Au terme de la réunion parlementaire, le chef du CPL, le général Michel Aoun, a tenu une conférence de presse à Rabieh, devant une délégation du Rassemblement pour le Liban, pour dénoncer la non-adoption, au Parlement, d’une proposition de loi prévoyant l’octroi, au ministère de l’Énergie, d’une avance du Trésor de près d’un milliard et demi de livres, afin de régler le problème de l’électricité.
Sans même chercher à dissimuler sa colère, M. Aoun a tiré à boulets rouges sur l’opposition qu’il a accusée de suivre toujours une politique vindicative, égratignant au passage le gouvernement.
« Au cours des dernières années, le pouvoir était corrompu et vindicatif, et ce qui s’est passé aujourd’hui (hier) au Parlement le prouve », a-t-il dit, soulignant que « la persécution des supporters du CPL avait commencé en 1990 et se poursuit toujours ».
Le général Aoun a poursuivi en accusant « l’ancienne majorité d’avoir pillé les deniers publics » et en traitant de « voleurs, comme elle, tous ceux qui la soutiennent ». Affirmant que « l’État ne peut pas être édifié sans contrôle des finances publiques et des responsabilités », il a interrogé le ministre des Finances, Mohammad Safadi, sur « les raisons pour lesquelles il tarde à ouvrir les dossiers des fonds volés, sachant que les voies d’accès à cela sont nombreuses ».
Après avoir jugé que « la corruption est devenue un mode de vie au Liban », il a accusé la majorité de vouloir tout privatiser, « à l’image de Solidere », s’insurgeant contre « les voleurs qui osent parler de transparence, comme si on réclamait un crédit quelconque le dépenser comme ils dépensent, eux, l’argent accordé au Haut Comité de secours ».
Selon lui, « même un simple d’esprit sait que la consommation électrique augmente de 3,5 % par an ». « Nous ne produisons que 50 % de nos capacités électriques et nous perdons chaque minute 12 000 dollars à cause de cette insuffisance au niveau de la production électrique. (...) Les pertes sont, par jour, de 17 millions 200 mille dollars. Aujourd’hui, ils ont décidé d’ajourner de 15 jours l’examen du texte de loi. Faites le compte. Tous sont plongés dans un état d’inconscience absolue : la présidence du Conseil, certains ministres et députés », a-t-il explosé.
La voix vibrant de colère, il a évoqué le contentieux du propriétaire de l’hôtel Saint-Georges avec Solidere, dénonçant « les pressions » auxquelles il est soumis ainsi que « les atteintes » aux lois maritimes. « Nous ne voulons pas quémander les droits des gens, mais nous voulons savoir qui a mis la main injustement sur Beyrouth et sur les propriétés des Libanais », a tonné le général Aoun, avant de faire remarquer que « certains ministres ont pris l’habitude de politiser les services, ce que nous ne pouvons pas accepter ».
Il a fait assumer aux parlementaires qui n’ont pas voté pour l’ouverture de crédits à l’électricité la responsabilité des pertes accumulées par jour, avant de s’adresser au peuple libanais en ces termes : « Si vous souhaitez avoir le courant électrique, vous devez investir le Parlement. Je me tiens à vos côtés parce que nous avons épuisé tous nos moyens » de persuasion.
Le général Aoun a ensuite expliqué que le ministre de l’Énergie ne dépense pas à sa guise les crédits qui lui seront accordés, « mais les investit suivant un cahier des charges et des adjudications en règle ». Il a pris pour témoin la Cour des comptes en jugeant « inacceptable qu’un voleur puisse parler de transparence ». « Dans ma dernière intervention, j’avais tenu des propos qu’ils n’avaient pas bien compris. J’avais dit que le costume du loyalisme que nous endossons est étroit et peut se déchirer à tout moment. Voilà qu’il se déchire aujourd’hui. Voilà que les dates du 7 et du 9 août 2001 (dates des rafles sauvages menées par les services de sécurité dans les rangs aounistes et des Forces libanaises) se répètent aujourd’hui, parce que nous traitons avec des gens sans conscience qui sont à l’origine de la situation déplorable dans laquelle nous nous trouvons, qui nous font la leçon et qui vont jusqu’à menacer de manifester contre le legs qu’ils nous ont laissé », a fulminé le chef du CPL, qui a conclu sur cette note : « Je vais donner la chance à chaque personne de réformer son parcours, mais si j’entends un seul député, parmi ceux qui ont pris la parole aujourd’hui (hier), évoquer la transparence, je vais lui dire où elle se trouve. »


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- Monsieur Jabbour, je vous souhaite aussi bonnes vacances dans la côte d'azur. Anastase Tsiris
11 h 00, le 12 août 2011