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Économie - Syrie

La fin des importations entraîne une flambée des prix

L’annonce surprise d’une « suspension » des importations pour préserver les réserves en devises de la Syrie a suscité une brusque flambée des prix dans le pays, déjà soumis à de sévères sanctions économiques en raison de la répression du mouvement de contestation.
« Les prix des voitures ont déjà augmenté. Une Kia Rio qui valait la semaine dernière 725 000 LS (14 500 USD), je la vends aujourd’hui 900 000 LS (18 000 USD). Ce sont les clients qui vont faire les frais de cette mesure », assure un marchand de voitures, à Damas. En mai, les importations de voitures étaient tombées à 2 000 contre 20 000 en mars, date du début de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad.
Le gouvernement a surpris tout le monde en annonçant la semaine dernière « la suspension temporaire des importations de produits soumis à des taxes douanières supérieures à 5 %, tout en excluant de la liste certains articles essentiels qui ne sont pas fabriqués par l’industrie locale ».
Il a également adopté le projet de budget pour 2012 dont les dépenses s’élèvent à 26,5 milliards de dollars, soit une hausse de 58 % par rapport à cette année, a indiqué hier l’agence officielle SANA sans préciser ni les recettes ni le montant du déficit. Le pays est soumis à de sévères sanctions économiques européennes et américaines en raison de la répression.
Dans le quartier de Sabaa Bahrat, en plein cœur de Damas, un autre concessionnaire assure que les prix augmenteront de 100 à 200 000 LS (2 à 4 000 USD). « Je ne l’ai pas encore fait, mais tous mes concurrents ont sauté le pas », explique Adnane Halabi.
Pour le ministre de l’Économie et du Commerce, Mohammad Nidal al-Chaar, la fin des importations concerne « les produits de luxe et les voitures afin de préserver nos réserves en devises et redistribuer de l’argent aux couches défavorisées ». « Il s’agira aussi de donner l’occasion aux usines syriennes de fabriquer des produits dont l’importation a cessé et ainsi créer de nouveaux emplois », a-t-il ajouté.
En Syrie, depuis 2006, onze barèmes de douane existent, allant de 1 % à 60 %, et la suspension des importations concerne environ un quart des dix mille articles importés, cela va des voitures à l’ameublement, l’électroménager, le prêt-à-porter et certains produits alimentaires.
« Nous sommes revenus aux années 80, affirme un client. Tout était cher et il y avait peu de produits disponibles. » Le président Assad avait lancé après son accession au pouvoir en 2000 un vaste programme de libéralisation de l’économie permettant l’afflux de nombreuses marchandises qui auparavant n’arrivaient que par contrebande.
Selon les dernières statistiques du commerce extérieur en 2009, les importations se montaient à 14,7 milliards de dollars contre 9,7 milliards pour les exportations, soit un déficit de 4,6 milliards de dollars.
Jusqu’à présent, les économistes estimaient que les devises offraient une couverture des importations de 16 mois. La cessation des importations devrait accroître ce délai.
Un diplomate européen juge la mesure « inappropriée ». « La suspension des importations touchera les importateurs, appartenant à la grande bourgeoisie, les détaillants, c’est-à-dire les classes moyennes, et les employés car beaucoup de magasins risquent de fermer faute de clients », dit-il.
« Les seuls qui pourraient vraiment en profiter sont les contrebandiers, alors que le régime assure que beaucoup d’entre eux sont liés aux bandes armées », dit-il.
(Source : AFP)
L’annonce surprise d’une « suspension » des importations pour préserver les réserves en devises de la Syrie a suscité une brusque flambée des prix dans le pays, déjà soumis à de sévères sanctions économiques en raison de la répression du mouvement de contestation.« Les prix des voitures ont déjà augmenté. Une Kia Rio qui valait la semaine dernière 725 000 LS (14 500 USD), je la vends aujourd’hui 900 000 LS (18 000 USD). Ce sont les clients qui vont faire les frais de cette mesure », assure un marchand de voitures, à Damas. En mai, les importations de voitures étaient tombées à 2 000 contre 20 000 en mars, date du début de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad.Le gouvernement a surpris tout le monde en annonçant la semaine dernière « la suspension temporaire des importations de...
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