L’hôpital est doté d’un centre de réhabilitation.
Sur 700 patients résidents, les personnes du troisième âge représentent la moitié, le reste étant des malades psychiatriques, adultes et enfants. Parmi ces derniers, vingt sont des handicapés physiques ou mentaux. Mais l’établissement, fondé en 1954, ne se contente pas de traiter les maladies neuropsychiatriques. C’est également un lieu de formation. Il reçoit en effet des étudiants de toutes les universités libanaises afin de leur offrir une spécialisation dans le domaine, qu’ils soient infirmiers, psychothérapeutes ou travailleurs dans les services sociaux... Les médecins quant à eux peuvent se spécialiser en psychiatrie, en 4 ou 5 ans, en fonction du programme choisi. Onze médecins psychiatres ont déjà été diplômés et travaillent au Liban ou à l’étranger.
Depuis 2008, l’hôpital offre un service de soins palliatifs dont le but est de soulager la douleur, à la fois physique et psychique, des malades les plus graves. Le service médical est très complet, avec 30 médecins dans toutes les spécialités, chacune ayant sa propre clinique. L’hôpital est également doté de son propre laboratoire et d’un centre de physiothérapie et d’herbothérapie, ainsi que d’une pharmacie.
Il comprend également un service hôtelier qui délivre environ 3 000 repas par jour, contrôlés par trois diététiciens dont deux résidents.
« Une petite ville »
À y regarder de plus près, l’hôpital ressemble à une petite ville, avec son service de nettoyage, un traitement de l’eau interne, un couturière, des ingénieurs pour assurer l’entretien et un personnel extrêmement actif. Il accorde une attention particulière à la situation sociale de ses malade et a établi à cet effet un département composé d’assistantes sociales, qui viennent en aide aux personnes qui le souhaitent. À cela, il faut ajouter un comité de femmes fondé en 1992. Propre à Dar al-Ajaza al-Islamiya, celui-ci organise, avec le département social, une série d’activités aux patients : des déjeuners, des excursions, des célébrations, etc. Les bénévoles sont toujours les bienvenues, des scouts, mais aussi des artistes et des chanteurs qui viennent parfois à l’occasion d’événements. Durant le mois de ramadan, l’hôpital suspend cependant ses activités. Il s’arrange quand même pour organiser un iftar chaque jour, soit dans ses locaux, avec l’aide de bénévoles et du service social, soit à l’extérieur, chez des gens qui acceptent gracieusement de recevoir les patients chez eux le temps d’un dîner.
En dépit de son budget serré, l’établissement fait de son mieux pour assurer un service optimal à ses patients et aller au-delà de sa vocation de centre hospitalier. Si les dons des particuliers et le soutien de quelques ONG lui permettent de s’approcher de cet objectif, il reste loin de pouvoir l’atteindre pleinement. Ses difficultés financières représentent un réel frein à ses ambitions. Dar al-Ajaza souhaite aller plus loin, améliorer son service interne, son équipement, son accessibilité. Il souhaite aussi s’agrandir car le taux d’occupation est déjà de 100 %. En effet, seulement 5 % des patients sont hospitalisés, c’est-à-dire admis pour des courts séjours. Le reste est admis pour des longs séjours de plusieurs mois, voire de plusieurs années.
Pour cette institution, l’idéal serait donc d’avoir d’autres branches offrant les mêmes services et la même qualité afin d’accueillir plus de malades. Avec un budget de 9,5 millions de dollars, elle compte encore sur les dons de particuliers, qu’ils soient monétaires ou matériels (nourriture, médicaments...). Et en dépit de ses difficultés financières, l’établissement demeure de qualité puisqu’il est accrédité et classé A***** par le ministère de la Santé depuis 1998, ce qui est considéré comme le rang le plus élevé existant dans le domaine. Il est aujourd’hui en attente d’une nouvelle accréditation par le ministère de la Santé et la Haute Autorité de santé française.
Le directeur de l’hôpital, M. Azzam Houri, insiste sur l’importance des visites des familles à leurs patients, mais invite également tout le monde à visiter les lieux pour découvrir la mission de Dar al-Ajaza. Selon lui, l’institution escompte surtout « une bonne relation avec les familles ».
L’ouverture au public est un bon moyen de sensibiliser celui-ci et de lui expliquer qu’il peut soutenir une institution de bienfaisance et contribuer, par voie de conséquence, au bien-être social général.

