Rechercher
Rechercher

Les Etats-Unis, dix ans plus tard

Pour la commission d'enquête, les recommandations restent ignorées

Des enquêteurs du FBI à la recherche d'indices près du Pentagone, le lendemain de l'attaque contre le bâtiment le 11 septembre 2001. Larry Downing/

Les États-Unis ont fait des progrès dans leur lutte contre l'extrémisme, ces dernières années, mais restent vulnérables, juge l'ex-président de la Commission nationale d'enquête sur les attentats du 11-Septembre, déplorant que des recommandations émises en 2004 aient été ignorées.

 

"Nous sommes beaucoup moins vulnérables car nombre de bonnes mesures ont été prises, comme le partage de l'information entre les différentes agences de renseignement que nous avons réorganisées et l'amélioration de la sécurité dans les aéroports", se félicite Tom Kean, ancien gouverneur républicain du New Jersey (est) qui présidait la Commission bipartite de dix membres créée par le président George W. Bush. Mais, souligne-t-il, "en dépit de progrès considérables, certaines des recommandations de la Commission du 11-Septembre restent en suspens. Elles doivent être suivies d'effet de façon urgente compte tenu de la menace d'el-Qaëda, de groupes terroristes affiliés et d'individus adhérents à l'extrémisme islamiste violent".

 

Le 11 septembre 2001, un des grands problèmes a été l'impossibilité pour la police, les pompiers et les autres services d'urgence de communiquer entre eux en raison de l'incompatibilité de leurs systèmes de communication qui n'utilisent pas les mêmes longueurs d'ondes, souligne-t-il. La Commission a recommandé d'y remédier de façon urgente. Mais rien n'a encore été fait à ce jour, déplore l'ancien gouverneur. Ce problème, relève-t-il, a aussi handicapé les secours après l'ouragan Katrina en août 2005. La police dans les hélicoptères ne pouvait pas communiquer avec les secouristes sur les bateaux, rappelle M. Kean. "Ce n'est pourtant pas une chose difficile à faire", lance-t-il.

 

Une insuffisante surveillance des activités des 17 principales agences de renseignement par le Congrès est un autre grand problème pour lequel les directives de la Commission n'ont pas été suivies, juge M. Kean. "Si le Congrès n'exerce pas une supervision adéquate des agences de renseignement, personne d'autre ne peut le faire", en raison du secret défense couvrant ces activités, constate-t-il. Selon lui, cette lacune dans le contrôle démocratique s'explique par le fait que les commissions parlementaires qui en sont chargées ne disposent pas de budget pour ce faire, dit Tom Kean.

 

Autre problème : le nombre excessif de commissions parlementaires supervisant le département de la Sécurité intérieure, ce qui induit un gaspillage de temps, selon lui, pour les responsables de ce super-ministère de 230 000 personnes doté d'un budget annuel de 56 milliards de dollars. L'ancien gouverneur estime que la Commission du 11-Septembre a eu quasiment tous les accès requis aux différents responsables, y compris le président George W. Bush et son prédécesseur Bill Clinton. La seule exception a été les prisonniers de Guantanamo à qui la Commission a pu seulement adresser ses questions par écrit.

 

M. Kean regrette que Barack Obama n'ait pas encore nommé de membres à un conseil des libertés civiles à la Maison Blanche dont la création a été recommandée par la Commission. "Nous ne voulions pas que les libertés civiles soient oubliées à des moments d'urgences nationales", explique-t-il mais "ce président n'a encore nommé personne et nous n'avons pas de conseil des libertés civiles, ce qui constitue un grand problème", estime Tom Kean.

Les États-Unis ont fait des progrès dans leur lutte contre l'extrémisme, ces dernières années, mais restent vulnérables, juge l'ex-président de la Commission nationale d'enquête sur les attentats du 11-Septembre, déplorant que des recommandations émises en 2004 aient été ignorées.
 
"Nous sommes beaucoup moins vulnérables car nombre de bonnes mesures ont été prises, comme le partage de l'information entre les différentes agences de renseignement que nous avons réorganisées et l'amélioration de la sécurité dans les aéroports", se félicite Tom Kean, ancien gouverneur républicain du New Jersey (est) qui présidait la Commission bipartite de dix membres créée par le président George W. Bush. Mais, souligne-t-il, "en dépit de progrès considérables, certaines des recommandations de la Commission du 11-Septembre...