Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Du côté de chez Zicco

Rolla AOUN
Je m’en souviens comme si c’était hier. Tout avait commencé par une plaisanterie. Nous avions passé la journée à Mradieh, un petit village paisible du Ftouh-Kesrouan, dont nous ignorions jusqu’alors l’existence. Ziad ou Zicco, le cousin de mon mari, y avait fait l’acquisition d’une petite maison, séduit par les pins qui l’encadraient et lui rappelaient son village d’enfance. Charmés, nous l’avions tous été. Aussi quelqu’un avait-il demandé malicieusement : « Est-ce que nous ne pourrions pas passer quelques jours chez toi ? Ce serait comme autrefois, avant la guerre, quand nous nous retrouvions au village pour les vacances d’été. »
Et le tour fut joué ! Trois générations allaient, depuis, s’y réunir quatre jours par an. La maison étant trop petite pour accueillir tout ce monde, on décida que les grands-parents y dormiraient alors que les deux autres générations, parents et enfants, dresseraient des tentes à l’extérieur. Le camp de famille avec un grand F était né.
Si j’ai décidé d’écrire ce texte, c’est après une longue hésitation. Quel intérêt aurait-il pour les lecteurs ? En fait, c’est un témoignage en faveur de la famille que j’ai voulu rapporter. À l’heure où les valeurs humaines vont à la dérive, il y a une carence grave de repères moraux. La famille, première école de valeurs et « véritable patrimoine de l’humanité », est fragilisée, menaçant par là l’identité même de l’être humain. Or la cellule familiale, bien que contraignante, envahissante ou oppressante quelquefois, reste le premier, sinon l’unique refuge vers lequel l’homme se retourne spontanément pour trouver aide, support ou réconfort quand il est dans une situation grave ou même désespérée. C’est, avec tous ses inconvénients, un monde magique, tantôt rigide, exigeant, lourd d’obligations ou de traditions, et tantôt d’une compréhension, d’une douceur infinie, presque irréelle.
Ce n’est pas sans rechigner que certains d’entre nous rejoignent le camp chaque année. Tout ce qui devient obligatoire n’est pas apprécié, surtout par les jeunes qui doivent renoncer à leurs amis, leurs programmes, leur rythme de vie, etc. Cependant, arrivés là-haut, ils se transforment. Les bons moments vécus dans ces lieux ressurgissent. Quatre jours de bonheur simple, et chacun a de nouveau dans les yeux comme une lueur de contentement enfantin. Et si, avec le temps, certaines fleurs, très chères, se fanent et meurent, d’autres poussent à leur place et toutes les racines s’enlacent sous terre, comme un accord continu entre le présent et le passé.
Enfin, comme je me suis inspirée de Marcel Proust pour le titre de cet article, j’aimerais terminer par une citation de ce même auteur : « L’existence n’a guère d’intérêt que dans les journées où la poussière des réalités est mêlée de sable magique. »

Rolla AOUN
Je m’en souviens comme si c’était hier. Tout avait commencé par une plaisanterie. Nous avions passé la journée à Mradieh, un petit village paisible du Ftouh-Kesrouan, dont nous ignorions jusqu’alors l’existence. Ziad ou Zicco, le cousin de mon mari, y avait fait l’acquisition d’une petite maison, séduit par les pins qui l’encadraient et lui rappelaient son village d’enfance. Charmés, nous l’avions tous été. Aussi quelqu’un avait-il demandé malicieusement : « Est-ce que nous ne pourrions pas passer quelques jours chez toi ? Ce serait comme autrefois, avant la guerre, quand nous nous retrouvions au village pour les vacances d’été. » Et le tour fut joué ! Trois générations allaient, depuis, s’y réunir quatre jours par an. La maison étant trop petite pour accueillir tout ce monde, on décida que...
commentaires (1)

Merci mille mercis pour cet article vrai,objectif...oui, les valeurs humaines helas vont a la derive...construisons la famille premiere ecole de valeurs et veritable patrimoine de l'humanite du LIBAN ...

Najm yvette

05 h 40, le 12 août 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Merci mille mercis pour cet article vrai,objectif...oui, les valeurs humaines helas vont a la derive...construisons la famille premiere ecole de valeurs et veritable patrimoine de l'humanite du LIBAN ...

    Najm yvette

    05 h 40, le 12 août 2011

Retour en haut