Rechercher
Rechercher

Les Etats-Unis, dix ans plus tard

Les musulmans aux Etats-Unis : une communauté intégrée, mais sur ses gardes

Un Américain participe à une manifestation organisée le 22 août 2010 en soutien au projet de construction d'un centre culturel islamique et d'une mosquée, près de Ground Zero, à New York. DON EMMERT/

Comme chaque 11 septembre, les musulmans de Sterling (États-Unis) organisent une prière œcuménique à la mémoire des victimes des attentats et demandent une protection renforcée de la police. Quoique bien intégrée,  la communauté musulmane des États-Unis reste pourtant sur ses gardes. Pour elle, le 10e anniversaire du 11-Septembre revêt un double enjeu: "réaffirmer notre engagement contre le terrorisme" et se prémunir de violences toujours possibles, dit Rizwan Jaka, un dirigeant du Centre Adams de Sterling, à 30 km à l'ouest de Washington, en Virginie. Ce jour-là, "tous les Américains, toutes les communautés, ont été attaqués. Des musulmans ont été tués", rappelle ce responsable d'une des plus importantes communautés musulmanes du pays. "Pour ce 10e anniversaire, nous sommes soulagés, comme tous les Américains. Oussama Ben Laden est mort, justice a été rendue", dit-il.

 

Mais il demandera la protection de la police: "Nous devons rester sur nos gardes". Car depuis 2001, les insultes, les actes de vandalisme et les mesures vexatoires à l'égard des musulmans se sont apaisés sans cesser pour autant. Selon les chiffres du FBI, la police fédérale, 481 "crimes haineux" ("hate crimes") ont été répertoriés en 2001, contre 28 en 2000, quelque 150 jusqu'en 2006, autour de la centaine depuis. Et chaque événement prend une portée nationale ou internationale. La construction d'un futur centre culturel islamique - comprenant une mosquée - près de "Ground Zero" à New York, a créé la polémique. Selon l'institut de recherche Pew, 60% des Américains sont contre. Les projets de constructions de ce type ont fait en 2009 et 2010 l'objet de résistances dans 35 villes américaines.

 

En 2010, des musulmans étaient toujours victimes de discriminations à l'emploi et au logement, de brimades à l'école, de tracasseries à l'immigration, selon l'American-Arab Anti-Discrimination Committee, une organisation de défense. L'an dernier, le projet d'un obscur pasteur intégriste de Floride de brûler publiquement le Coran a fait la une des journaux du monde entier.

 

Une dizaine d’États tentent actuellement de passer des lois stigmatisant les musulmans, selon Dawud Walid, un responsable de CAIR, une association de défense pour qui "la surveillance policière des musulmans s'est généralisée".

De fait, le pays se pose maintenant la question de la menace intérieure. Selon Charles Kurzman, sociologue à l'université de Caroline du Nord, 161 attentats ont été projetés ou perpétrés par des musulmans américains en dix ans. Onze menés à terme ont fait 33 morts, dont la tuerie de Fort Hood au Texas (13 morts en 2009). Sur 120 projets, 48 ont été déjoués grâce aux informations données par les musulmans eux-mêmes. Car la communauté, forte de 2,6 millions de personnes (0,6% de la population), est plutôt bien intégrée aux États-Unis. Selon un sondage Gallup, sept musulmans sur dix s'y sentent bien, et pour huit sur dix ce sera encore mieux dans cinq ans.

 

A Sterling, Yasmine, 18 ans, sort de la salle de prières: "Critiquer l'Amérique ne vous rend pas moins américain, mais plus américain. Quand on aime quelque chose, on veut l'améliorer". Le plus ennuyeux pour elle est d'être "sur la défensive parce que je suis musulmane. Je ne devrais pas avoir à m'excuser pour les actions de terroristes qui n'ont rien à voir avec moi".

Comme chaque 11 septembre, les musulmans de Sterling (États-Unis) organisent une prière œcuménique à la mémoire des victimes des attentats et demandent une protection renforcée de la police. Quoique bien intégrée,  la communauté musulmane des États-Unis reste pourtant sur ses gardes. Pour elle, le 10e anniversaire du 11-Septembre revêt un double enjeu: "réaffirmer notre engagement contre le terrorisme" et se prémunir de violences toujours possibles, dit Rizwan Jaka, un dirigeant du Centre Adams de Sterling, à 30 km à l'ouest de Washington, en Virginie. Ce jour-là, "tous les Américains, toutes les communautés, ont été attaqués. Des musulmans ont été tués", rappelle ce responsable d'une des plus importantes communautés musulmanes du pays. "Pour ce 10e anniversaire, nous sommes soulagés, comme tous les...