Dans ce contexte, je voudrais souligner à son intention les observations suivantes :
Si M. Makhoul a voulu décrire les prises de position de ses compatriotes comme une « ânerie politique », c’est parce qu’il n’est pas en mesure de contester ces prises de position d’une façon sérieuse et éthique.
Je ne comprends pas pourquoi M. Makhoul est tellement énervé. Si le général Michel Aoun et ses braves lieutenants vont un jour payer cher le prix de leur choix, il devrait en être ravi et non pas stressé. Les questions qu’il nous pose sont les mêmes que nous pouvons tout aussi bien lui poser. Donc le risque est identique pour lui et nous. Seuls les électeurs qui vont voter en 2013 vont nous dire si nous avons eu tort ou raison. Jusqu’à présent, ils ne nous ont pas lâchés.
La différence entre M. Makhoul et nous, c’est que notre choix politique a été toujours inspiré de la force du droit. Le jour où le pays était sous le joug de l’envahisseur, nous avons combattu seuls afin que notre droit à la liberté soit restauré. Le jour où l’envahisseur a quitté le pays, nous avons travaillé courageusement afin que notre droit de vivre en paix avec un voisin influent soit récupéré. Le jour où nous avons voulu comprendre nos compatriotes et les accepter en tant que partenaires, nous avons travaillé avec eux afin que notre droit de vivre en harmonie se réalise.
Si vous considérez, M. Makhoul, que tous ces efforts ne sont que soumission, habillage, déshabillage, caprices et contradictions, nous ne pouvons pas vous en empêcher. Vous êtes libre de penser ainsi, cependant cela ne changera en rien nos convictions.
Enfin, j’aurais espéré que M. Makhoul nous dise quel est son choix politique ? Est-ce celui du nouvel axe Clinton-
Zawahiri qui pointe à l’horizon de notre fameux Moyen-Orient ? Est-ce celui des intégristes qui ont un jour envahi Achrafieh avec un pseudo-consentement de la révolution du Cèdre ? Est-ce celui du conflit intercommunautaire prôné par des étrangers et manipulé par des brigands qui veulent exploiter l’aspiration des peuples aux réformes, en utilisant la violence afin de créer une réaction des régimes en place encore plus violente ?
Si tel est le choix de M. Makhoul, je ne peux que le
féliciter, car ce nouvel axe
américano-intégriste va pousser encore une fois les chrétiens de cette région à s’éparpiller aux quatre coins du monde, comme ce fut le cas en Irak.
Pour toutes ces raisons, permettez-moi de vous dire à haute voix : Non, M. Ziyad Makhoul, vous n’avez pas raison.
Samir MESSARRA


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef