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À La Une - Révolte

Erdogan redoute une guerre civile en Syrie

La Ligue arabe appelle Damas à mettre une fin "immédiate à l'effusion du sang".

En visite au Caire, le PM turc s'est rendu sur la tombe de l'ancien président égyptien, Anouar el-Sadate. Amr Abdallah Dalsh/

La situation en Syrie, théâtre depuis mars d'un vaste mouvement de contestation, inquiète la Turquie. Son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, redoute le pire. "Je crains que les choses ne tournent à la guerre civile entre alaouites et sunnites", a déclaré M. Erdogan dans un entretien réalisé la semaine dernière mais publié mardi par le quotidien égyptien Al-Chourouk. "Nous savons que l'élite alaouite domine au sein du régime, de l'armée et des forces de sécurité", a ajouté le Premier ministre turc, au début d'une tournée dans des pays du "Printemps arabe". "La colère du peuple est dirigée contre eux non seulement parce qu'ils sont un instrument du gouvernement, mais aussi en raison de leur confession, et le régime syrien joue cette carte dangereuse". Nombre de milices pro-gouvernementales accusées par les manifestants anti-régime d'aider les forces de l'ordre dans leurs opérations de répression sont alaouites, et "cela accroît le fossé entre eux et la majorité sunnite", a ajouté M. Erdogan.

Il a répété sa déception de voir M. Assad refuser d'"écouter la voie du peuple" qui réclame la démocratie dans des manifestations quasi-quotidiennes depuis le 15 mars, et ce malgré une répression qui a fait au moins 2.600 morts selon l'ONU. M. Assad doit se débarrasser de "ceux autour de lui qui insistent pour réprimer et briser la volonté du peuple syrien", sinon "il en paiera personnellement le prix", selon M. Erdogan.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs déclaré, mardi, à la tribune de la Ligue arabe au Caire que les demandes "légitimes" des peuples ne "pouvaient être réprimées par la force". "La liberté, la démocratie et les droits de l'Homme doivent être un mot d'ordre unificateur pour l'avenir de nos peuples", a-t-il dit lors de ce discours en langue turque au siège de l'institution panarabe dont il était l'invité.

Plus tard dans la soirée, M. Erdogan a déclaré que le peuple syrien ne croit plus Bachar el-Assad. "Alors que le bilan des morts civiles ne cessent d'augmenter en Syrie, nous constatons que les réformes ne se sont pas matérialisées et que les dirigeants n'ont pas parlé honnêtement. C'est impossible à croire. Et le peuple syrien ne croit pas Assad, moi non plus. Nous ne le croyons plus", a déclaré le Premier ministre turc lors d'un discours au Caire destiné à exposer sa vision pour le Proche-Orient.

 

 

La Ligue arabe hausse le ton

 

Le voisin de la Syrie n'est pas le seul à redouter une dégradation de la situation dans ce pays. Les ministres arabes des Affaires étrangères ont pressé mardi les autorités syriennes de mettre fin "immédiatement à l'effusion du sang".
Les ministres arabes ont souligné "la nécessité d'un changement immédiat qui conduirait à la protection du peuple syrien", a indiqué un communiqué lu par le président de la session, le chef de la diplomatie qatarie cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, à la clôture de la session ordinaire du Conseil de la Ligue arabe. Ce dernier a appelé le régime syrien à arrêter "la machine à tuer" et réclamé le retrait des villes de l'armée, qui mène des opérations à travers la Syrie pour mâter la contestation contre le régime.

 Allant plus loin que les mises en garde, hier, l'ONU est passée à l'action. Une commission d’enquête, dont la création avait été décidée par le Conseil des droits de l’Homme le 23 août dernier, a été officiellement formée lundi. Composée de trois experts internationaux, elle est chargée de faire la lumière sur les violations des droits de l’homme en Syrie depuis le début du soulèvement, y compris sur de possibles crimes contre l’humanité.

Toujours prêt à venir à la rescousse de Damas, Moscou s'est de nouveau opposée à l'adoption de sanctions contre le régime syrien. Le président russe Dmitri Medvedev a ainsi déclaré, lundi, qu’il n’était pas nécessaire d’exercer des "pressions supplémentaires" sur Damas, appelant à l’adoption d’une résolution "ferme mais équilibrée" sans sanctions "automatiques".

Face à la position russe, des militants prodémocratie ont appelé à "une journée de colère" aujourd’hui mardi. "Ne soutenez pas les assassins. Ne tuez pas les Syriens à cause de vos positions" appuyant le régime de Damas, ont écrit les militants à l’attention de Moscou sur leur page Facebook, moteur de la contestation. Ils ont appelé à manifester dans toutes les régions syriennes.

Par ailleurs, l'UE est en passe d'adopter un paquet de sanctions renforcées contre la Syrie, qui pourrait comprendre, outre une interdiction d'investissements pétroliers, l'interdiction d'alimenter la banque centrale syrienne en billets, ont indiqué mardi des diplomates à l'AFP. Les experts des 27 Etats européens, réunis à Bruxelles, ont trouvé "un accord politique sur l'interdiction de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier en Syrie, mais les discussions se poursuivent pour faire un paquet plus large en vue d'une adoption en début de semaine prochaine", a indiqué l'un d'entre eux.

 

 

Damas persiste et signe...

 

Sur le terrain, les autorités syriennes ont intensifié les arrestations de dissidents et les perquisitions dans toutes les régions de Syrie. Au moins 34 personnes ont été interpellées dans la ville de Zabadani à 50 km à l'ouest de Damas, où l'armée s'est déployée à l'aube, selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent la mobilisation.

"Les personnes arrêtées sont sauvagement frappées et maltraitées. Les maisons sont saccagées", a raconté un militant. Cette tactique a pour objectif de faire réduire les manifestations mais celles-ci "se poursuivent dans toutes les régions" de même que la répression qui a fait mardi au moins trois morts à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, et à Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). A Homs, le cadavre d'une homme kidnappé quatre jours auparavant a été remis à sa famille, et un deuxième est décédé des suites de blessures subies samedi lors d'opérations militaires, dans cette ville du centre du pays, a ajouté l'OSDH.

Par ailleurs, les ambassadeurs des Etats-Unis et de la France se sont rendus mardi à Darayya, dans la région de Damas, pour présenter leurs condoléances après le décès du militant Ghiyath Matar, mort sous la torture selon Human Rights Watch, ont indiqué des militants.

 

 

Voir par ailleurs : Pour Erdogan, la reconnaissance d'un Etat palestinien est une "obligation"

La situation en Syrie, théâtre depuis mars d'un vaste mouvement de contestation, inquiète la Turquie. Son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, redoute le pire. "Je crains que les choses ne tournent à la guerre civile entre alaouites et sunnites", a déclaré M. Erdogan dans un entretien réalisé la semaine dernière mais publié mardi par le quotidien égyptien Al-Chourouk. "Nous savons que l'élite alaouite domine au sein du régime, de l'armée et des forces de sécurité", a ajouté le Premier ministre turc, au début d'une tournée dans des pays du "Printemps arabe". "La colère du peuple est dirigée contre eux non seulement parce qu'ils sont un instrument du gouvernement, mais aussi en raison de leur confession, et le régime syrien joue cette carte dangereuse". Nombre de milices pro-gouvernementales accusées par les...
commentaires (2)

Mais de quelles Minorités qui vont s'unir parle-t-il encore ! Ah oui, c'est juste pour remplir. Et c'est qui la "bête " non sunnite ? Israel ? l'Iran ? ou les 2 alliés !

DAOU Fouad

13 h 42, le 13 septembre 2011

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Commentaires (2)

  • Mais de quelles Minorités qui vont s'unir parle-t-il encore ! Ah oui, c'est juste pour remplir. Et c'est qui la "bête " non sunnite ? Israel ? l'Iran ? ou les 2 alliés !

    DAOU Fouad

    13 h 42, le 13 septembre 2011

  • - - Je ne sais pas ce que pense le PM Erdogan , mais en tant que Leader Sunnite et porte parole incontesté des Sunnites Arabes et aussi du monde , puisque qu'il a été intronisé ainsi par je ne sais qui , avec l'aide de l'occident !! vu l'absence totale de porte parole et de leadership Sunnite Arabe , qui se trouvent balayé par leurs révolutions printanières !! je lui conseille en toute modestie de ne pas réveiller la bête " non Sunnite " de la région qui ne se laissera pas faire par ces fanatiques qui ne cherchent que la création d'états Sunnites Islamistes qui ne tiennent pas compte des autres confessions et des minorités dans la région , qui finiront par s'unir et forment déjà une force qui n'est pas a négliger , mais a prendre en considération ! Évidement , vous n'êtes pas obligé de me croire , mais pensez-y .

    JABBOUR André

    13 h 05, le 13 septembre 2011

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