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Les Etats-Unis, dix ans plus tard

Pour les proches des victimes, la peine est toujours vive

Pour les proches des victimes, le chagrin était ce jour-là inconsolable. Jeff Christensen/

Pour Julie Griffin et Allie Stahlman, le 10e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 ne marque pas seulement un des jours les plus sombres de l'histoire des Etats-Unis, mais aussi le plus triste de leurs jeunes vies. Julie Griffin avait neuf ans et Allie Stahlman presque sept quand leurs pères ont été tués dans l'attentat contre la tour nord du World Trade Center à New York.

 

Dix ans après, le chagrin est le même. "C'est dur de penser que je vis sans mon père depuis dix ans, mais est-ce que cela ira mieux quand j'en aurai 20, 30 ou 40 ?", demande Julie, à l'occasion d'une colonie de vacances d'une semaine qui regroupe des jeunes ayant perdu un proche dans un attentat. "Chaque anniversaire est difficile, quel que soit son numéro, parce que cela nous rappelle qu'ils sont partis", dit-elle. "Et on n'oublie pas le 11-Septembre pendant un an en attendant le prochain anniversaire, on vit avec tous les jours".

 

Pour Allie Stahlman, le chagrin remonte à la surface à chaque événement lui rappelant que son père n'est plus là.

"Quinze jours après la mort de mon père, il y avait un bal dans ma ville où les pères devaient danser avec leur fille. Et moi, je ne pouvais pas y aller", se souvient-elle. "Je n'ai pu fêter mes 16 ans avec lui, et je sais que plus tard, il ne me conduira pas à l'église le jour de mon mariage". "Ce ne sont pas les anniversaires, ce ne sont pas les jours où il fait un beau ciel bleu, comme le 11 septembre 2001, qui sont les plus durs. Ce sont les jours où je voudrais être avec lui, et que je ne peux pas", dit-elle.

 

Martine Saada, elle, revit le 11-Septembre "comme si c’était hier". Son fils Thierry travaillait comme courtier au 104e étage de la tour nord du World Trade Center. Chaque année, Mme Sadda, dentiste à Aubervilliers, en France, se rend à New York pour les commémorations des attaques. "Notre fils nous manque encore plus avec le temps", constate-t-elle. "Depuis, je ne peux plus danser, (...) on oublie de se distraire", dit-elle à la fois digne et abattue. Thierry Saada avait 26 ans et allait devenir père. Il fait partie des cinq Français tués dans les attaques.

 

Le premier anniversaire était "terrible" : "ça donnait l'impression d'un très grand enterrement", dit-elle. Cette ville, "on y est viscéralement attachés" depuis le drame, raconte-t-elle. Deux de ses enfants y vivent ainsi que le fils de Thierry, Lior, né quelques jours après les attentats. "Il ne comprend pas pourquoi ça lui est arrivé à lui et pense qu'un jour il va revoir son père", rapporte la grand-mère.

Quant à la mort de Ben Laden le 2 mai, elle "n'a rien changé à notre douleur". "Tant mieux qu'il ait disparu, il ne fera plus d'émules, mais ça ne ramène pas notre fils, souligne Martine Saada. Quand on l'a appris, mon mari et moi, on n'a plus parlé. On n'a pas sauté de joie".

 

Pour Julie Griffin et Allie Stahlman, le 10e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 ne marque pas seulement un des jours les plus sombres de l'histoire des Etats-Unis, mais aussi le plus triste de leurs jeunes vies. Julie Griffin avait neuf ans et Allie Stahlman presque sept quand leurs pères ont été tués dans l'attentat contre la tour nord du World Trade Center à New York.
 
Dix ans après, le chagrin est le même. "C'est dur de penser que je vis sans mon père depuis dix ans, mais est-ce que cela ira mieux quand j'en aurai 20, 30 ou 40 ?", demande Julie, à l'occasion d'une colonie de vacances d'une semaine qui regroupe des jeunes ayant perdu un proche dans un attentat. "Chaque anniversaire est difficile, quel que soit son numéro, parce que cela nous rappelle qu'ils sont partis", dit-elle. "Et on n'oublie pas le...