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À La Une - Libye

La CPI veut lancer Interpol aux trousses de Kadhafi

Les rebelles prennent le contrôle de la Vallée Rouge et se rapprochent de Syrte.

Des forces rebelles tirant des obus à partir d'Om El Khanfousa, non loin de Syrte. Esam Al-Fetor/

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a demandé jeudi à Interpol de délivrer une "notice rouge" contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, a annoncé son bureau. Les "notices rouges" d'Interpol visent à l'arrestation provisoire de personnes recherchées en vue de leur extradition ou de leur reddition à un tribunal international sur la base d'un mandat d'arrêt ou d'une décision de justice, rappelle le bureau du procureur de la CPI dans un communiqué. "L'arrestation de Kadhafi est une question de temps", souligne M. Moreno-Ocampo, cité dans le communiqué.
La CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre les trois hommes qui sont soupçonnés de crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le 15 février, date à laquelle avait éclaté la rébellion qui s'était ensuite transformée en conflit armé. Porte-parole officieux du régime libyen, Seif Al-Islam est considéré par le procureur de la CPI comme le "Premier ministre libyen de facto". Il est accusé d'avoir joué un "rôle clé dans la mise en oeuvre d'un plan" conçu par son père visant à "réprimer par tous les moyens" le soulèvement populaire de février, "dont l'utilisation de violence extrême et meurtrière".
Le bureau du procureur continue son "enquête impartiale" en Libye, souligne le communiqué. "Ce sont des crimes qui ne seront pas ignorés par la communauté internationale", assure M. Moreno-Ocampo.


Traqué de toutes parts, Mouammar Kadhafi a démenti jeudi dans un message sonore s'être enfui au Niger. "Il ne leur reste plus que la guerre psychologique et les mensonges", a-t-il dit dans un message audio diffusé par Arrai, une télévision arabe basée à Damas, devenue son unique canal de communication. "Nous sommes prêts à Tripoli et partout à intensifier les attaques contre les rats et les mercenaires", a-t-il encore menacé. Le passage lundi d'un important convoi de véhicules civils et militaires venant de Libye à Agadez, au nord du Niger, avait alimenté les spéculations sur sa fuite, avant une série de démentis. Les Etats-Unis avaient demandé mercredi aux pays frontaliers de la Libye, dont le Niger, de contrôler et sécuriser leurs frontières, les appelant notamment à "arrêter tout responsable du régime Kadhafi".
Interpol, organisation de coopération policière internationale basée à Lyon, diffuse ses "notices rouges" à ses 188 pays membres.
En Tunisie, un fidèle compagnon de Mouammar Kadhafi, Khouildi Hamidi, a été empêché de quitter le pays et son passeport confisqué, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

 

Parallèlement, sur le terrain, les forces du nouveau pouvoir en Libye ont pris le contrôle jeudi de la Vallée Rouge, se rapprochant ainsi de Syrte, un des derniers fiefs des partisans de l'ex-leader libyen. La Vallée rouge est située à une soixantaine de kilomètres à l'est de Syrte et était censée constituer l'une des principales lignes de défense des partisans de Mouammar Kadhafi dans ce secteur. "C'était une légende, nous avons réussi à prendre la zone", a commenté le commandant pro-rebelles Selim Nabous, l'un des principaux artisans de cette avancée, qui a fait 19 tués, dont 15 dans les rangs des pro-Kadhafi.

En trois jours d'attaques successives, les rebelles ont progressé d'environ 30 km vers Syrte, et les combats se poursuivaient jeudi en fin d'après-midi dans les faubourgs de la localité de Harawa (à une cinquantaine de km de Syrte), a-t-on constaté. Les villes de Syrte (360 km à l'est de Tripoli), Sebha (centre) et Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli) n'ont plus que deux jours pour déposer les armes, le Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion, leur ayant fixé un ultimatum expirant samedi, faute de quoi il décidera d'une offensive militaire.

Le CNT, qui contrôle la majeure partie du pays, a toutefois annoncé jeudi que la bataille pour la "libération" du pays n'était pas gagnée. "Nous faisons encore face au plus grand défi", a affirmé le numéro deux du Conseil, Mahmoud Jibril, à Tripoli.


Par ailleurs, l'OTAN, qui poursuit ses frappes aériennes mais avec une cadence beaucoup plus faible, poursuivra ses opérations "tant que subsistera une menace" des forces loyales à Kadhafi, a réaffirmé jeudi le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.


Et au moment où les nouvelles autorités s'installent progressivement à Tripoli, le Conseil de sécurité va discuter vendredi d'une mission de l'ONU de trois mois en Libye pour aider le nouveau pouvoir à réformer la police et la justice et à préparer les élections dans un pays ravagé par plus de six mois de conflit.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a demandé jeudi à Interpol de délivrer une "notice rouge" contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, a annoncé son bureau. Les "notices rouges" d'Interpol visent à l'arrestation provisoire de personnes recherchées en vue de leur extradition ou de leur reddition à un tribunal international sur la base d'un mandat d'arrêt ou d'une décision de justice, rappelle le bureau du procureur de la CPI dans un communiqué. "L'arrestation de Kadhafi est une question de temps", souligne M. Moreno-Ocampo, cité dans le communiqué.La CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre les trois hommes qui sont soupçonnés de crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le...
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