Le Liban gris
Le bétonnage du Liban est en bonne voie. Les blocs et tours de béton envahissent nos villes et nos campagnes. Tout est constructible dans le pays du Cèdre : les terrains agricoles, les biens domaniaux, les rivages de la mer, le fond des vallées, le haut des falaises et aussi les forêts. La folie de la construction bétonnière s’est emparée de l’ensemble du pays. Rien ne lui échappe, et les sites naturels, s’il en reste, sont saccagés. La colline de Harissa, haut lieu spirituel, est en train d’être noyée par des blocs de bâtiments élevés, et le sera entièrement un jour si les pouvoirs en place n’adoptent pas des mesures d’urgence. L’appât du gain facile est devenu l’obsession du peuple tout entier.
Que dire des autres problèmes importants et aussi urgents ? La capitale, Beyrouth, n’a pas encore réaménagé sa mémorable place des Canons, ou des Martyrs, haut lieu de l’activité centrale de la ville avant-guerre. Une capitale sans place publique principale est une ville qui a perdu sa mémoire et aussi son attrait. Que dire encore de Beyrouth, garage immense à ciel ouvert, où la tôle et le béton ont tout envahi ? Les défunts tramways, trains, bus publics... par quoi ont-ils été remplacés ? Où sont les transports en commun? Y a-t-il une réflexion sur tous ces sujets au niveau des sphères dirigeantes de ce pays ?
Dr Alfred KAREH
Santé au Liban
Si le Liban possède certains des meilleurs hôpitaux et médecins de la région et si le secteur de la santé est en constante évolution, cela est dû essentiellement à un grand nombre de chirurgiens qui, du Texas à Beyrouth, ont réussi à briser les tabous, conscientiser et coopérer à fond avec le patient. On ne peut que saluer leurs efforts. En posant toujours les bonnes questions, ils sont arrivés à identifier le problème en proposant aux patients toujours les techniques les moins invasives.
Toutefois, avec un coût d’accès aux soins parmi les plus élevés des pays de la région et des médicaments largement importés, garantir à chaque Libanais le droit aux soins médicaux devient de plus en plus un luxe. Seules quelques compagnies d’assurances, les plus fiables et ne dépassant pas les doigts de la main, pallient le manque dans des services publics presque inexistants. Ainsi, après l’âge de cinquante ans, aucun tarif clair n’est affiché et les prix fluctuent selon les cas, sans aucun barème officiel et sans aucune intervention du ministère de la Santé. Enfin, si le personnel des hôpitaux se montre de plus en plus nerveux, c’est que ses membres se plaignent des salaires trop bas et des heures supplémentaires non payées. Alors médecins et responsables des hôpitaux, coopérez mieux pour sauver ce joyau qui se nomme la santé, pour préserver l’image de notre pays.
Antoine SABBAGHA
Le bétonnage du Liban est en bonne voie. Les blocs et tours de béton envahissent nos villes et nos campagnes. Tout est constructible dans le pays du Cèdre : les terrains agricoles, les biens domaniaux, les rivages de la mer, le fond des vallées, le haut des falaises et aussi les forêts. La folie de la construction bétonnière s’est emparée de l’ensemble du pays. Rien ne lui échappe, et les sites naturels, s’il en reste, sont saccagés. La colline de Harissa, haut lieu spirituel, est en train d’être noyée par des blocs de bâtiments élevés, et le sera entièrement un jour si les pouvoirs en place n’adoptent pas des mesures d’urgence. L’appât du gain facile est devenu l’obsession du peuple tout entier.Que dire des autres problèmes importants et aussi urgents ? La capitale, Beyrouth, n’a pas...


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