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À La Une - Répression

Vers un embargo européen sur le pétrole syrien ?

Sarkozy écarte la perspective d'une intervention militaire ; les opérations de l'armée se poursuivent, 7 morts aujourd'hui.

Le projet soumis mardi au Conseil de sécurité par les Etats-Unis et 4 pays européens prévoit, entre autres, un gel des avoir de Bachar el-Assad. Photo Sana/AFP

Les pays membres de l'Union européenne pourraient imposer un embargo sur le pétrole syrien avant la fin de la semaine prochaine, a-t-on appris mercredi de source diplomatique européenne.  "Le processus dans son ensemble pourrait être achevé d'ici à la fin de la semaine prochaine si tout se déroule selon les plans", a estimé un diplomate ayant requis l'anonymat.

Les Vingt-sept pays se sont entendus vendredi dernier pour réfléchir à de nouvelles sanctions en représailles à la violente répression du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, qui a coûté la vie 2 200 civils en cinq mois, selon l'ONU. Une nouvelle réunion sur le sujet s'est déroulée lundi à Bruxelles et aucune objection n'a été formulée.

Craignant pour leurs intérêts commerciaux, plusieurs Etats membres s'étaient jusqu'alors montrés réticents à l'idée de s'en prendre au secteur pétrolier. La Syrie produit 400 000 barils par jour dont 150 000 sont exportés en Europe, notamment au Pays-Bas, en Italie, en France et en Espagne. L'Union européenne a, d'un autre côté, ajouté lundi 15 noms à sa liste des personnalités soumises à un gel des avoirs financiers et à une interdiction de visa. Cinq institutions, dont les services de renseignement militaires, ont aussi été ajoutées à celles des entités avec lesquelles les entreprises européennes ont interdiction de traiter.

Par ailleurs, le groupe américain de paiements bancaires Visa a décidé de bloquer l'utilisation de ses cartes de crédit en Syrie et son concurrent Mastercard se prépare à faire de même, ont indiqué mercredi les deux entreprises à l'AFP.
"En tant qu'entreprise multinationale américaine, Visa doit, conformément à la loi, se soumettre aux sanctions décidées par le département américain du Trésor contre la Syrie", a indiqué une représentante de Visa dans un courriel.
"En conséquence, Visa a suspendu toutes les activités de ses cartes de paiements en Syrie", a-t-elle ajouté.
Les détenteurs d'une carte Visa, syrienne ou internationale, ne peuvent donc plus l'utiliser dans des distributeurs automatiques ou chez les commerçants. De plus, les clients possédant une carte Visa syrienne ne peuvent plus s'en servir sur des sites internet de commerce en ligne. Mastercard prévoit également de cesser ses services dans le pays.
Interrogé par l'AFP sur la volonté du groupe de répliquer la décision de son concurrent, un représentant de Mastercard a répondu: "Oui, nous avons engagé des démarches similaires".

Sur le plan diplomatique, la France a appelé à l'adoption d'une résolution prévoyant des sanctions contre le régime syrien par le Conseil de sécurité de l'ONU et condamné l'arrestation d'avocats en Syrie, en particulier de Me Mohammed Issam Zaaloul, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères. Le président français Nicolas Sarkozy a de son côté estimé que le peuple syrien avait "lui aussi le droit à la démocratie", à l'issue d'un entretien, mercredi, à Paris avec Mahmoud Jibril, le numéro deux de l'insurrection libyenne qui vient de renverser le régime du colonel Kadhafi. "Les Syriens (...) ne sont pas condamnés à être réprimés par un régime qui ne comprend pas que nous sommes dans un autre siècle", a déclaré M. Sarkozy devant la presse, écartant toutefois la perspective d'une intervention militaire similaire à celle engagée en Libye.

A l'ONU, les Etats-Unis et quatre pays européens, dont la France, ont soumis mardi au Conseil de sécurité un projet de résolution imposant des sanctions à Assad et à plusieurs de ses proches. Le projet de résolution, que Reuters a pu consulter impose un gel des avoirs du président syrien et de 22 autres personnes.

Malgré les sanctions, le régime syrien ne fléchit pas. Sept personnes ont été tuées mercredi dans le centre et l'ouest du pays, ont indiqué des organisations des droits de l'Homme et des militants sur le terrain. Quatre personnes ont été tuées à Homs et deux manifestants ont trouvé la mort à Talbiseh (au nord de Homs) par des tirs des forces de sécurité mercredi, selon la Coordination des comités locaux (LCC), qui regroupe des activistes sur le terrain. Par ailleurs, un homme de 28 ans, arrêté il y a une semaine à Khan Shehoun, (ouest), est décédé sous la torture mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). En outre, selon la LCC, à Palmyre (245 km à l'est de Damas), une personne a été blessée lors d'imposantes funérailles d'un jeune tué il y a quelques jours.
D'autre part, les forces militaires et sécuritaires ont bouclé Harasta mardi et ont arrêté 120 personnes et 37 autres mercredi matin. Située à 10 km au nord-est de la capitale, cette ville industrielle est le théâtre de manifestations depuis le début de la contestation à la mi-mars.

L'armée syrienne a également procédé à des dizaines d'arrestations dans une région tribale proche de la frontière irakienne, rapportent des opposants. Entre 20 et 30 chars et d'autres véhicules blindés sont entrés dans la ville de Maiadine et le village d'Albourhama, dans la province orientale de Deïr ez-Zour, avant de se retirer dans les faubourgs.

Les pays membres de l'Union européenne pourraient imposer un embargo sur le pétrole syrien avant la fin de la semaine prochaine, a-t-on appris mercredi de source diplomatique européenne.  "Le processus dans son ensemble pourrait être achevé d'ici à la fin de la semaine prochaine si tout se déroule selon les plans", a estimé un diplomate ayant requis l'anonymat.
Les Vingt-sept pays se sont entendus vendredi dernier pour réfléchir à de nouvelles sanctions en représailles à la violente répression du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, qui a coûté la vie 2 200 civils en cinq mois, selon l'ONU. Une nouvelle réunion sur le sujet s'est déroulée lundi à Bruxelles et aucune objection n'a été formulée.
Craignant pour leurs intérêts commerciaux, plusieurs Etats membres s'étaient jusqu'alors montrés...
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