Ce n’est pas à travers les armes, ni les chemises, mais grâce aux mobylettes.
Oui, ces engins, de plus en plus nombreux sur nos routes, sont devenus un phénomène qui doit inquiéter non pas les autorités, mais la société tout entière.
Une génération de kamikaze est née au sein de la jeune génération – et des moins jeunes. Une horde de hors-la-loi qui zigzaguent en toute sécurité sur les routes, dans les ruelles et même sur les ponts, dans les tunnels et autres voies rapides.
Une génération de kamikaze hors la loi qui constitue le tissu social du Liban présent et futur. Le port des casques est un fait rare et quand ils le portent, c’est comme un cardigan sur les épaules. Les feux rouges, les bifurcations, les sens uniques, ça ne connaît pas. Une cigarette ou même un narguilé et un portable à la main, cela devient commun. Les voir en famille, à trois ou quatre (homme, femme et enfants), est devenu anodin. Un brin de causette entre deux ou même plusieurs conducteurs de ces bolides, bloquant la voie, est devenu chose courante. Ils foncent parmi les 4x4 et même narguent les conducteurs ; ils se faufilent partout et en tout temps.
Une génération de kamikaze qui n’a plus peur, mais qui fait peur... Oui, on doit constater que ce phénomène va continuer à sévir car, parmi eux, il y a des hommes en uniforme d’agents de l’ordre. Ils représentent une fraction du tissu social libanais qui sera un jour appelée à servir le pays d’une façon ou d’une autre.
Ils sont protégés par une loi qui fait que, s’ils sont impliqués dans une collision avec une voiture, c’est la faute au conducteur de cette dernière. Une loi qui ne protège personne, mais qui existe quand même. En fait, ils roulent en toute impunité. Les représentants de l’autorité les regardent, impuissants à les interpeller ou les avertir du danger de leur action.
Ces engins de mort sont innombrables sur nos routes ;
sûrement non recensés, les conducteurs sont sûrement sans papiers et nullement qualifiés. À écouter les agents qui en confisquent des centaines, la plupart se retrouvent comme par hasard, au bout de quelques jours, sur les mêmes routes...
À quand ce laisser-faire, à quand ce laisser-aller, à quand ce laxisme ? C’est là une tragédie, encore une, et le Liban tout entier devrait avoir honte de la subir.
Hisham BEYDOUN


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Merci pour cet excellent article qui montre l'extrême anarchie qui règne dans l'utilisation des deux-roues sur les routes et le redoutable danger qu'ils représentent pour tous les citoyens. Leur responsabilité devrait etre reconnue et sanctionnée, et que cesse enfin l'impunité a leur égard. Par ailleurs, il est souhaitable que les agents de l'Etat (militaires ou autres) quittent leur tenue de travail distinctif lorsqu'ils ne sont plus en service, afin que les infractions qu'ils commettent ne soient pas imitées.
05 h 24, le 26 août 2011