Il s’agit d’une réalité qui dure depuis trop longtemps et qui empêche la population de suivre tout progrès, jusqu’au niveau de l’environnement, et à ne se préoccuper que de subvenir à des besoins primaires, dans un contexte politique et économique complexe et instable.
En effet, la petite superficie du Liban, sa constitution géologique, sa situation géographique, son climat, sa pauvreté en ressources naturelles et sa richesse en écosystèmes et en biodiversité exigent de la part des politiques libanais d’œuvrer à créer une protection. Une protection efficace grâce à la promulgation de lois et au renforcement des institutions publiques. Car, il importe de ne pas l’oublier, la politique environnementale passe principalement par des outils législatifs et des règlements qui doivent coexister.
La responsabilité de la gérance et de la sauvegarde de l’environnement incombe directement ou indirectement à l’État, aux différents ministères et organismes publics concernés. À condition que ces compétences multiples soient bien canalisées et que l’on évite tout chevauchement de compétences qui neutraliserait toute action efficace.
À condition aussi que les responsables politiques libanais accordent à l’environnement et au ministère concerné toute l’importance qu’ils méritent.
Les autorités locales, les secteurs privés, les ONG ont pris conscience des véritables problèmes de l’environnement au Liban. Mais que la volonté des citoyens soit au rendez-vous n’est point suffisant. Le respect de l’environnement doit devenir un réflexe quotidien incorporé à la vie de tous les jours. Acheter des ampoules économiques ou du papier recyclé relève de l’initiative citoyenne. Mais il faut aussi respecter les règles déjà existantes (décharges illégales, pollution routière,...).
D’autre part, une volonté politique existe désormais tout comme prennent forme des projets de taxis hybrides, une stratégie pour le traitement des problèmes environnementaux, des juges spécialisés et une police verte. Ce qui manque encore, c’est un plan d’ensemble.
L’enjeu est énorme. Ce qui reste à élaborer l’est tout autant. Ce qui reste à faire ? Une nouvelle gouvernance, un nouveau code de l’environnement, une stratégie nationale qui intégrera la dimension environnementale et le développement durable, des pouvoirs publics exemplaires, des décisions s’inscrivant dans la perspective d’un développement durable, une gouvernance écologique pour les acteurs économiques et sociaux, et une éducation, une formation et une information des citoyens consommateurs responsables seraient essentiels.
Yendi SFEIR


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