghad "dénonce ces crimes odieux" et fait porter "la responsabilité du sang syrien qui coule sur le régime (...) qui a échoué à provoquer des dissensions confessionnelles à Homs, mais tente encore une fois de les aiguiser en visant des personnalités scientifiques", ajoute le communiqué. L'adjoint du doyen de la faculté d'architecture de l'Université Al-Baas à Homs, Mohammad Ali Aqil, et le directeur de l'école militaire de pétrochimie, Naël Dakhil, ont été assassinés lundi par des inconnus à Homs, avait annoncé l'OSDH.
A Paris, les autorités françaises ont lancé mardi un appel pressant pour la libération de Rafah Nached, psychanalyste syrienne de renom, arrêtée le 10 septembre à Damas, et dont l'état de santé "s'est fortement dégradé", selon ses proches. La scientifique, âgée de 66 ans, serait "sous le coup d’une possible inculpation pour +incitation au soulèvement, incitation au renversement du gouvernement et non respect de l'ordre public+" et risque jusqu'à 7 ans de prison, a affirmé sa famille.
Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé un "régime syrien (qui) va dans le mur" et que "l'Histoire a déjà condamné".
Des experts politiques ont prévenu qu'une militarisation de la révolte en Syrie, idée véhiculée par une poignée d'opposants au régime, mènerait inéluctablement à une guerre civile. "Le recours aux armes peut absolument mener à une guerre civile. S'il y a militarisation, plus personne ne pourra rien contrôler", prévient Agnès Levallois, experte du Moyen-Orient -elle.
L’Union européenne et les États-Unis font pression en faveur de sanctions de l'ONU contre la Syrie. Ils ont déjà imposé des sanctions au régime du président Bachar el-Assad en raison de la répression sanglante des manifestations qui a fait plus de 2 700 morts.
Sur le terrain, "trois civils ont été tués et sept autres ont été blessés durant un...

