Le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, s’est élevé contre les critiques adressées à son collègue de l’Énergie, Gebran Bassil. « Le plan qu’il a présenté avait été élaboré sous la supervision de conseillers français appelés par les précédents gouvernements », a-t-il noté. « Les accusations lancées contre le ministre Bassil sont déplacées. Le problème dans ce pays, c’est que personne au sein de la classe politique ne croit qu’un montant de 1,2 milliard de dollars peut être dépensé en toute transparence et conformité avec la loi », a ajouté M. Abboud. « Le Liban est trop habitué au fromagisme », a-t-il encore dit.
Abondant dans le même sens, le député Naji Gharios, membre du bloc du Changement et de la Réforme, a fait valoir que « d’aucuns croient qu’il ne peut pas y avoir de dépenses sans partage du gâteau ». « Le ministre de l’Énergie a expliqué à ses collègues le plan de l’électricité de manière détaillée. Il a déjà fait des concessions lorsqu’il a accepté que le plan soit présenté au nom du gouvernement et non en son nom propre », a dit M. Gharios.
Son collègue Abbas Hachem a surenchéri sur la question de la corruption, soulignant que « celui qui veut jeter des pierres sur les maisons des autres, non seulement sa maison à lui ne devrait pas être en verre, mais lui-même ne devrait pas être de verre tout entier ». Selon lui, « le gouvernement ne tombera pas, car le général Michel Aoun va continuer à administrer (à ses membres) des chocs électriques afin qu’ils se réveillent ».
Utilisant un langage plus pondéré, le député Farid Élias el-Khazen s’est dit certain qu’un accord sera trouvé au sujet de l’électricité et a démenti l’existence d’une « crise » dans les relations entre Michel Aoun et le Premier ministre, Nagib Mikati.
Quant à Nabil Nicolas, député du Metn, il a affirmé que les ministres du bloc du Changement et de la Réforme n’ont jusqu’ici pas démissionné « afin de donner une chance » à un accord et « pour qu’on ne nous dise pas que nous paralysons la vie politique ».
Du côté des autres composantes gouvernementales, le commentaire le plus significatif est venu hier de la bouche du député Yassine Jaber, proche du président de la Chambre, Nabih Berry. « Le ministre de l’Énergie a suffisamment de compétence pour clarifier le problème de l’électricité, car il faut permettre à l’opinion publique de comprendre ce qui se passe », a-t-il dit. « Depuis son passage aux télécoms jusqu’à aujourd’hui, M. Bassil a un problème avec la question des autorités de régulation. Or il ne faut pas qu’un ministre se considère comme éternel dans son ministère », a-t-il souligné. « La question de l’électricité est très complexe. C’est pour cela qu’il faut une formule nationale acceptée par tout le monde pour régler ce problème. Et la solution passe d’abord par la réduction de la dose politique dans la polémique en cours et le renforcement du volet technique », a-t-il dit. « M. Bassil affirme que c’est une question de réforme. Mais il n’y a pas de réforme sans gouvernement. Il faudra donc calmer les choses, car le pays a vraiment besoin de réforme », a encore souligné M. Jaber.
Un autre député berryiste, Ali Khreiss, a assuré que le gouvernement ne tombera pas « car ce n’est dans l’intérêt de personne ». « Il faut traiter avec la question de l’électricité sur la base qu’il s’agit d’un dossier national et non pas qu’il concerne telle ou telle partie », a-t-il dit.
Pour sa part, le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, proche du chef du PSP Walid Joumblatt, a déclaré à la suite d’un entretien avec M. Berry qu’un accord n’avait pas encore été trouvé au sujet du problème de l’électricité depuis l’interruption de la dernière séance du Conseil des ministres. « Il n’y a pas eu jusqu’ici de concertations sérieuses à cet égard », a-t-il ajouté.
Du côté de l’opposition, le député Ahmad Fatfat a exclu la possibilité de démissions de ministres, estimant que la décision de démissionner « n’est pas entre les mains du général Aoun ni de ses ministres, mais entre celles des parrains du gouvernement, c’est-à-dire Hassan Nasrallah et Bachar el-Assad ». « La question de l’électricité est un cache-sexe derrière lequel on négocie le partage d’influence dans les nominations », a-t-il ajouté, accusant Michel Aoun de « populisme ».
Le même point de vue est partagé par son collègue Atef Majdalani qui a souligné que « personne ne peut démissionner du gouvernement que si le Hezbollah l’y autorise ».


Halte-là Monsieur Gédéon! Bien que le mot "vomitoire" soit effectivement fort et expressément voulu, dont le but était uniquement de faire réfléchir et de provoquer une sorte d'"électrochoc" suite aux divagations que je lisais, et pour lequel je m'attendait évidemment bien à quelques réactions telle que la votre, que j'accepte BIEN VOLONTIER! Ceci dit, dans le cadre de ma liberté d'expression de Libanais, je voudrais vous dire que votre veste de modérateur vous va...euh...un peu étriquée. Je vous préfère l'autre face: plus amusant dans le maniement du verbe, pour la forme et ...un coup-ci de 10% et un coup-là de 90% pour le fond. Vraiment sans rancune :).
08 h 51, le 28 août 2011