Eh bien non, se déroule sous mes yeux déçus un reportage de quelques bonnes minutes avec en exergue des images décadentes montrant un fond de mer jonché de sacs noirs en plastique qui font penser à un essaim d’horribles pieuvres. Une « voice over » accuse les déchets plastiques en mer, et particulièrement sur le littoral de Saïda, de constituer une nuisance pour les touristes. Pis encore, une nuisance pour la chaîne alimentaire, la faune marine notamment, et donc tout simplement du poison dans nos assiettes. Avec, bien entendu, une insistance particulièrement sadique sur le fait que cette mer est une mer fermée, dont l’eau ne se renouvelle qu’au bout d’un siècle et donc, pour vous la faire courte, que le monde entier ou presque nous tient responsables de l’incidence sur toute la Méditerranée de ce dépotoir dont la source est, entre autres pays du bassin, le Liban.
J’en arrive à présent au vif du sujet. Je suis parfaitement lucide pour ce qui est de l’envergure et de l’importance de toute la campagne environnementale lancée dans le bassin méditerranéen. Je sais que notre ministre ferait bien de se mettre au vert et de prendre illico une initiative dans ce sens. Par ailleurs, je sais très bien que, dans mon dernier billet (voir L’Orient-Le Jour du samedi 30 juillet), pour ceux qui m’ont lu, j’ai moi-même critiqué ce monstre de béton qu’est devenue Beyrouth. Mais, primo, une autocritique est beaucoup mieux acceptée que celle venant d’autrui, en l’occurrence d’un étranger ; et secundo, je veux bien qu’Antenne 2, avec tout ce qui se passe dans le monde de beaucoup plus sérieux entre guerres, coups d’État, traîtrises et famine, décide de soulever le problème de la pollution en un mini-reportage, prenant pour exemple Saïda. Mais pour une fois que l’on parle du Liban, que l’on prenne au moins la peine d’en parler en des termes plus flatteurs, mon Dieu ! Y’en a marre des reportages biaisés. Pour montrer en gros plan le sang, la mocheté, la terreur, la faim, ces bébés affamés à scier le cœur, ils sont champions. Peut-être décrocheraient-ils un scoop pour cela. Mais pour faire rentrer un rayon de soleil dans les foyers, par le biais du « beau », faudra repasser. Il aurait suffi, pour le Liban par exemple, d’extraire d’épatantes photos du site « Lebanon Tourism ». OK, ils choisissent gauchement de sensibiliser le monde à la pollution à partir, entre autres, de notre littoral en une période des plus délicates où le touriste est de plus en plus réticent à venir passer ses vacances au Liban, renflouant les caisses déjà très chétives de l’État (merci pour la dernière vendetta d’Antélias ou le début d’une « syrial » killer), mais au moins que l’on ait l’élégance de clore le reportage par une phrase du genre : « (...) C’est bien dommage, car le Liban reste ce merveilleux pays où, entre la vallée de Qannoubine, le mont Sannine d’où l’on assiste à l’un
des crépuscules les plus spectaculaires du monde, la cédraie de Maasser el-Chouf, la grotte de Jeita, Baalbeck, Ehden, Beiteddine et Byblos, où des festivals se déroulent actuellement – pour ne
citer qu’eux –, le musée Debbaneh sis justement à Saïda, malgré déchets et pollution, le déplacement vaut certes
le détour !... »
Lamartine, Barrès, Ernest Renan, Gérard de Nerval ont chanté ce pays, même avec ses failles, un littoral parfois glauque, une propreté douteuse. Et Pierre Benoît a quitté le pays, imprégné d’effluves de jasmin et de fleurs d’oranger...
Lina SINNO


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Malheureusement Lina, France 2 montre ce qui se passe. La faute a qui? Incriminez qui vous voulez mais qui deversent ces ordures? Maintenant il y a eu un beau reportage sur le Liban samedi soir sur France 5 dans ECHAPPEE BELLE que je vous conseille de revoir sur le site pluzz.fr
04 h 56, le 28 août 2011