Toutefois, sur le terrain, les forces de sécurité ne cessent de traquer, d’arrêter ou de tuer au quotidien, dans les grandes villes comme dans les villages reculés. Au moins treize civils ont été tués hier par des tirs de l’armée et des forces de sécurité – dont 12 à Homs et ses environs – tandis que Hama, ville traditionnellement hostile au clan Assad, était visée par une offensive militaire d’envergure. Parmi les morts figurent « un homme et son fils tués par des tirs dans le quartier de Boustan al-Diwane à Homs alors qu’ils circulaient en mobylette », selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui fait état également de l’arrestation de plus de 80 personnes à Khalidiya, un quartier de la ville. Quatre civils ont été également tués par des tirs qui ont visé un bus transportant des employés de la Compagnie syrienne pour le transport de pétrole, branche de Homs. Par ailleurs, « une personne a été tuée dans la région d’Idleb par des tirs de snipers alors qu’elle tentait de traverser la frontière turque », selon Omar Idlebi, porte-parole des Comités locaux de coordination (LCC), un des mouvements animant la contestation. En outre, des arrestations ont eu lieu à as-Sabil, dans les environs de Maarat el-Nohman (région d’Idleb), selon les LCC, précisant que le village était encerclé par des blindés.
Près du village de Rami à Jabal al-Zawiya, « une fosse commune contenant sept cadavres en décomposition a été découverte », d’après les LCC, qui ajoutent que « les habitants ont tenté de les retirer mais l’armée les a poursuivis et s’est déployée massivement dans la zone ». À Hama, « plus de 30 véhicules militaires et de la sécurité ont fait une incursion ce matin, et des tirs nourris ont été entendus dans la ville », selon M. Idlebi. Près de la frontière avec la Turquie, plusieurs Syriens ont été blessés hier alors que l’armée syrienne a investi les villages de Ain el-Beida et Khirbet el-Joz, provoquant la fuite vers la Turquie de plusieurs centaines de personnes, selon des sources concordantes et des sites Internet.
Tout en menant ses opérations meurtrières dans le pays, le régime syrien a autorisé pour la première fois la Croix-Rouge internationale (CICR) à accéder à la prison centrale de Damas. Les visites des délégués du CICR ont commencé le 4 septembre, selon un communiqué de l’organisation, précisant que son président Jakob Kellenberger avait rencontré le président syrien Bachar el-Assad. Les délégués du CICR pourront d’abord visiter des prisonniers détenus sur ordre du ministère de l’Intérieur, et « nous espérons bientôt pouvoir rendre visite à tous les détenus », a indiqué M. Kellenberger. « C’est un pas important pour nos activités humanitaires en Syrie », a-t-il dit.
(Sources : agences et rédaction)

