Camara a connu la saison passée une baisse de régime marquée par un criant manque de réalisme, ce qui l’avait relégué sur le banc. Face à Rennes dimanche dernier, l’attaquant sénégalais a montré en inscrivant un superbe doublé qu’il faudra le compter dans le onze de départ. Pascal Guyot/AFP
L’an passé, avec seulement quatre buts, Camara, positionné le plus souvent dans le couloir droit, n’avait pas répondu à l’attente de son entraîneur René Girard, qui avait relevé « son manque d’efficacité ». Réussite en berne, temps de jeu déclinant, il a perdu sa place de titulaire depuis l’orée de la saison.
« Il a eu moins de réussite l’an passé, un peu moins de temps de jeu.
Après une première saison en Ligue 1 remarquable, il a été moins bien, peut-être victime d’un fléchissement collectif », avait expliqué René Girard.
Abnégation et rage de vaincre
Mais l’attaquant formé à Monaco, qui n’a pas eu une carrière linéaire, ne s’est pas résigné à son nouveau sort de remplaçant. Entré en jeu à la 66e minute face à Rennes dimanche, aux dépens de Geoffrey Dernis, il a claqué son premier doublé sous les couleurs de Montpellier, où il est arrivé en 2007, pour rappeler à tous sa force de caractère et son désir de reconquérir ses galons de titulaire.
Cet attaquant de devoir, toujours au service du collectif, a réalisé deux exploits personnels au cœur de la meilleure défense de Ligue 1. La première fois (72e), il s’est infiltré dans la surface avant de remporter son duel devant le gardien Benoît Costil. La seconde (86e), il a parachevé une longue accélération d’une frappe de vingt mètres.
« Cela fait du bien à la confiance. Je suis content pour moi, bien sûr, mais aussi et surtout pour l’équipe. Je suis très heureux de voir qu’en ce moment, offensivement ça nous réussit plutôt bien, ce qui n’a pas toujours été le cas la saison dernière », a-t-il apprécié.
La prise de risque de Souleymane Camara correspond en effet au nouvel élan de l’attaque de Montpellier, qui a inscrit huit buts en trois matchs, à savoir le quart de la saison précédente. « Depuis le début de saison, l’entraîneur nous incite à aller de l’avant, à oser plus », rappelle ce joueur, « toujours très à l’écoute, ouvert à la discussion », selon Girard.
Avec Younès Belhanda ou Geoffrey Dernis, Montpellier, jusque-là un peu trop dépendant de son buteur Olivier Giroud (12 buts), a diversifié ses angles d’attaque. L’équipe de René Girard peut même compter sur son « joker » Souleymane Camara.
« Au niveau de l’état d’esprit, de l’acceptation d’un tel rôle, il a le profil du joker. Il me plaît par l’investissement.
C’est un joueur de devoir, certes, mais il sait être aussi imprévisible. Il ne met jamais de buts ordinaires, signe de son talent », loue René Girard à l’égard de l’international sénégalais, qui a prolongé son contrat jusqu’en 2013.


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