Depuis la chute de Tripoli, chaque jour apporte son lot de révélations sur le régime de Mouammar Kadhafi en général, et les pratiques de sa famille en particulier. Un hôpital rempli de cadavres après que les miliciens pro-Kadhafi aient empêché, des jours durant, les médecins d'entrer dans le bâtiment; une cinquantaine de corps calcinés, certains les pieds liés, dans un centre de détention géré par la brigade de Khamis, un des fils du « Guide »; des civils, y compris des enfants, transformés en boucliers humains et des jeunes filles violées à Misrata, selon une ONG américaine... La sordide liste ne cesse de s'allonger.
L'une des dernières horreurs en date a été révélée par CNN. C'est dans la villa d'Hannibal, un des fils de Kadhafi, et de son épouse, Aline, d'origine libanaise, que le journaliste de CNN a découvert Shweyga Mullah, une Éthiopienne d'une trentaine d'années. Shweyga Mullah était au service des Kadhafi. Dans la villa d'Hannibal, comme dans la villa des autres fils du leader libyen, le journaliste de CNN découvre une débauche de luxe. Décoration moderne, bar rempli de bouteilles de Johnnie Walker Blue Label, de champagne Laurent Perrier rosé et autres flacons de Saint Emilion, marque d'écrans télé géants encore visibles sur les murs, jacuzzi intérieur et extérieur, piscine, sauna...
Ce sont les rebelles qui indiquent au journaliste de CNN qu'une employée de maison se trouve encore dans la villa d'Hannibal. Le journaliste la découvre couchée sur un matelas posé à même le sol.
« D'abord, j'ai cru qu'elle portait un chapeau ou quelque chose sur son visage. Puis, j'ai réalisé, avec horreur, que la totalité de son crâne et de son visage étaient couverts de plaies rouges et de croûtes, une mosaïque de blessures qui avaient transformé son visage en un patchwork grotesque », explique le journaliste de CNN sur le site de la chaîne.
Au journaliste, Shweyga Mullah raconte qu'au début tout allait bien. Tout bascule au bout de six mois. « D'une voix douce, Shweyga Mullah explique comment Aline a perdu son sang froid alors que sa fille pleurait et que Mulah refusait de frapper l'enfant ». L'épouse de Hannibal aurait alors emmené la jeune Ethiopienne dans la salle de bain, lui aurait attaché les mains et les pieds, l'aurait bâillonnée, et aurait versé de l'eau bouillante sur son visage. Au journaliste, Shweyga Mullah montre sa poitrine, son torse, ses jambes. Son corps est couvert de cicatrices, certaines anciennes, d'autres récentes. Shweyga Mullah raconte qu'une fois, faute de soins, des vers sont apparus sur une plaie qu'elle avait à la tête. Découvrant l'état de Shweyga Mullah, un gardien, un jour, la transporte à l'hôpital. Quand Aline l'apprend, elle menace le gardien d'emprisonnement.
Outre l'ébouillantage, Shweyga Mullah a été privée de sommeil, de nourriture, d'eau, plusieurs jours durant. Faut-il préciser qu'elle n'a pas été payée non plus.
Hannibal Kadhafi et son épouse sont connus pour leur traitement des employés et autres domestiques. En 2008, deux domestiques avaient porté plainte contre Hannibal, en Suisse. Une affaire qui avait entraîné une forte détérioration des relations diplomatiques entre la Suisse et la Libye.
Depuis la chute de Tripoli, chaque jour apporte son lot de révélations sur le régime de Mouammar Kadhafi en général, et les pratiques de sa famille en particulier. Un hôpital rempli de cadavres après que les miliciens pro-Kadhafi aient empêché, des jours durant, les médecins d'entrer dans le bâtiment; une cinquantaine de corps calcinés, certains les pieds liés, dans un centre de détention géré par la brigade de Khamis, un des fils du « Guide »; des civils, y compris des enfants, transformés en boucliers humains et des jeunes filles violées à Misrata, selon une ONG américaine... La sordide liste ne cesse de s'allonger.
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