S’exprimant lors d’une conférence-débat, organisée samedi par le bureau de Beyrouth au sein du courant du Futur, à l’hôtel Lamb House, M. Machnouk a accusé le gouvernement d’« être présent pour légitimer l’assassinat et pour dire que les capacités et la crédibilité du Tribunal spécial pour le Liban font l’objet d’un doute ».
Le parlementaire a ainsi jugé que « ce gouvernement est celui des accusés de l’assassinat de Rafic Hariri ». « Traiter avec lui sans tenir compte de cet élément équivaut à tolérer cet assassinat », a-t-il dit. Il a assuré que « d’autres noms (d’accusés) apparaîtront du moment qu’il y a eu plusieurs assassinats », jugeant que l’interview faite par le Time à l’une des quatre personnes recherchées par le TSL « prouve que tout ce que le gouvernement a avancé au sujet de ses efforts pour les trouver relève du mensonge ».
« Les quatre accusés, a poursuivi M. Machnouk, sont engagés politiquement, idéologiquement et religieusement auprès du Hezbollah qui fait acte d’allégeance à son tour à l’Iran. Par voie de conséquence, toute décision de liquidation ne peut qu’avoir été prise en amont par l’Iran, avant de passer par Damas, pour être exécutée à Beyrouth. » Selon lui, cette chronologie des événements est « naturelle et logique s’il s’avère que les quatre accusés sont responsables de l’attentat » du 14 février 2005.
M. Machnouk a descendu l’argumentation développée par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, au sujet d’une implication israélienne dans l’attentat du 14 février, en s’interrogeant sur le point de savoir pourquoi ce scénario ne peut pas s’appliquer à l’assassinat de Georges Haoui et aux tentatives d’assassinat des anciens ministres Marwan Hamadé et Élias Murr, « sachant que les trois semblent liés à l’affaire Hariri ». « Il ne faut pas quand même insulter l’intelligence des Libanais », a-t-il commenté.
M. Machnouk a ensuite reproché au gouvernement d’essayer de « consolider le principe de la majorité spoliée et de court-circuiter le tribunal, parce que le public de Rafic Hariri a voté en faveur d’une politique déterminée, fondée sur le droit et les orientations politiques qui vont de pair avec l’État ». Il s’en est pris ensuite au Premier ministre, Nagib Mikati, à cause de « ses propos contradictoires, parce qu’il s’est engagé dans la déclaration ministérielle à respecter les résolutions du Conseil de sécurité et parce qu’il a récemment dit que tout le monde n’évalue pas de la même façon l’acte d’accusation ». « Cela signifie, a ajouté M. Mahnouk, que cet engagement en faveur des résolutions internationales, dont l’acte d’accusation en découle, n’existe pas. »
M. Machnouk s’est ensuite dit persuadé que « toutes les décisions proposées par le Hezbollah et le CPL en Conseil des ministres seront exécutées conformément à un scénario qui prévoit un vote, une opposition des chefs de l’État et du gouvernement, et une majorité de voix en faveur des deux partis ». Il a estimé que « tous les mensonges de la présidence du Conseil ne donneront pas de résultats » et que « le gouvernement ne bénéficiera d’aucune crédibilité au Liban ou à l’étranger ».
Fatfat : « Tourner le gouvernement en ridicule »
M. Ahmad Fatfat a pour sa part commenté l’interview du Time, estimant que « si elle s’avère fondée, elle dénotera une volonté énorme de défi chez le Hezbollah, face à l’État et la communauté internationale, ainsi qu’une volonté de tourner en ridicule le gouvernement ». Il a exprimé le souhait que cette interview soit « fausse », avant d’encourager le Hezbollah à s’engager dans le processus judiciaire international pour prouver l’innocence de ses quatre membres, accusés de l’assassinat de Hariri.
M. Fatfat a aussi jugé nécessaire que le gouvernement prenne position par rapport à l’interview du Time, accusant M. Mikati de « manœuvrer » et s’interrogeant sur le point de savoir « pourquoi il n’a toujours pas pris la décision de s’acquitter de la contribution du Liban au financement du tribunal, s’il est vrai qu’il le soutient ». « Il est vrai que le Liban a jusqu’à la fin de l’année pour s’acquitter de sa part, mais ce délai a commencé à courir en mars », a-t-il dit.


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