Interrogé sur les événements en Syrie, Samir Geagea a estimé, dans le cadre d’un entretien à la MTV, que la situation évolue dans le sens de la chute du régime, dans la mesure où la révolution « gagne tous les jours en ampleur », aussi bien sur le plan de la contestation populaire au niveau interne que du ralliement arabe et international à la cause des révolutionnaires. Selon lui, le régime syrien a « perdu tous ses points d’appui, internes comme externes », et « la balance penche désormais en faveur des révolutionnaires ». Le chef des FL a écarté la thèse d’une guerre civile en Syrie, estimant que l’exemple libyen avait montré, malgré des prédictions similaires, qu’un tel scénario n’a pas eu lieu. « Je ne vois pas de guerre civile. La situation sera tranchée dans un sens ou dans l’autre. Tout semble montrer jusqu’à présent qu’elle le sera en faveur d’un camp et pas de l’autre », a-t-il dit. Il a également estimé qu’à son avis rien ne modifierait plus l’attitude internationale, désormais hostile au maintien de ce régime, et ce même s’il devait consentir à rompre ses liens avec l’Iran, par exemple. « C’est trop tard. Tout ce que le président syrien peut gagner ainsi, c’est une sortie plus douce », a-t-il dit.
Samir Geagea a par ailleurs fermement critiqué la position du ministre libanais des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qui avait été le seul à se démarquer lors de la réunion de la Ligue arabe et à défendre ouvertement le régime syrien, en feignant d’ignorer le communiqué de la Ligue sur la situation en Syrie. « Nous pouvons nous permettre de nous mettre une vingtaine de pays à dos alors qu’ils nous traitent bien, mais nous défendons le régime syrien alors qu’il nous donne des coups de bâton ! » s’est-il indigné. « Je refuse cette attitude en tant que citoyen libanais », a-t-il souligné, avant de dénoncer de la même manière la position du Liban au Conseil de sécurité de l’ONU, rappelant que même les alliés du régime syrien comme la Russie et la Chine ont entériné la déclaration présidentielle sur la Syrie, alors que le Liban avait été le seul à s’abstenir. « À quoi sert l’entité libanaise si c’est pour vivre dans la crainte de la Syrie, si elle doit utiliser cette entité comme paillasson, et si cette entité accepte, par ce biais, d’être le paillasson de la Syrie ? » a ajouté le chef des FL.
Sur le même ton catégorique, M. Geagea a condamné l’attitude qui cherche à suggérer que le régime syrien ne devrait pas tomber « parce qu’il protège les chrétiens ». « Si la présence chrétienne est celle d’un troupeau de moutons, si c’est d’aller se cacher dans les replis des pantalons de dictateurs, je n’en veux pas personnellement. Si la présence chrétienne se limite à manger, boire et dormir à l’ombre des dictateurs, elle ne sert plus à rien. Cela voudrait dire qu’il n’y a plus de présence chrétienne », a-t-il lancé. Il a ensuite dénoncé « l’épouvantail des régimes sunnites fondamentalistes », inlassablement brandi face aux chrétiens pour justifier la nécessité du maintien du régime syrien. « Si de tels régimes apparaissent, nous serons les premiers à les combattre. Mais pourquoi considérer que les événements vont nécessairement dans ce sens ? » a-t-il dit, estimant qu’il existe une manipulation dans la manière de présenter la situation régionale comme particulièrement sombre pour les chrétiens d’Orient. Selon lui, plus de chiites et de sunnites sont morts en Irak que de chrétiens depuis 2003, et, en Égypte, les coptes ont pu manifester pour la première fois sur la place publique ou occuper des responsabilités publiques depuis la révolution, ce qui était impensable auparavant. « En tant que chrétiens, nous voulons la démocratie et la liberté. Devons-nous figer la marche de l’histoire rien que parce que ce régime (à Damas) serait potentiellement meilleur pour nous ? » a-t-il ajouté, estimant que « l’ensemble de l’approche chrétienne est faux à ce niveau ».
Concernant le Hezbollah, Samir Geagea a estimé qu’après la chute du régime syrien, une partie des orphelins du régime se retrouveraient autour de ce parti pour tenter de créer une nouvelle dynamique. Mais le chef des FL a tenu à adresser un « message sincère » au Hezb. « Les conditions régionales et internationales qui lui ont permis d’exister en tant qu’aile paramilitaire et sécuritaire sont en train de disparaître. Il ne peut plus perdurer tel qu’il est. C’est pourquoi il lui est demandé de prendre une décision courageuse et stratégique, celle de se transformer en parti politique et de reconstruire le pays avec nous. Cela va se produire de toute façon, mais essayons d’éviter à tout le monde, et au pays en général, encore plus de sang et de larmes. De toute façon, il ne pourra pas garder ses armes. La différence, c’est le prix à payer pour nous tous », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Le Hezb n’est peut-être pas dans cet état d’esprit, mais cela ne veut pas dire que c’est le bon. Son état d’esprit actuel n’exprime pas sa réalité stratégique. »
Concernant la crise sur le dossier de l’électricité, Samir Geagea a qualifié la scène de « surréaliste », tout en estimant que l’affaire n’entraînerait pas la chute du gouvernement, dans la mesure où une telle décision n’est pas liée au Courant patriotique libre, mais « à la partie même qui a créé ce gouvernement, et qui, ultimement, sera responsable de son effondrement ». Samir Geagea a regretté l’attitude du CPL dans cette affaire et du ministre de l’Énergie Gebran Bassil, estimant que ces derniers ne veulent même pas accepter l’idée d’un débat interne sur le projet, même avec leurs alliés. Il a également rejeté le chantage opéré par le CPL lorsqu’il dit aux Libanais que, pour avoir le courant électrique, son projet doit nécessairement passer. Il a également estimé qu’une médiation du Hezbollah était inutile, mais que le parti avait pris cette initiative dans la mesure, justement, où le CPL refuse de suivre le circuit institutionnel normal requis lorsque ce genre de projet, notamment aussi coûteux, est présenté.
Samir Geagea a par ailleurs fait très peu de cas de la théorie selon laquelle le Hezbollah s’accommoderait mieux d’un cabinet d’expédition des affaires courantes dans le cadre de sa lutte contre le TSL. « Les engagements à l’égard de la communauté internationale resteraient les mêmes, notamment en ce qui concerne le financement du TSL, en cas de cabinet d’expédition des affaires courantes », a-t-il dit. Mais il a mis en garde contre « les conséquences » qu’entraînerait une confrontation de la part du gouvernement libanais avec la communauté internationale, surtout en ces moments de « grand dynamisme » de la part de cette dernière. « Il y a un risque énorme pour le gouvernement d’être placé, à ce moment-là, dans le même sac que le régime syrien », a-t-il averti. « Le Premier ministre Mikati le sait bien. Il voit le caractère sérieux de tout ce qui se produit dans la région », a-t-il noté. Mais, selon M. Geagea, il ne faut pas non plus « négliger le pragmatisme du Hezbollah ». « Si ce dernier examine les pertes et profits dans son choix entre financer le tribunal et sombrer dans l’isolement, il risque bien d’opter pour le premier choix », a-t-il souligné.


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Elie Khoueiry Pour votre info je n'ai jamais levé quelque drapeau que ce soit !! ridicule ! j'ai dépassé cet age depuis longtemps moi. les syriens sont le dernier de mes soucis , je ne suis pas 8 Mars mais j'approuve leur vision que je préfère de loin à ceux que vous soutenez,mais je continue de vous reprocher de n'etre que partisan des FL et du fait que toutes vos explications sont sur 2 thèmes: 1/ votre detestation des forces actuelles du gouvernement que sont le CPL et le Hezbollah !! 2/ Votre vie limitée au passé et inconditionnelle aux FL et de ne parler que des chrétiens ,ce type meme de confessionnalisme desuet et dépassé Quand à votre vote pour Harper c'est l'avant dernier de mes soucis. Je vote pour Abdoulaye Wade. Ali Badredinne P.S: OLJ publiez ce commentaire qui n'a rien d'insultant
13 h 34, le 07 septembre 2011