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Économie - Crise

La zone euro songe à renforcer son fonds de soutien

Les discussions sur le versement d’un nouveau prêt international à la Grèce traînent en longueur.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré hier que les Européens n’avaient « pas l’intention de renflouer » le Fonds de secours de la zone euro. Brendan Smialowski/AFP

L’Europe a indiqué hier envisager de muscler son Fonds de soutien pour les pays en difficulté afin de stopper la contagion de la crise de la dette. « Nous réfléchissons à la possibilité de doter le Fonds de soutien européen (FESF) d’un effet de levier plus important pour lui conférer plus de force », a déclaré la commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, dans un entretien paru hier au quotidien allemand Die Welt.
L’idée d’augmenter la puissance de feu du FESF est fortement suggérée par les États-Unis, de plus en plus impatients face aux atermoiements européens dans la réponse à apporter à la crise. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a réitéré ses appels du pied à l’occasion des réunions du FMI et du G20 à Washington le week-end dernier. Doté d’une capacité effective de prêts de 440 milliards d’euros, ce Fonds créé en 2010 n’a pas les reins assez solides pour venir en aide à l’Italie ou l’Espagne, aujourd’hui menacées par la crise de la dette. Plusieurs pistes sont évoquées : doter le mécanisme d’outils nouveaux pour accroître son effet de levier en gardant inchangées ses réserves financières, augmenter sa capacité de prêts, voire une combinaison des deux.
Des rumeurs de presse faisaient état hier d’un projet de quadruplement de la capacité de prêt du fonds à 2 000 milliards d’euros. Interrogée à ce sujet, la Commission européenne a estimé qu’il s’agissait de « spéculations prématurées » tandis que le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a assuré qu’il n’y avait pas de « plans » en ce sens. Un éventuel renforcement pourrait avoir du mal à passer auprès de certains États comme l’Allemagne. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a d’ailleurs déclaré hier que les Européens n’avaient « pas l’intention de renflouer » le Fonds de secours de la zone euro, le FESF.
La ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a estimé que dans un tel cas, il faudrait trouver un financement autre que l’argent des contribuables, reprenant l’idée d’une taxe sur les transactions financières.
Une autre option serait d’accorder au FESF une licence de banque traditionnelle. Il pourrait alors emprunter de l’argent frais auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour ensuite aider des pays en difficulté, dont il rachète la dette sur le marché obligataire dit « secondaire », où s’échangent les titres déjà en circulation. En garantie des emprunts auprès de la BCE, le Fonds fournirait justement de la dette publique de ces pays fragiles rachetés sur le marché. Problème : cela reviendrait à transformer la BCE en « bad bank », ou structure de défaisance pour obligations dépréciées, et constituerait un pas vers une mutualisation des pertes des États, ce que Berlin refuse catégoriquement.
Dans l’immédiat, l’Allemagne et la France jugent qu’il faut d’abord entériner l’accord de juillet étendant les pouvoirs du FESF, un processus qui ne devrait pas être achevé avant la mi-octobre. Jeudi, le Parlement allemand doit se prononcer sur ce sujet.
Autre urgence : le sauvetage de la Grèce. Athènes attend toujours le retour promis cette semaine des chefs de mission de la troïka de ses principaux bailleurs de fonds (UE, BCE et FMI). Aucune date n’est encore fixée. De ce retour, dépend le versement de la prochaine tranche de prêts de 8 milliards d’euros, vitale pour la Grèce. Or, des difficultés subsistent. Les créanciers veulent avoir des précisions sur le calendrier des privatisations et des réformes dans le pays ou encore la manière dont le gouvernement compte s’y prendre pour boucher les trous budgétaires en 2011 et 2012. La Commission européenne a exclu une décision lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, lundi prochain.
(Source : AFP)
L’Europe a indiqué hier envisager de muscler son Fonds de soutien pour les pays en difficulté afin de stopper la contagion de la crise de la dette. « Nous réfléchissons à la possibilité de doter le Fonds de soutien européen (FESF) d’un effet de levier plus important pour lui conférer plus de force », a déclaré la commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, dans un entretien paru hier au quotidien allemand Die Welt.L’idée d’augmenter la puissance de feu du FESF est fortement suggérée par les États-Unis, de plus en plus impatients face aux atermoiements européens dans la réponse à apporter à la crise. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a réitéré ses appels du pied à l’occasion des réunions du FMI et du G20 à Washington le week-end dernier. Doté d’une capacité...
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