Éric Bessone, un avant-goût de Monte-Carlo.
Son attirance pour le Liban remonte aux années 90. « Sans comprendre pourquoi, avoue-t-il, et comme par instinct, avant même de venir, j’ai ressenti un coup de cœur total. Sans doute l’impression que j’allais retrouver la Méditerranée telle que nos grands-pères nous la racontaient. Une facilité de vie et le sentiment que tout était possible. » Sans doute aussi le goût du sel, la couleur de la mer, pour ce Monégasque né à Monaco, de père italien, prononcez Bessoné, et de mère monégasque.
À18 ans, il s’installe à Paris, il y passera 11 ans, puis à Londres. Il travaille dans les médias planning d’agences de publicité. Début des années 90, il passe des vacances au Liban, qui lui confirment que ce coup de cœur était une véritable histoire d’amour. Il décide de s’y installer. « J’ai tout quitté sans réfléchir. Mais j’avais cette certitude de savoir où je voulais être. Je me suis tout de suite senti chez moi. » En 1992, il ouvre avec des amis « un endroit qui nous ressemblait, avec un jardin, pour discuter, boire, danser, peut-être. » Le Monkey Rose fera date à la rue Monnot, encore presque vierge. Durant 4 ans, le jeune homme à la barbe et aux cheveux alors longs, sillonne les rues de la ville accompagné de son inséparable chien avec qui, dira-t-il, « j’ai partagé ma vie ». Avec les mêmes associés, il ouvre également un restaurant baptisé Côté cour, côté cours des maisons de lady Cochrane. Et puis un jour, parce qu’il fallait investir plus et s’investir plus dans la restauration, chacun des compères s’en ira poursuivre sa carrière, abandonnée le temps d’une aventure. Bessone passe une année « très monacale », en Arabie saoudite. « C’était un virage. J’ai appris tout sur la culture arabe, j’ai beaucoup réfléchi. »
Monte-Carlo fait son show au Liban
Alors il repart. Destination Montréal, avec une escale à Monaco pour voir son père. « Comment vivre sans le chêne, la mer, sans être en extérieur ? » constate-t-il. Il s’installe donc sous le soleil et sur le Rocher, et devient responsable des relations publiques pour les casinos de la Société des bains de mer de Monte-Carlo (SBM). Avec 4 hôtels, 5 casinos, 55 bars et restaurants, la prestigieuse société, créée en 1863 par Ordonnance souveraine du prince Charles III, a largement contribué, à travers l’histoire, à construire et développer le rocher de Monaco. « Je suis leur sourire ! » dit-il en souriant.
Car Bessone est, depuis peu, le directeur marketing Moyen-Orient du groupe. Un vrai one-man-show pour l’ambassadeur du groupe. « Mon mode opératoire n’est pas de devenir une agence de voyages ! Connaissant la mentalité ici, j’ai trouvé beaucoup plus enrichissant de créer des événements croisés avec Monaco. J’aime l’idée que cette dernière a tant à offrir et que le Liban est un pays de talents. » Un échange de bons procédés artistiques, culturels ou mondains aura lieu tout au long de l’année. Il a commencé avec un échange de DJ ; celui du fameux Jimmy’s a été invité à animer une soirée au Sky Bar, qui a revêtu pour l’occasion les couleurs monégasques. Pendant que celui du Sky Bar chauffait l’ambiance du Jimmy’s. Dans le planning d’Éric Bessone, adressé à une palette diversifiée et des générations différentes, et conçue pour « faire partager la saveur de Monaco », figurent les ballets de Monte-Carlo au Casino du Liban du 2 au 6 novembre, le Festival de Jazz à Monte-Carlo, et beaucoup de surprises à venir. Et certainement de nombreux allers-retours à prévoir... « J’aime l’aventure, je suis toujours prêt à faire face à un challenge », affirme-t-il, visiblement ravi de se retrouver chez lui. Au Liban...

