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Moyen Orient et Monde - Syrie

Homs encore et toujours matée dans le sang

L’opposition lance un fervent appel à la communauté internationale.
Pour la deuxième journée consécutive, la répression du régime syrien a sévi à Homs. Les magasins étaient fermés, les télécommunications coupées, les snipers postés sur les toits et les hélicoptères, menaçants, survolaient la ville. Au moins 42 personnes ont été tuées par balles lors d’une incursion de blindés, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), faisant état de « dizaines de blessés ». En outre, huit blessés de la veille ont succombé à leurs blessures. Les forces de sécurité ont pénétré « dans le quartier de Bab Amro et ont arrêté plus de 150 personnes », a par ailleurs indiqué l’Observatoire. « Les nouveaux bains de sang à Homs sont un message au régime pour qu’il prenne conscience de notre détermination », a lancé un opposant face aux violences.
Une autre vague d’arrestations massives a été signalée dans le quartier Sanqatouri à Lattaquié.
Cette opération est survenue au lendemain d’une autre intervention musclée des forces de sécurité, qui a coûté la vie à 29 personnes, selon le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. L’agence SANA a annoncé de son côté que huit policiers et cinq « insurgés » avaient été tués mercredi à Homs. Elle a fait aussi état d’une « attaque avec des missiles antichars contre l’hôpital de Homs ».
Malgré ces violences, des manifestations nocturnes ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la ville.

Trois soldats insoumis tués
L’armée, chargée de mater la contestation, a en outre lancé une nouvelle opération dans le Nord-Ouest. « Des soldats et des membres des forces de sécurité à bord de sept véhicules blindés et de dix jeeps 4X4 ont lancé un assaut contre la localité d’Abline à Jabal el-Zawiya (Nord-Ouest) pour pourchasser des personnes recherchées », a indiqué l’OSDH, évoquant des tirs nourris, notamment à la mitrailleuse. Trois soldats « insoumis » ont été tués lors de cette opération, a affirmé M. Abdel Rahmane. « Les trois militaires ont été tués lors d’une perquisition au domicile du frère de l’officier déserteur Hussein Harmouche » et deux autres ont été arrêtés, a-t-il précisé, ajoutant que des « milliers de soldats qui souhaitaient déserter ont été arrêtés » et que « 200 prisonniers ont été tués sous la torture ».
L’officier Hussein Harmouche avait annoncé sa désertion de l’armée dans une vidéo diffusée début juin par plusieurs sites Internet et chaînes de télévision satellitaires arabes, en l’expliquant par son « refus de tuer des civils sans armes ». Il avait alors annoncé la formation des « Officiers libres syriens ». L’agence officielle SANA a présenté une toute autre version, citant une source militaire. Selon cette source, « trois membres des forces de sécurité ont été tués et trois autres ont été blessés » lors d’une opération menée à Abline, au cours de laquelle « des membres de groupes terroristes armés » ont été arrêtés. Certains d’entre eux ont été blessés et tués, selon l’agence qui n’évoque pas de bilan précis, mais signale la découverte d’une « grande quantité d’armes et de munitions et de tenues militaires ».
Les forces de sécurité et les chabbiha ont également envahi les localités de Basra al-Harir, Mhatta, al-Qalaa et Bab Idrib, Wadi Sayeh, Bustan el-Diwan (dans le mohafazat de Homs). Le militant Mohammad el-Khatib de Deraa a indiqué à al-Arabiya que les forces de sécurité ont investi des villages du mohafazat avec des tracteurs agricoles.

Les opposants syriens... et Medvedev
La contestation n’empêche pas les opposants de manifester notamment hier dans la nuit dans plusieurs villes de Hauran, à Deraa el-Balad, dans le quartier Qadam de Damas et à Hama. Tard dans la soirée, toujours selon al-Arabiya, de grosses explosions ont été entendues à Deraa et Deir ez-Zor. En outre, selon des militants cités par la chaîne, une grosse manifestation a eu lieu à Kfarsoussa, au centre de Damas.
Ces rassemblements ont eu lieu à la veille d’une grande mobilisation sous le slogan « Vendredi de la protection internationale ». « Où est la communauté internationale face à tout ce qui se passe ? » se demandent les contestataires sur leur page Facebook « The Syrian revolution 2011 ». « Les Syriens demandent à l’ONU d’adopter une résolution pour une mission d’observateurs permanents en Syrie, ont-ils écrit hier. Nous réclamons l’entrée d’observateurs internationaux, nous réclamons l’entrée des médias internationaux, nous réclamons la protection des civils. » Les militants ont à plusieurs reprises exprimé leur refus d’une intervention militaire étrangère en Syrie pour protéger la population civile comme c’est le cas en Libye, tout en dénonçant le « silence » international face à la répression sanglante de leur mouvement déclenché il y a six mois.
Signalons qu’à Djeddah, en Arabie saoudite, des dizaines de ressortissants syriens se sont rassemblés hier soir au bord de la mer Rouge pour protester contre la répression dans leur pays, ont indiqué des témoins.
Afin de tenter de faire cesser les violences, le chef de la Ligue arabe Nabil el-Arabi est attendu samedi en Syrie. Sa visite vise à soumettre à M. Assad un plan pour l’ « arrêt immédiat » de la répression et la tenue d’une présidentielle en 2014, à la fin de son mandat. Des rumeurs circulaient hier sur une éventuelle annulation de ce déplacement.
Enfin, le président russe Dmitri Medvedev a estimé qu’il fallait envoyer un « message sévère » à toutes les parties en Syrie, y compris à l’opposition, jugeant qu’on pouvait qualifier de « terroristes » certains de ses membres, dans un entretien sur la chaîne Euronews. « Ceux qui scandent des slogans antigouvernementaux sont des gens très divers. Certains d’entre eux sont, clairement, des extrémistes », a jugé M. Medvedev, dans cet entretien qui sera diffusé ce matin par la chaîne d’informations basée en France.
(Sources : agences et rédaction)
Pour la deuxième journée consécutive, la répression du régime syrien a sévi à Homs. Les magasins étaient fermés, les télécommunications coupées, les snipers postés sur les toits et les hélicoptères, menaçants, survolaient la ville. Au moins 42 personnes ont été tuées par balles lors d’une incursion de blindés, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), faisant état de « dizaines de blessés ». En outre, huit blessés de la veille ont succombé à leurs blessures. Les forces de sécurité ont pénétré « dans le quartier de Bab Amro et ont arrêté plus de 150 personnes », a par ailleurs indiqué l’Observatoire. « Les nouveaux bains de sang à Homs sont un message au régime pour qu’il prenne conscience de notre détermination », a lancé un opposant face aux violences.Une...
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