Selon cette nouvelle loi, adoptée hier au Parlement, fumer sera interdit dans un délai de deux semaines (date de la publication de la loi dans le Journal officiel) dans les espaces publics fermés, comme les hôpitaux, les transports publics, les écoles... Les restaurants, bars et pubs bénéficieront quant à eux d’un an de répit avant de devoir appliquer l’interdiction. Les cafés et restaurants qui proposent le narguilé devraient au cours de cette année aménager un espace en plein air pour pouvoir poursuivre leur activité. La loi interdit également toute forme de publicité et de sponsoring sur le tabac dans un délai de six mois. En ce qui concerne les amendes, elles sont fixées à 150 000 LL, dans le cas d’une personne qui fume dans un endroit public fermé, et varie entre 1 et 3 millions de LL pour les propriétaires de l’endroit où a eu lieu l’infraction. D’ici à un an, 40 % de la surface des paquets de cigarettes devra également être occupée par des avertissements sur les dangers du tabagisme.
« L’adoption de cette loi est un pas géant vers la civilisation », déclare le Dr Atef Majdalani, président de la commission parlementaire de la Santé, qui avait proposé le projet de loi en 2004. Le Programme national de lutte antitabac a insisté pour sa part sur « le long travail à faire pour assurer que cette loi soit appliquée d’une manière effective ».
« Le Parlement libanais a prouvé aujourd’hui (hier) qu’il a réussi à dépasser sa paralysie et à élaborer et voter des lois justes susceptibles de protéger le citoyen », a insisté quant à lui Waël Hmeidane, directeur exécutif d’IndyAct, une ONG qui, depuis deux ans, lutte auprès d’autres associations de la société civile, notamment Tobacco Free Initiative (TFI), et du Centre de recherches antitabac de l’Université américaine de Beyrouth, pour l’adoption d’une telle loi.
« Le Liban peut être fier de cette loi qui est très avancée en comparaison avec les lois observées dans le monde », a constaté Rania Baroud, de TFI. Quant à Rima Naccache, du Centre de recherches antitabac de l’AUB, elle a indiqué que cette loi est susceptible d’aider à baisser le coût de la santé, expliquant dans ce cadre que « le Liban dépense annuellement plus de 50 millions de dollars sur le traitement de maladies résultant du tabagisme actif et passif ». Elle a noté que le tabagisme est à l’origine de près de 3 500 décès annuellement.

