Depuis deux semaines au moins, les yeux des Libanais sont donc fixés sur le plan de l’électricité, ses détails et les hypothèses concernant son sort. S’ils ont appris à jongler avec les mégawatts et s’ils ont appris par cœur le montant du coût global (1,2 milliard de dollars), ils ne comprennent toujours pas pourquoi un plan – même de cette importance –, dans une affaire qui concerne le quotidien de tous les Libanais, peut faire l’objet de tant de tractations. D’autant que le plan avait été adopté par le précédent gouvernement et repris dans la déclaration ministérielle de celui-ci.
La réalité est pourtant plus politique. Le plan de l’électricité résume les relations difficiles entre le général Michel Aoun et certains de ses partenaires au sein de la majorité. Si le Hezbollah a décidé de l’appuyer pour des considérations stratégiques portant sur sa volonté de ne pas se retrouver isolé sur le plan confessionnel, et si le président de la Chambre a choisi de suivre cette voie pour des raisons différentes, alors que le ministre Frangié préfère faire front avec lui, le chef du CPL dérange d’autres parties. Avec le président de la République, il y a toujours un fond de rivalité, alors que le Premier ministre n’a pas oublié les épreuves que lui a fait subir Aoun dans la période précédant la formation du gouvernement. Quant à Walid Joumblatt, qui pense déjà aux élections législatives de 2013 et qui songe à s’allier avec lui dans certaines régions, il craint que Aoun ait trop d’exigences et qu’il ne soit pas aussi malléable que les précédents alliés chrétiens. Toutes ces parties ont ainsi intérêt à affaiblir le chef du CPL qui s’est présenté en grand gagnant avec la formation du gouvernement dans lequel il a dix ministres (et demi, puisque le ministre de l’Intérieur a été choisi en commun avec le chef de l’État) et des portefeuilles importants. Le projet de l’électricité est arrivé à point nommé pour égratigner le général et son ministre Gebran Bassil. D’abord, il s’agissait pour le gouvernement de se réapproprier le projet que le général Aoun avait présenté au Parlement. C’est désormais chose faite. L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais Aoun et ses ministres ont haussé le ton, entraînant une riposte et un durcissement des positions du camp qui leur fait face. Les détails se sont étalés dans les journaux et les propos sont devenus de plus en plus violents, rendant les compromis difficiles à trouver. Le morcellement du financement du plan proposé par le ministre des Finances Mohammad Safadi a ainsi posé un nouveau problème entre ceux qui veulent un financement par le biais des Caisses du Golfe avec des intérêt réduits et ceux qui préfèrent accepter l’offre faite par le président iranien au cours de sa visite au Liban. De même, la proposition de créer un organisme de régulation du ministère, dont la présidence serait confiée au vice-président du Conseil Samir Mokbel et dans lequel le ministre de l’Énergie et de l’Eau ne serait que membre est assez étrange : pourquoi faut-il soumettre ce ministère à une tutelle alors qu’il a déjà, lui, la tutelle de l’EDL ? Pourquoi aussi ne pas en faire de même avec les autres ministères et alourdir encore plus les procédures administratives ? Par ailleurs, si le gouvernement acceptait le plan, d’autres ministres pourraient à leur tour réclamer des crédits importants pour d’autres plans de relance...
En somme, chaque point devient un sujet de débat et plombe encore plus des relations déjà suffisamment compliquées, en raison du manque de confiance entre les divers partenaires. Pourtant, toutes les parties participant au gouvernement sont encore convaincues qu’il est préférable de le maintenir au lieu de laisser la place vacante ou de le transformer en gouvernement démissionnaire chargé des affaires courantes. Il va falloir donc déployer des trésors d’ingéniosité avant la réunion du Conseil des ministres pour éviter le clash entre les alliés au sein de la majorité. Le général Aoun a d’ailleurs laissé une petite fenêtre ouverte hier lorsqu’il a déclaré : « Nous pourrions être coulants sur certains détails, mais nous refusons un sabotage du plan... »
Si le gouvernement réussit à passer le cap du plan électrique (ce qui reste probable), il devra affronter un nouveau dilemme avec l’arrivée au Liban d’un haut responsable du TSL pour soulever la question du financement à laquelle certains ministres s’opposent. Ce conflit finira aussi par être surmonté, à la manière libanaise, avec un accord gouvernemental et une position de principe de rejet du tribunal. Mais à chaque nouveau débat, le gouvernement perd de sa crédibilité face à une opposition qui boit du petit lait, elle qui qualifie le plan Bassil de « ramassis incohérent », accusant le ministre de vouloir « échapper à la surveillance des Fonds arabes » en évitant de puiser le financement auprès d’eux.
Est-ce pour prendre ses distances que Walid Joumblatt a effectué hier une visite de quelques heures en Libye? Les spéculations vont bon train. Faute d’électricité, on tâtonne dans le noir.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Je ne vois rien d'inextricable dans tout ça, c'est toujours le drame avant l'accord auquel tout le monde à intérêt finalement. Le gouvernement a le choix entre le plan arabe ou iranien, c'est une option qui devrait servir ses engagements futurs. Tout le reste n'est que question de personne, et au Liban il est interdit qu'un groupe prime sur l'autre, ce coup ci c'est le GMA qui est visé, il récolte les fruits de la rançon de son succés politique. Bien entendu, il est question de croquage de cola comme le sous entend Christian, mais chut , on ne vise personne. Et pour paraphraser Tina, la lumière se fait dans notre esprit par cette ampoule que nous livre Scarlett.Souvent.
06 h 30, le 07 septembre 2011