L’ouverture des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale a été l’occasion pour la Française de montrer un terrain d’entente possible, à un moment où les marchés financiers mondiaux connaissaient un nouvel accès de fièvre. « Si le FMI peut être un bon entremetteur, je peux vous assurer que nous serons tous capables de mettre nos ego de côté, parce qu’ils ne sont franchement pas pertinents en comparaison avec les défis qui sont devant nous », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
Rappelons que les réunions des dernières semaines entre Américains et Européens ont donné lieu à des échanges acerbes, que ce soit à Marseille le 9 septembre (G7-Finances) ou à Wroclaw en Pologne le 17 (Eurogroupe). Les uns et les autres se renvoient la responsabilité de la rechute de l’économie mondiale dans ce que Mme Lagarde a appelé « une phase dangereuse » de la crise.
Le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a répété à mots couverts qu’il trouvait néfaste la politique de rigueur budgétaire européenne. « Les gouvernements devraient reconnaître que la croissance est le défi le plus grand qui se pose à nous dans le monde entier » et « adapter leur politique budgétaire, leur politique monétaire et leur politique financière au sens large pour reconnaître cette réalité nouvelle », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Washington. Dans un autre endroit de la capitale américaine, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a, lui, offert une réplique : « La position de l’UE est claire. Le ralentissement n’est pas une excuse pour cesser de mettre de l’ordre dans nos finances publiques. »
Mme Lagarde a donné raison aux uns et aux autres. Elle soutient le projet présenté le 8 septembre par le président américain Barack Obama pour aider la création d’emplois, et dont le coût a été chiffré par la Maison-Blanche à 447 milliards de dollars. Elle encourage aussi l’effort des pays engagés dans la baisse de leur déficit budgétaire. « Certains pays peuvent aider la croissance à court terme (...). Il est clair que les États-Unis me viennent à l’esprit immédiatement », a-t-elle indiqué. Mais « les pays avancés ont besoin de rééquilibrer leurs finances publiques », a-t-elle rappelé. « Des mesures à moyen terme, long terme, solides, bien ancrées qui chercheront effectivement à restaurer des finances publiques saines en réduisant les déficits, en stabilisant la dette et en la réduisant progressivement doivent figurer en tête de toutes les priorités dans ces économies », a souligné la dirigeante du FMI.
Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a pour sa part renvoyé les Occidentaux dos à dos. Selon lui, « l’Europe, le Japon et les États-Unis doivent agir pour s’attaquer à leurs graves problèmes économiques avant qu’ils ne deviennent encore plus graves pour le reste du monde ».
M. Geithner devait retrouver certains de ses homologues européens pour un dîner de travail des ministres des Finances et banquiers centraux des pays riches et émergents du G20, sous présidence française. Aucun communiqué n’est prévu à l’issue de cette rencontre.
Le gouvernement britannique a par ailleurs rendu publique une lettre de six pays du groupe (Australie, Canada, Corée du Sud, Indonésie, Mexique et Royaume-Uni) appelant la zone euro à « agir rapidement pour résoudre la crise » de la dette publique et rappelant aux États-Unis leur « rôle important » qu’ils doivent jouer « pour restaurer la confiance ».
(Source : AFP)

