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Culture - Théâtre

« The Speaker’s Progress », ou la liberté de parole en péril

C’est au Tournesol que le réalisateur et acteur Suleiman al-Bassam a présenté sa pièce théâtrale « The Speaker’s Progress ». Une performance de haute qualité qui semble prendre l’actualité à bras-le-corps.

Une interaction constante entre la vie et le théâtre, si bien que le spectateur parvient à confondre le réel et le fictif.

Dans un pays sans identité à l’abri des bouleversements qui traversent la région du monde arabe, une équipe de chercheurs de grande renommée et de grande vertu (?), installés dans un laboratoire, vont s’atteler à comprendre et à décortiquer une pièce de théâtre interprétée dans les années soixante, faîte de l’âge d’or du pays. Ce pays qui, depuis, a vu disparaître son théâtre qui constituait une plate-forme de dialogue, va se retrouver comme perdu. Ainsi, au fur et à mesure que les chercheurs transformés en comédiens reprennent en une sorte de mimétisme le jeu des acteurs projeté sur écran géant, le vent de la liberté soufflera dans leurs paroles et dans tous leurs gestes. Ils s’en sortiront alors métamorphosés de cette expérience surprenante.

Le metteur en scène koweïtien, Suleiman al-Bassam
Sabab avait déjà concocté cette pièce en octobre 2010 bien avant que les mouvements arabes ne commencent. C’était comme une un texte prémonitoire. La pièce a été présentée dans plusieurs pays, notamment au Koweït dont le gouvernement a soutenu sans aucune censure ce travail au dialogue avant-gardiste. S’inspirant de travaux shakespeariens et surtout de La Douzième nuit, The Speaker’s Progress (wa Dar el-falak) dernière de la trilogie des ces pièces shakespeariennes, est une production du théâtre Sabab, créée en 2002 au Koweït, qui regroupe des comédiens de tous pays. Elle est une interaction constante entre la vie et le théâtre, si bien que le spectateur parvient à confondre le réel avec le fictif. Sur fond d’autodérision totale et dans une scénographie presque tridimensionnelle, le public assiste à la vacuité des paroles employées souvent par les gouverneurs, à l’endoctrinement et au panurgisme des citoyens, mais aussi à la liberté bafouée, méconnue. Aussitôt en possession de l’homme, cette liberté qui, jusque-là, lui était étrangère, ne sera que mal employée. Le réalisateur et acteur encadré par Carole Abboud, Nawar Youssef, Nicolas Daniel, Nassar el-Nassar, Amal Omrane et Fayez Kozak devient à son tour spectateur, s’interrogeant sur cette liberté prise de force par les peuples mais aussi sur le sort du théâtre et de toute création artistique.
À noter que l’acteur Fayçal el-Omeyri, contraint de rentrer au Koweït, suite au décès de sa mère, s’est vu son rôle repris haut la main par le comédien et directeur du théâtre Tournesol, Roger Assaf
Wa Dar el-falak ou The Speaker’s Progress est une performance théâtrale de 90 minutes où la direction et le jeu d’acteurs, la scénographie ou le décor ne pêchent d’aucune faiblesse. Dernière de la trilogie des pièces shakespeariennes, elle témoigne de l’exigence et du perfectionnisme de son auteur ainsi que son inventivité pleine d’une vigueur époustouflante.
Dans un pays sans identité à l’abri des bouleversements qui traversent la région du monde arabe, une équipe de chercheurs de grande renommée et de grande vertu (?), installés dans un laboratoire, vont s’atteler à comprendre et à décortiquer une pièce de théâtre interprétée dans les années soixante, faîte de l’âge d’or du pays. Ce pays qui, depuis, a vu disparaître son théâtre qui constituait une plate-forme de dialogue, va se retrouver comme perdu. Ainsi, au fur et à mesure que les chercheurs transformés en comédiens reprennent en une sorte de mimétisme le jeu des acteurs projeté sur écran géant, le vent de la liberté soufflera dans leurs paroles et dans tous leurs gestes. Ils s’en sortiront alors métamorphosés de cette expérience surprenante. Le metteur en scène koweïtien, Suleiman...
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