La liberté est mon sujet tabou. Je n’en parle jamais. En l’étudiant, je suis passée à côté. Les philosophes en ont parlé mais moi, de la philosophie je n’ai retenu que l’affirmation aussi réconfortante que les genoux de ma mère : « Je sais une chose... c’est que je ne sais rien. » Message sans bouteille tombé à l’eau. Trempé. Dilué. Je pensais qu’on ne peut pas être libre sans se perdre pour un jour se trouver. Alors je ne suis jamais partie. Car tout paraît tellement plus simple quand on sait ce que l’on veut. Et qu’on le délaisse, découragés par un vent amer et un cliquetis de fenêtre rouillée. Et ce vide à combler dans le champ de vision au réveil et les parenthèses qu’on passe sous silence parce que, finalement, elles ne changent rien au sens de la phrase. Elles précisent. Elles expliquent. Elles éloignent du thème principal, ce grand thème de la vie qu’on découvre dans des brochures d’orientation sans boussole pour nous guider. Tu ne vis pas ta liberté. Elle te possède. Liberté, amour, beauté... tout se confond et devient toi, tu deviens elle, tu es le monde qui s’anime, ton sang palpite dans tes veines, c’est l’orgasme de la vie. L’asphyxie de la vie... Quelque chose s’est cassé en moi cette année. Comme une barrière. Un miroir. Je regarde au travers et je ne vois plus rien. Rien d’autre que le vide, ce vide qui comble ma volonté de croire. Mais ce vide d’abstrait m’interpelle et m’érafle. On peut être libre quand on ne croit en rien, en rien d’autre qu’en soi, moi qui ne sais rien. Quand je plonge en moi, je ne vois que moi. Et toujours pas de boussole pour m’indiquer le chemin. La liberté dont je te parle, c’est la solitude. Pour être libre, il faut être soi et soi sans rien, soi face à soi dans l’immensité d’un vide à combler. La solitude ne se vit pas. Elle te possède. La liberté est égoïste. Exclusive. Possessive. Elle n’admet pas qu’on la partage. L’homme n’aime pas être seul. Voilà pourquoi on préfère en parler plutôt qu’en vivre. La liberté, c’est toi. Les philosophes n’en savent rien.
La liberté est mon sujet tabou. Je n’en parle jamais. En l’étudiant, je suis passée à côté. Les philosophes en ont parlé mais moi, de la philosophie je n’ai retenu que l’affirmation aussi réconfortante que les genoux de ma mère : « Je sais une chose... c’est que je ne sais rien. » Message sans bouteille tombé à l’eau. Trempé. Dilué. Je pensais qu’on ne peut pas être libre sans se perdre pour un jour se trouver. Alors je ne suis jamais partie. Car tout paraît tellement plus simple quand on sait ce que l’on veut. Et qu’on le délaisse, découragés par un vent amer et un cliquetis de fenêtre rouillée. Et ce vide à combler dans le champ de vision au réveil et les parenthèses qu’on passe sous silence parce que, finalement, elles ne changent rien au sens de la phrase. Elles précisent. Elles...
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