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Nos lecteurs ont la parole

Chères études

Par Jean-Paul MOUBARAK
Je ne cesserais d’être étonné par la floraison de diplômes mis en avant par les universités libanaises, souvent en collaboration avec de grandes écoles françaises ou américaines avec, en prime, un double diplôme. Quelle joie pour cet employé, qui reprend ses études à un âge plus ou moins avancé et après des années d’expérience, de perfectionner ses connaissances et de combler ses lacunes dans un domaine précis ! Les cursus sont variés et ouvrent des portes, élargissent les horizons et permettent d’entrevoir un avenir plus radieux au sein de l’entreprise où l’individu travaille.
Seulement voilà : le cursus coûte la plupart du temps relativement cher, surtout pour un employé qui gagne peu et, parfois, bien en deça de ce qu’il mérite, mais il se voit contraint d’admettre les réalités de l’entreprise et de l’échelle des salaires, laquelle comporte souvent certaines exceptions, d’où le terrible sentiment d’être la marche brisée de ladite échelle. Du coup, il se saigne pour payer ce diplôme afin qu’il soit digne de reconnaissance par ses pairs et qu’il puisse évoluer matériellement.
Pourtant, ses espérances sont parfois déçues. Étonnamment, certaines entreprises veulent bien reconnaître les qualités professionnelles de leur employé, mais elles oublient que ces atouts doivent être récompensés en conséquence. L’employé se retrouve face au mur des ressources humaines qui n’hésitent pas à prétexter qu’on ne peut l’augmenter parce qu’il est nanti d’un diplôme ou qu’il recevra peut-être une augmentation minime, un geste pour la forme. Évidemment, on tiendra compte des qualités intrinsèques de l’employé pour le futur, étant entendu qu’il va sans doute gravir les échelons plus rapidement que d’autres – à savoir que la gradation ne va pas de pair avec l’augmentation du salaire, deux choses radicalement différentes dans certaines entreprises, deux thèmes qui, certes, s’entrecroisent quelque part, mais pas dans la vision sociale de la société.
Il va sans dire que la direction s’attend à ce que leur employé soit motivé et continue à travailler de tout son cœur. Et si jamais il quitte, on pousse les hauts cris. Pourquoi donc? Parce que, ailleurs, on reconnaît la valeur des études et le niveau de compétences; parce que, ailleurs, on nous encourage; parce que, ailleurs, on sait nous féliciter ; parce que, ailleurs, on reconnaît notre valeur...
Malheureusement, l’esprit de certaines entreprises ne va pas dans le sens de l’amélioration de la qualité de vie de l’employé, afin qu’il progresse et que son rendement soit meilleur. Il s’agit, plus prosaïquement, d’utiliser les compétences dans un but de profit. On tiendra compte de la possibilité d’erreur sur la valeur de l’employé. Mais est-ce là pour autant un gage de réussite pour l’un et pour l’autre ?
Qui ne se trompe pas n’apprend rien. Pour reprendre Ernest Renan, je dirais pour terminer : quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
En espérant que mon cri sera entendu...
Je ne cesserais d’être étonné par la floraison de diplômes mis en avant par les universités libanaises, souvent en collaboration avec de grandes écoles françaises ou américaines avec, en prime, un double diplôme. Quelle joie pour cet employé, qui reprend ses études à un âge plus ou moins avancé et après des années d’expérience, de perfectionner ses connaissances et de combler ses lacunes dans un domaine précis ! Les cursus sont variés et ouvrent des portes, élargissent les horizons et permettent d’entrevoir un avenir plus radieux au sein de l’entreprise où l’individu travaille. Seulement voilà : le cursus coûte la plupart du temps relativement cher, surtout pour un employé qui gagne peu et, parfois, bien en deça de ce qu’il mérite, mais il se voit contraint d’admettre les réalités de...
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